LE SYMPTOME DE L’« ÉCOANXIÉTÉ »
Marche pour le climat le 28 mars 2021 à Paris.

LE SYMPTOME DE L’« ÉCOANXIÉTÉ »

11 août 2023
Catégorie(s) :

Urgence climatique

Tristesse, colère, fatalisme... Les 16-25 ans ressentent de l’anxiété, souvent de manière violente, à l’idée de la fin d’un monde où les ressources étaient vues comme infinies. Face à la crise climatique et environnementale, l’«écoanxiété » témoigne d’un sentiment d’impuissance qui peut paralyser ou pousser à l’action.

Depuis la crise du Covid et la multiplication des rapports du Giec, le terme d'« écoanxiété » a fait son apparition dans le débat public. Médecins et psychologues tirent la sonnette d’alarme. Une partie de la population souffre de pensées obsessionnelles, de troubles comportementaux, rongée mentalement par les menaces apocalyptiques de dérèglement climatique.

L’écoanxiété est le témoignage d’une société en proie à un vaste mal-être.

Le phénomène n’est pas anecdotique. Et concerne avant tout la jeunesse, dont 74 % des 16-25 ans, en France, jugent l’avenir « effrayant ». Chiffre sidérant pour une génération en plein doute dont l’absence d’horizon suscite stress et parfois désespoir. L’un des pièges de l’écoanxiété serait d’y voir une pathologie de notre temps. Et de la cantonner à une simple question de santé publique. Or, la réponse n’est pas - que - médicale mais surtout politique. L’écoanxiété est le témoignage d’une société en proie à un vaste mal-être.

Une angoisse nourrie par un sentiment d’impuissance face à l’inertie de gouvernants, souvent plus âgés, qui n’ont pas forcément intérêt à changer un système qui leur est favorable. Cette « angoisse signal » est le symptôme d’une prise de conscience de la gravité des faits. Une forme de lucidité devant une menace que d’autres relativisent à outrance, voire ignorent. Ce phénomène devrait interpeller nos dirigeants. Face à cette détresse écologique, nombre de jeunes trouvent une réponse dans le débat et les actions collectives de désobéissance civile, comme celles menées par Extinction Rebellion, entre autres. Jusqu’ici, la réplique du gouvernement, sous la baguette de Gérald Darmanin, a été simple : criminaliser ces manifestations, les discréditer à coups d'« écoterrorisme » pour mieux étouffer la contestation et braquer l’opinion publique contre elles.

Et pour cause : tous les experts s’accordent et le disent : la question écologique est géopolitique et sociale. À l’échelle de la planète, les 10 % les mieux nantis émettent autant de gaz à effet de serre que la moitié de la population mondiale. Sans doute n’a-t-on pas l’habitude de le formuler ainsi, mais le combat pour le climat et l’environnement est aussi un combat de classe.

 

 

 

Partager l'article :

Les dernières actus

LA GAUCHE DÉNONCE UNE MESURE « IMPROVISÉE » ET DEMANDE SON RETRAIT

Vrai-faux couvre-feu à Troyes : Le groupe de gauche du conseil municipal de Troyes monte au créneau contre l’arrêté pris par le maire François Baroin visant à interdire aux parents de laisser leurs enfants mineurs...

UN NOUVEAU BUREAU POUR L'UD CGT AUBE

Réunis en congrès de l’Union départementale, les syndiqués de la CGT Aube ont renouvelé leurs instances. Une commission exécutive largement renouvelée a été élue, avec un bureau composé de sept membres respectant la parité femmes-hommes....

ENTRE GALÈRE ET ESPOIR

La galère ça fait partie de notre quotidien On voudrait bien partir pour faire le vide, Mais on n’a pas les moyens pour faire le plein, Cette année encore nos vacances, f ‘ront un bide....
1 2 3 559

Vous ne voulez rater aucun numéro de la Dépêche ?

Abonnez-vous, vous recevrez chaque numéro dans votre boîte aux lettres.
Je m'abonne

© 2026 - La Dépêche de l’Aube

Création : Agence MNKY

magnifiercrossmenuchevron-down
linkedin facebook pinterest youtube rss twitter instagram facebook-blank rss-blank linkedin-blank pinterest youtube twitter instagram