… ET NOS SOEURS POURTANT

… ET NOS SOEURS POURTANT

29 mars 2024
Catégorie(s) :

On les a un peu oubliées. Elles sont si loin et, comme dit l'adage : « loin des yeux [médiatiques – ndlr], loin du coeur ». On les a un peu oubliées les femmes afghanes. Et pourtant, comme l'alertait l'ONU fin 2023, leur situation « continue de se détériorer ». 21 ans mais hors d’âge : elle est déjà mère de six bambins, dont le dernier tète un sein vide. Elle a le regard creux, fait la manche dans la rue, entre les voitures, avec les aînés. Tombe à terre comme un sac et rejoint des fantômes affamés sous leurs tchadris, abandonnés à même les trottoirs. Ce qui se passe en Afghanistan est terrifiant. Naître femme en Afghanistan est une malédiction : du premier jour (à la maternité où les bébés garçons sont "raptés" par les belles-mères et les bébés filles malmenés), jusqu’au dernier. Les femmes sont bannies des cimetières, même quand il s’agit d’y enterrer leurs adolescentes mortes d’avoir voulu étudier. Entre les deux ? Il y a la séquestration, la peur, et la « débrouille », puisque tout ou presque leur est désormais interdit.

La résistance, envers et contre tout. D'une kiné harcelée par un collègue, d'une cheffe d’entreprise qui fabrique des serviettes hygiéniques, d'une paysanne battue qui réclame justice aux talibans, ou de cette militante aux cheveux blancs, Mahbouba Seraj, qui n’en peut plus de crier au monde que les femmes se meurent là-bas, dans une gigantesque entreprise d’effacement. Qu’est-ce qu’on fait ? Que font les instances internationales ? Que fait l’Union européenne ? Que fait la France ? Des condamnations aussi récurrentes qu’ inefficaces. « Un pays comme le nôtre ne peut pas rester insensible à leur situation », disait en septembre dernier Najat Vallaud-Belkacem, alors que la France accueillait… cinq réfugiées afghanes. Depuis ? Rien. « Ne me tue pas, ne me pleure pas, c’est ce que le monde fait pour nous », dit un proverbe local. Si loin… Et nos soeurs pourtant.

 

Partager l'article :

Les dernières actus

RENTRÉE SOCIALE : LA CGT VEUT TRANSFORMER LA COLÈRE EN MOBILISATION

À l’issue de son assemblée générale de rentrée, l’Union départementale CGT de l’Aube a tenu une conférence de presse à laquelle La Dépêche de l’Aube était présente. Entourée des membres du bureau de l’UD, sa...

L’ANNULATION DU SCRUTIN REQUISE, FETHI CHEIKH CONFORTÉ

Romilly-sur-Seine L’audience du jeudi 17 septembre devant le tribunal administratif était particulièrement attendue à Romilly-sur-Seine. Deux recours liés aux dernières élections municipales étaient examinés. Le rapporteur public a présenté des conclusions différentes dans chacune des...

QUAND ROULER DEVIENT UN LUXE

À chaque passage à la station-service, c’est la même grimace, le même soupir résigné. Pour des millions de ménages, insérer sa carte bancaire dans l’automate est devenu une véritable épreuve. Pris en étau entre tensions...
1 2 3 … 582

Vous ne voulez rater aucun numéro de la Dépêche ?

Abonnez-vous, vous recevrez chaque numéro dans votre boîte aux lettres.
Je m'abonne

© 2026 - La Dépêche de l’Aube

Création : Agence MNKY

magnifiercrossmenuchevron-down
linkedin facebook pinterest youtube rss twitter instagram facebook-blank rss-blank linkedin-blank pinterest youtube twitter instagram