L’OSA OSE SORTIR L’ALTO

L’OSA OSE SORTIR L’ALTO

1 décembre 2023
Catégorie(s) :

Notre Orchestre symphonique aubois, OSA le bien nommé, se présente comme désirant rendre la musique classique accessible à au plus grand nombre. Musicalement, rien à dire, c’est vrai, tous les concerts le prouvent, même quand le chef Gilles Millière choisit une oeuvre moderne, musique plus déconcertante que concertante. Mais c’est un clin d’oeil aux oreilles lui ne fâche personne.

Par contre, 18 € la place, ça devient ruineux pour ceux qui regardent au fond de leur bourse l’état de leur infortune. Les vieux comme moi sont mieux traités. Ils ne paient que 10 € mais ils sont confinés au ras des mocassins du chef ou rejetés sur les bas-côtés par cette force centrifuge sociale qui veut se débarrasser de ceux qui n’ont pas pensé traverser la rue pour chercher un emploi.

Trêve d’analyse sociale, l’alto de Madame Lise Berthaud était tout à fait chaud et roboratif dans le concerto de Krzysztof PENDERECK, un vieux monsieur à la musique jeune, sérielle pour être plus juste, c’est-à-dire faisant un pied de nez à la tonalité. Ce compositeur, mort en 2020, était un Polonais mâtiné d’Arménien et d’Allemand, aimant la botanique et le cinéma, surtout les films d’horreur, ce qui ne s’entendait pas dans ce concerto en 7 parties, d’ailleurs bien soudées entre elles. C’est une forme peu répandue, mais un artiste bien né aime à casser les codes. Mais pas les cordes. Celles du gros violon de Lise Berthaud étaient solides pour supporter les provocations du compositeur. Elle avait joué cet été lors de deux festivals fameux. Elle n’avait donc aucune crainte à ferrailler avec la soixantaine de musiciens de l’OSA placés sous la baguette amicale de Gilles Millière.

Le concert avait débuté par l’Aria de la 3ème suite de JS Bach, un sirop très célèbre pour endormir avant le sérieux combat sériel. La 8éme symphonie de Dvorak, aux thèmes assez disparates, profondément tchèque bien que surnommée parfois « l’Anglaise », terminait le concert. Dvorak élevait les pigeons et adorait les machines à vapeur. Des passions oxymores. C’est ce qu’on retrouvera plus tard dans sa symphonie du Nouveau Monde, la N° 9, écrite aux États-Unis, et qui exprime largement la nostalgie de sa lointaine Bohème.

 

Partager l'article :

Les dernières actus

LES COMMUNISTES AUBOIS RÉUNIS EN CONGRÈS DÉPARTEMENTAL

Samedi 20 juin, près de quarante communistes venus de l’ensemble du département se sont réunis à l’auberge de jeunesse de Rosières-près-Troyes à l’occasion du congrès départemental du Parti communiste français. Cette journée de travail s’inscrivait...

AU FIL DE L’ÉTÉ 36 (2)

Avant les grandes conquêtes sociales de l’été 1936, le printemps prometteur du Front Populaire, l’actualité sociale et politique s’emballe. L’affrontement de classe fait rage et, comme en témoignent les colonnes de La Dépêche de l’Aube,...

LES PROMESSES ONT FONDU AU SOLEIL

Alors que la France est plombée par la chaleur, la question se pose sur les déclarations prometteuses de Macron qui avait l’intention de devenir le champion toutes catégories de la lutte contre le réchauffement climatique....
1 2 3 558

Vous ne voulez rater aucun numéro de la Dépêche ?

Abonnez-vous, vous recevrez chaque numéro dans votre boîte aux lettres.
Je m'abonne

© 2026 - La Dépêche de l’Aube

Création : Agence MNKY

magnifiercrossmenuchevron-down
linkedin facebook pinterest youtube rss twitter instagram facebook-blank rss-blank linkedin-blank pinterest youtube twitter instagram