À PEINE NOMMÉE ET DÉJÀ HUÉE
Le ministère de l’Éducation nationale

À PEINE NOMMÉE ET DÉJÀ HUÉE

19 janvier 2024
Catégorie(s) :

Éducation nationale

Amélie Oudéa-Castéra, la nouvelle ministre de l’Éducation nationale - en plus des Sports et des jeux Olympiques - s’est fait remarquer dès son premier jour. Elle a expliqué avoir scolarisé ses enfants dans l’école privée et réactionnaire Stanislas en raison des non-remplacements de professeurs dans le public...

Premier jour de classe, premier conseil de discipline. À peine nommée au ministère de l’Éducation nationale, Amélie Oudéa-Castéra a fait fort pour sa rentrée. Le 12 janvier, un article de Mediapart révèle qu’elle scolarise ses trois enfants au collège-lycée privé Stanislas, école parisienne très huppée mais aussi très réactionnaire. Discours anti-avortement et critique de l’homosexualité sont au programme de cet établissement, ce qui ne l’empêche pas de recevoir près d’un million d’euros annuels de subventions de la région Île-de-France.

Sommée de répondre dans l’après-midi, lors de sa première visite ministérielle dans un collège des Yvelines, aux côtés du nouveau premier ministre Gabriel Attal, Amélie Oudéa-Castéra a choisi le but contre son camp : « Je vais vous raconter l’histoire de notre aîné, Vincent, qui a commencé comme sa maman à l’école publique (…). Et puis la frustration de ses parents, mon mari et moi, qui avons des paquets d’heures qui n’étaient pas sérieusement remplacées. À un moment, on en a eu marre, et comme des milliers de familles, on est allés chercher une solution différente. »

Une justification hallucinante, comme si cette situation de l’école publique n’était pas due à la lente désagrégation orchestrée par les gouvernements libéraux, en particulier ceux d’Emmanuel Macron, ajoutée aux nombreux cadeaux faits au secteur privé. « Mes propos ont pu blesser certains enseignants de l’enseignement public, ce que je regrette. Je n’avais aucunement cette intention », a-t-elle rétropédalé le 13 janvier, auprès de l’AFP.

Même promotion qu’Emmanuel Macron.

Concernant Stanislas, la ministre plaidait aussi un « choix de proximité », elle qui vivait alors dans le très chic 6e arrondissement, à quelques pas du fameux établissement privé. Un choix de classe surtout, qu’elle et son mari Frédéric Oudéa (PDG de Sanofi après l’avoir été pendant quatorze ans à la Société générale) ont le luxe de s’offrir.

Fille de Richard Castéra, dirigeant de Publicis, et nièce par sa mère des journalistes Alain et Patrice Duhamel, Amélie Oudéa-Castéra évolue dans la meilleure société depuis l’enfance. Elle rejoint les bancs de Sciences Po, l’Essec (École supérieure des sciences économiques et commerciales) et enfin l’ENA, dans la promotion Senghor, la même qu’un certain Emmanuel Macron.

Les syndicats ont déjà exprimé une certaine colère.

Son image est désormais sérieusement écornée depuis ce 12 janvier. Et au sujet des heures non remplacées, elle sera naturellement attendue au tournant. D’autant que les syndicats avaient déjà, jeudi, exprimé une certaine colère à voir, à six mois des JOP de Paris 2024, le ministère des Sports fusionné avec celui de l’Éducation nationale.

Sophie Vénétitay, cosecrétaire générale du Snes-FSU, se voit ainsi placée devant « la perspective d’une Éducation nationale reléguée au rang de discipline non olympique, noyée dans ce grand ministère ». Sa collègue Guislaine David, de la FSU-Snuipp (1er degré), appréhende même « un risque de vacance du ministère de l’Éducation nationale » pendant la période olympique.

Or « il y a des urgences », souligne Sophie Vénétitay : « Nos métiers traversent une crise d’attractivité sans précédent, nos conditions de travail se dégradent considérablement… » Sa collègue Guislaine David complète : « La carte scolaire se décide en ce moment, des centaines de suppressions de postes sont programmées, et elle ne va pas avoir les deux mois d’été pour se mettre dans le bain, comme Attal avait pu le faire. » Surtout, ajoute-t-elle, « on a besoin d’un interlocuteur qui peut prendre des décisions, pas de quelqu’un qui dit excusez-moi, il faut que je demande à Matignon. »… Le match qu’Amélie Oudéa-Castéra s’apprête à jouer est sans aucun doute le plus difficile de tous ceux qu’elle a déjà pu jouer.

 

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