LA COMÉDIE DU 49-3

LA COMÉDIE DU 49-3

21 octobre 2022
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Assemblée Nationale

Un grand jeu de dupes et une farce qui a trop duré. Depuis la rentrée, personne ne doutait du recours à cet article couperet de la Constitution qui permet au gouvernement de passer en force un projet de loi, sans vote.

Les airs compassés des ministres expliquant vouloir « respecter le débat démocratique », alors qu’ils attendaient juste le bon moment au regard des mobilisations sociales pour le dégainer, n’ont leurré personne. D’autant que l’usage du 49-3 sur le volet « recettes » du budget 2023 risque d’être le premier d’une longue série, les macronistes n’ayant plus de majorité absolue pour gouverner. Mais après plusieurs semaines de débat parlementaire, la logique démocratique aurait voulu que l’exécutif reprenne les amendements votés. Ce ne sera pas le cas.

Sans surprise, alors qu’elle n’a que les mots « débat », « dialogue » et « consensus » à la bouche, la majorité a fait son tri sélectif, jetant à la poubelle les amendements pour plus de justice fiscale. Pas touche aux impôts et profits des plus aisés, mais haro sur les chômeurs et les grévistes : voilà qui résume la rentrée politique du gouvernement.

Le gouvernement refuse tout débat sur l’enjeu fondamental d’une autre répartition des richesses.

Celui qui tente de se présenter sur la scène internationale comme le champion de l’État de droit et en appelle régulièrement à « l’union nationale » face à la gravité des crises, ne cesse de fragiliser la République sociale. « Nous devons nous serrer les coudes… au moment où nous sommes, nous devons être unis et solidaires », a osé Emmanuel Macron, la semaine dernière, alors qu’il encourage la sécession des plus riches quand l’immense majorité des Français n’arrivent plus à joindre les deux bouts.

Avec ce budget et les nombreux amendements de la Nupes notamment, une occasion lui était donnée de répondre aux urgences sociales et écologiques, d’entendre ce que les Français lui ont crié à pleins poumons lors des manifestations du 18 octobre. Mais c’est l’aveuglement néolibéral qui l’a une nouvelle fois emporté, le gouvernement refusant tout débat sur l’enjeu fondamental d’une autre répartition des richesses. Comme pour le 49-3, la question n’est plus de savoir si la colère sociale va exploser, mais quand et comment.

 

 

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