LES PROFS MOBILISÉ.ES !
Plus de 300 enseignant.es étaient dans la rue le 1er février à Troyes

LES PROFS MOBILISÉ.ES !

9 février 2024
Catégorie(s) :

Aube - Éducation nationale

Par Camille Lainé

Suite à la journée de mobilisation de l’Éducation nationale le 1er février qui a été une réussite, nous avons rencontré Benoît Deterre, professeur de Sciences Économiques et Sociales au lycée Camille Claudel à Troyes et syndicaliste FSU ainsi que Charline Briot professeure de Lettres et Histoire au lycée professionnel Gabriel Voisin à Troyes et syndicaliste CGT.

Selon Benoît Deterre il n’y a pas « un motif en particulier » qui a fait massivement descendre les enseignants dans la rue ce 1er février mais « un ras le bol général ». Il faut dire que les motifs sont nombreux tant les réformes de casse du service public se succèdent depuis des années.

Traditionnellement les syndicats organisent une journée de mobilisation en début d’année puisque c’est à cette période que les établissements reçoivent les dotations horaires, cette année la grève a été particulièrement suivie puisque beaucoup de dotations baissent, par ailleurs les annonces de Gabriel Attal (alors ministre de l’Éducation nationale) sur les « groupes de niveaux » rajoutent au ras le bol, selon Benoît Deterre « ces groupes de niveaux ne sont pas financés, on est dans le flou et pendant ce temps-là les dotations baissent et les salaires ne sont pas revalorisés ».

Charline Briot ajoute que les groupes de niveaux n’ont jamais aidé les élèves en difficultés, toutes les études le prouvent. Elle se demande aussi qui s’occupera des classes les plus en difficulté « certainement les jeunes profs avec le moins d’expérience encore une fois ».

Les professeurs subissent le manque de moyen (B. Deterre, FSU)

Autre motif de forte mobilisation selon Benoît Deterre : « le pacte enseignant ». Il nous a expliqué le principe : accepter des missions supplémentaires - de manière volontaire - en échange d'une rémunération s'ajoutant au salaire de base. Parmi ces missions : remplacement de courte durée dans sa matière (en cas de collègue absent), aide aux devoirs, interventions sur les métiers, appui à la prise en charge d'élèves à besoins particuliers… Ce dispositif est loin de faire l’unanimité et c’est un euphémisme ! Les professeurs subissent le manque de moyen, leurs salaires sont gelés et les seules propositions faites par le gouvernement se rapprochent dangereusement du Sarkosysme « travailler plus pour gagner plus ».

Charline Briot est également revenue sur la dernière réforme de l’enseignement professionnel, Gabriel Attal lors de son poste de ministre éclair de l’Éducation nationale a annoncé une réforme des lycées professionnels. Celle-ci provoque la perte de 20h d’enseignement alors que les programmes sont les mêmes « on va donc devoir faire rentrer le programme dans l’année tout en perdant des heures » s’alarme la syndicaliste. « Le gouvernement est incohérent : dans leur discours ils disent vouloir élever le niveau des élèves français mais réduisent les heures ». Les jeunes perdront également des semaines de stages : elles passeront de 22 à 20.

Le but de cette réforme est bel et bien de satisfaire le patronat (C. Briot, CGT)

Charline Briot ajoute que deux parcours seront désormais proposés aux jeunes après leurs bac pro : un parcours professionnel avec des stages rémunérés et un deuxième vers la poursuite d’étude (En BTS par exemple). « Les jeunes de milieux les plus défavorisés vont choisir les stages rémunérés pour entrer dans la vie active de suite mais mal payés ». Selon elle le but de cette réforme est bel et bien de satisfaire le patronat en créant de la main d’oeuvre à bas coût et disponible de suite.

En décembre une journée de mobilisation de l’enseignement professionnel avait été organisée, l’intersyndicale avait demandé à rencontrer le ministre Attal, mais il avait refusé ! De nombreux enseignants de maternelle et primaire étaient également mobilisés et cela s’explique selon Benoît Deterre par « les trop nombreuses fermetures de classes annoncées ».

Enfin, soulignons aussi les propos de la ministre qui quelques heures après sa nomination a expliqué avoir mis ses enfants dans le privé parce que l’absentéisme des professeurs dans le public serait trop grand... Ce n’est évidemment pas ce qui déclenche une mobilisation, mais sans aucun doute cela met le feu aux poudres.

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