
Sécurité Sociale
Au lendemain de la guerre, alors que le pays n’était que ruine et désolation, en assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général, les ministres communistes, animés par leurs convictions, le sens de l’idéal communiste en respectant le programme du CNR*, vont envisager une nouvelle politique au service de l’Humain. En voici quelques exemples parmi tant d’autres.
Ainsi, Ambroise Croizat créa la grande révolution sociale que fut la mise en place du système de protection sociale « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins » était son principe, quoi de plus égalitaire ? Un système social, comprenant un ensemble de dispositifs comme, l’Assurance maladie, le système des retraites, les Allocations familiales, les Comités d’entreprise, la Médecine du travail, la réglementation des heures supplémentaires, etc. Marcel Paul créa l’EDF et GDF, Maurice Thorez créa le statut de la Fonction publique et l’ENA, et Anicet Le Pors étendit plus tard ce statut aux Fonctions publiques hospitalières et territoriales. François Billoux, ministre de la Santé, a créé l’UDAF, la PMI, refondé l’Ordre des médecins, la liste serait longue encore.
Pendant la période prospère des Trente Glorieuses, sous Pompidou, la droite a mis à mal dès 1967 les principes fondateurs de la Sécu. Depuis, d’ordonnance en ordonnance, le détricotage de la Sécu est en route, et en particulier celui des retraites qui se poursuit actuellement. Pour l’EDF-GDF, Raffarin, Premier ministre, programme la privatisation déguisée, par une adaptation selon ses dires, un simple changement de statut. La mise en concurrence par l’ouverture du marché européen fera le reste, on en connaît maintenant le prix à payer. La France n’a jamais été aussi riche, et pourtant nous constatons chaque jour qu’un vaste plan d’économies a conduit à la traditionnelle équation, plus de charges, moins de moyens, menant à leur perte l’hôpital et les services publics en général. La casse était prévue dans leur stratégie. Pour preuve, Denis Kessler, ancien patron des patrons, farouche défenseur du libéralisme et pourfendeur du modèle social français n’avait-il pas ce mot d’ordre : « Défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance », socle des grands acquis sociaux de l'après-guerre.
Cet amer constat prouve que par antagonisme de classe, les députés de droite, bras séculier du capitalisme, sont les serviteurs zélés d’une cause qui est caractérisée par des valeurs comme le conservatisme et contre tout progrès social, et par opposition, les valeurs comme le progressisme, la fraternité et la justice sociale sont de gauche. Les communistes y ont largement contribué.
* Conseil national de la Résistance.
Louis Michel
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