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LA DEPECHE DE L’AUBE

QUELQUES SOUVENIRS ENCORE par F.IBANEZ

jeudi 5 février 2009 , 798 : visites

Le n° " 1000 " de la " dépêche de l’Aube ". L’article " En plein dans le mille " de Jean LEFEVRE éveille mes souvenirs de " vétéran communiste " aubois et d’ailleurs et je me sens solidairement aux côtés de celles et ceux qui ont eu le talent et la volonté politique de maintenir contre vents et marées notre hebdomadaire départemental auquel resteront attachés des noms de camarades qui firent l’histoire du Parti communiste de l’Aube.

J’adresse à toutes et à tous, mon respect et mes félicitations les plus cordiales et je me permets de dire que, moi-même, je me sens concerné. J’ai été, modestement, de ces combats dans l’Aube à une époque où l’économie et l’industrie auboises jouaient un rôle moteur dans le textile et la métallurgie nationales.

Certes, j’ai quitté l’Aube en 1962, notre fédération auboise se heurtait aux difficultés économiques et aussi aux obstacles de trésorerie que notre regretté A. LAUBRY ne parvint pas à surmonter. Son dévouement fut insuffisant pour répondre aux besoins du parti. Je me souviens que nous étions quelques camarades à tirer le diable par la queue.

La vie des permanents devint intenable au plan pécuniaire. On dut prendre quelques dispositions pour alléger la trésorerie fédérale. Après bien des péripéties, allant de boîte en boîte, l’opportunité m’apparut de rejoindre France-Nouvelle à Paris en 1962.

Quelles que soient les circonstances, j’ai gardé des liens de cœur et de raison bien vivaces avec ce département de l’Aube, ses militants, et les nombreux amis. Nous nous retrouvons avec beaucoup de chaleur.

Comment pourrais-je tirer un trait sur mes premières années de militantisme à ce Parti communiste français que nos ennemis de classe et autres s’efforcent sans y parvenir d’annoncer la mort depuis l’implosion de l’union soviétique.

À mon retour de l’armée en 1947, à Aix-en-Othe, je fus élu secrétaire de la section, mon épouse tenait la gérance d’une " Ruche moderne ". Celle-ci devint avec sa buvette, le lieu de rencontre des communistes du pays d’Othe. Comment ne pas rappeler, que C.D.H je devins diffuseur de 125 H.D. chaque semaine et cela durant quelques années. Je me plais à me souvenir de cela, non sans quelque part un petit brin de nostalgie.

Puis appelé au bureau fédéral, aux cotés de M.CAMUSET, J. BURLES, R. BEGUSSEAU, R. JOURD’HEUILLE, M. NINOREILLE, et d’autres camarades vers qui vont mes pensées de solidarité et peut-être aussi affectueuses. Il y eut aussi Raymond FAGEOT, qui comme vous le rappelez si bien a su apporter par ses compétences commerciales, les finances publicitaires pour que la Dépêche de l’Aube, puisse paraître en plusieurs pages.

Mais en écrivant ces lignes, j’ai à l’esprit le rôle tenace de G. DELABRUYERE. D’autres camarades sont disparus et je veux leur rendre l’hommage du vétéran que je suis. Comment ne pas se souvenir des actions menées contre la guerre d’Indochine, d’Algérie, de multiples manifestations de rues, que le pouvoir de l’époque n’hésita pas à réprimer avec violence à coup de matraques, d’arrestations, de condamnations en correctionnelle aux conséquences financières désastreuses.

La Dépêche de l’Aube, l’Humanité bien sûr étaient dans ce combat, pour condamner les atteintes aux libertés, soutenir les militants arrêtés, dénoncer ces sales guerres coloniales dont je ne dirai pas les séquelles morales, psychologiques et les souffrances qu’elles engendrèrent et dont furent victimes les contingents de notre jeunesse.

(A suivre...) Les manifestations furent au début bien souvent interdites, mais l’opiniâtreté des communistes, du parti, fraya la voie à celles et ceux qui au fond d’eux-mêmes étaient opposés à ces sales guerres. Comment ne pas rappeler que lors d’une manifestation au quartier-bas, je fus arrêté avec Geneviève Delabruyère et qu’ensemble nous fûmes passibles de la correctionnelle. Devant le tribunal, nous avons réaffirmé notre volonté de mettre fin à cette guerre d’Algérie. Comment ne pas mettre en évidence le rôle de la Dépêche de l’Aube, de l’Humanité, en tant que véhicules des mots d’ordre des opposants à la guerre, et comme organisateurs collectifs du soutien aux militants poursuivis. Nous fûmes condamnés à de fortes amendes, et à payer des indemnités au titre des remboursements de vareuses de quelques policiers, voire de matraques que ceux-ci avaient cassées sur les têtes et les dos des manifestants. Le libellé du tribunal en faisait mention. On a pu en rire entre nous et commenter cet aspect dérisoire du combat.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1011

1 Message

  • QUELQUES SOUVENIRS ENCORE par F.IBANEZ 26 février 2009 17:12, par Evelyne BEGUSSEAU

    bonjour Monsieur IBANEZ, je suis une des filles de René BEGUSSEAU (décédé en 1995) et en lisant vos articles, beaucoup de mon passé dans l’Aube est ressurgi. Je voudrais savoir si vous avez écrit un livre sur votre engagement militant dans ce département afin que je puisse me le procurer. Merci de tout coeur de votre réponse, Evelyne BEGUSSEAU

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