L’ÉCHEC DU MODÈLE NÉOLIBÉRAL

L’ÉCHEC DU MODÈLE NÉOLIBÉRAL

16 février 2024
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Agriculture :

L’agriculture européenne et française doit nourrir près de 450 millions d’habitants de l’Union européenne et 68 millions de Français. Mais le modèle agricole actuel est en échec : il ne permet ni de garantir un revenu décent aux agriculteurs, ni d’assurer la souveraineté alimentaire de la France, ni de répondre au défi écologique !

Le constat est simple et accablant : les agriculteurs et agricultrices travaillent pour nous nourrir, mais nombre d’entre eux n’arrivent plus à vivre de leur travail !
Les revenus agricoles sont très bas, autour de 1 100 euros en moyenne nationale, mais avec des disparités très fortes en fonction des productions et des structures. 10 % des éleveurs gagnent moins de 800 euros par mois et 25 % sont sous le seuil de pauvreté. 20 % des agriculteurs ne dégagent quasiment aucun revenu. Rappelons que pour obtenir des revenus aussi faibles, leur temps de travail dépasse souvent 50 à 60 heures par semaine.

Un problème est au coeur de cette situation : les prix. Si les lois Egalim ont permis davantage de transparence sur les coûts de production, elles n’ont pas permis d’en finir avec les marges scandaleuses de l’industrie agro-alimentaire et de la grande distribution.

Dans ce contexte, il est clair que la suppression de la détaxe sur le gazole non routier, la hausse du coût de l’énergie qui touche les agriculteurs comme tous les Français et nombre de mesures de la loi de finances 2024, ne font qu’aggraver la crise. Au-delà du recul du gouvernement sur le GNR, il faut annuler toutes les mesures qui rendent la vie toujours plus chère.

Hors l’enjeu des prix et des charges qui pèsent sur le monde agricole, c’est l’ensemble du modèle néolibéral, où le libre-échange règne en maître, qui affaiblit l’agriculture française et détruit l’environnement. Il est d’autant plus urgent de changer de politique que la moitié des exploitations devront être transmises d’ici 10 ans, pour cause de départs en retraite. Si rien n’est fait, elles ne trouveront pas preneur.

La course au gigantisme des exploitations.

Les politiques de l’Union européenne ne protègent pas notre agriculture. Au contraire, elles aggravent la situation, tant par la frénésie du libre-échange que par une Politique agricole commune (PAC) qui encourage la course au gigantisme des exploitations et la spécialisation des producteurs comme des régions agricoles, sans se soucier de garantir des prix rémunérateurs aux agriculteurs, de préserver la biodiversité et de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

L’heure est à un Grenelle de l’agriculture pour construire un pacte d’avenir avec tous les agriculteurs de notre pays, en les associant directement aux grandes décisions et à la gestion de nouveaux outils d’intervention.


QUELQUES-UNES DES PROPOSITIONS DU PCF

Il faut d’abord revenir sur l’ensemble des mesures de la loi de finances 2024 : maintien de la détaxe sur le gazole non routier, suppression de la hausse des tarifs de l’énergie et des franchises médicales...

Garantir un travail rémunérateur et une pension digne aux agriculteurs et agricultrices.

1. Instaurer des offices publics qui, production par production, seront chargés d’établir un prix plancher, soit un prix minimum versé au producteur. Instaurer un coefficient multiplicateur entre prix d’achat aux producteurs et prix de vente aux consommateurs pour encadrer les marges de la grande distribution.

2. Mettre en place un régime public agricole d’assurance et de gestion des risques climatiques, sanitaires et environnementaux, géré par les acteurs de l’agriculture et l’État et non pas par le secteur assurantiel et bancaire privé.

3. Porter toutes les retraites agricoles à un minimum de 85 % du Smic dans un premier temps puis au niveau du Smic.

Protéger nos agriculteurs face à l’ouverture des marchés agricoles.

4. Remettre en cause les traités de libre-échange et porter de nouveaux accords de coopération agricole.

5. Garantir la traçabilité par l’étiquetage de l’origine pour tous les produits agricoles en imposant l’obligation de la mention d’origine des produits alimentaires pour tous les produits bruts ou transformés.

Développer l’agriculture française pour manger sain et à sa faim : objectif 500 000 agriculteurs en 2030 !

6. Doubler les fonds de la dotation d’installation des jeunes agriculteurs avec une attribution tenant compte des critères d’emploi sur l’exploitation.

7. Assurer une répartition des aides de la PAC selon d’autres critères permettant d’assurer le maintien et le développement des exploitations familiales et de petite taille.

8. Créer un fonds alimentaire national doté de 10 milliards d’euros annuels, alimenté par l’État et par une contribution spécifique sur les revenus financiers de l’agroalimentaire, de l’agro-fourniture et de la grande distribution, pour développer une restauration scolaire et collective avec des productions locales et de qualité à un prix accessible à toutes et tous.

9. Changer le rôle des banques et réorienter le crédit bancaire qui étrangle les exploitants agricoles et les pousse au surinvestissement et au productivisme.

10. Soutenir l’élevage herbager au moyen d’une aide couplée spécifique. Les prairies permanentes contribuent en effet au stockage du carbone et abritent une riche biodiversité.

 

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