

« Comprendre [la] colère » de Bernard Arnault, mesure temporaire face à une « mauvaise passe », Sophie Primas, porte-parole du gouvernement Bayrou, doit marcher sur des oeufs après l’annonce d’une hausse de 20,6% de l’impôt sur les sociétés réalisant en 1 et 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires, et de 41,2% au-delà. 800 millions d’euros en plus pour LVHM ; 800 millions d’acompte sur arriérés, serait-il plus juste de dire. Tout droit revenu de l’investiture de Trump qui l’a poulotté, Arnault s’en est fait le chantre : « Quand on voit ce qui se passe aux États-Unis, où les impôts sont de 15%, avec en plus des subventions, il y a quand même une différence d'ambiance ». Ciotti et Zemmour : pas mieux ! Arnault fulmine : délocalisations, licenciements… et tous les couplets de 1936 et 1968 régurgités haut les choeurs : trop-pleins de charges, de règlements, de contraintes, de taxes.
Mais qu’a osé dire la secrétaire générale de la CGT ? « Des rats ! » Outrance ! Tirs de barrage et fumigènes médiatiques. Des rats qui croquent à pleines dents les aides publiques, grouillent dans les tunnels de la fraude fiscale, rongent jusqu’à l’os le travail des salariés ? Des rats oui. 27% des filiales de LVMH (305) se situent dans des paradis fiscaux, le plus fort taux du CAC 40 ! Début 2021, le scandale #OpenLux a révélé que Bernard Arnault possède 31 sociétés au Luxembourg (en plus des 24 filiales de LVMH dans ce paradis fiscal). Sur les trente et une holdings, à peine trois ont une activité identifiable. Quelque 634 millions d’euros de participations ne sont pas traçables à partir des comptes de ses sociétés. Qu’il cesse ses leçons de patriotisme en carton, car l’exode industriel qu’il agite comme un chiffon rouge n’est pas le résultat d’une « perte de compétitivité » mais celui d’une quête maximale des dividendes des actionnaires. À tas de blé, le rat s’y met, dit un proverbe.
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