“Priver un individu de ses droits fondamentaux, c’est d’abord le priver de la capacité du politique.” Hannah Arendtquet

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Les SDF meurent de froid, les ouvriers chôment, perdent leur emploi

Comme prévu le peuple paie l’addition

vendredi 5 décembre 2008 , 957 : visites , par LDA

On annonce, la mort d’un sans-abri en région parisienne, puis d’un deuxième, d’un troisième, d’un quatrième dans ce bois de Vincennes auprès duquel se nichent des demeures cossues.

Combien sont-ils dans la France de Sarkozy à se réfugier chaque nuit dans des abris de fortune, tentes ou bâches plastiques, mini-bidonvilles faits de bric ou de broc, semblants de chez-soi souvent transformés en linceuls glacés, l’hiver venu. Combien sommes-nous dans la France aux couleurs de l’UMP à craindre le même sort. A craindre un licenciement qui nous ferait basculer dans la précarité. A craindre une coupure d’électricité, de gaz parce qu’il a fallu choisir entre manger ou payer les factures. Alors soudain, la communication gouvernementale reprend la main et de bonnes consciences se réveillent, secouées par les actualités. Alors que le délégué général de l’association Emmaüs rappelait hier que 265 personnes sont mortes " dans la rue cette année en France ", la ministre du logement prend une pose martiale sur le perron de l’Élysée, à la sortie du Conseil des ministres. Comme le lui a demandé le chef de l’État, elle pense " prendre la décision d’imposer " aux SDF " d’aller s’héberger quand il fait très froid " ! Le bel humanisme qui enverra les pandores expédier les misérables dans ces hébergements au kilomètre où la ministre du " Logement " n’envisagerait pas de passer une seule nuit ! La saleté, la promiscuité, la violence, les vols y règnent trop souvent parce que les moyens consacrés sont insuffisants. Il fallait bien quelques morts de plus pour que la droite ressorte ses bonnes résolutions des tiroirs où elles jaunissaient depuis le printemps précédent En 2006, Sarkozy s’engageait, à Charleville-Mézières, à être le président d’un pays où personne ne dormirait dans la rue. Promesse aussitôt oubliée sous les ors de l’Élysée et dans le doux roulis des yachts de ses amis. Une de plus, comme celle de sauver les ouvriers de Gandrange des fermetures programmées par Arcelor Mittal. Le logement social est mis à sac par l’austérité façon UMP et les députés de droite s’en prennent maintenant à la loi SRU qui sanctionnait les villes qui refusent les HLM. Le président aime les effets de manche, si on ose dire, quand il s’agit de ceux qui n’ont plus de secours que dans la charité des passants, mais il se détourne sans remords des souffrances que la politique peut guérir parce qu’elle en est la cause.

Et lorsque des associations qui dénoncent la misère se font par trop bruyantes, comme le DAL (droit au logement) ou les Don Quichottes, ils les faits condamner par les juges.

Le président a cependant bon cœur pour ses amis Les industriels du bâtiment ou de l’automobile souhaitent-ils imposer plus de chômage partiel encore à leurs salariés ? Aussitôt l’Élysée propose d’en allonger la durée et pense faire avaler la couleuvre en améliorant un peu l’indemnisation. Mais, pour les milliers d’ouvriers qui apprennent que leur usine fermera plusieurs semaines comme dans les usines Renault de Sandouville, PSA à Rennes ou dans l’Aube chez Méfro à La Chapelle Saint Luc ou Petitjean à Saint André, la perte sur la feuille de paie signifie : Adieu les fêtes ! Adieu le fragile équilibre des comptes ! La facture de la crise est présentée à ceux qu’un rien suffirait à faire basculer dans la plus grande précarité. Et pourtant, il suffirait par exemple de 1% des dividendes des actionnaires de Renault pour maintenir à 100% le salaire des 20000 employés du constructeur concernés par le chômage technique.

Rappelons que les entreprises du CAC 40 engrangeront (malgré la crise) une bagatelle de 99 milliards de bénéfice, soit plus 12,9% par rapport à 2007 qui était déjà une année record.

Il n’y a pas de fatalité à cet état de fait Pendant ce temps là les associations de solidarité comme le Secours populaire ou le Secours catholique , Les Restos du cœur, voient enfler le nombre de ceux qui se tournent vers elles, et manquent de fonds pour nourrir les familles qui en ont besoin.

Le licenciement de dizaines de milliers d’intérimaires et de CDD mine souterrainement la vie de centaines de milliers de personnes. Les mesures économiques de Sarkozy et de ses homologues européens font bon marché de ces vies. S’il le faut, il leur enverra la police si les victimes protestent trop fort ou si elles n’ont plus de toit. Les plus démunis sous l’administration de Sarkozy sont aussi privés de liberté.

Il n’y a pas de fatalité à cet état de fait. Une immense majorité de français aspirent à vivre dans une société qui place en priorité le développement des individus et la solidarité plutôt que la mise en concurrence des hommes entre eux et cela au bénéfice de quelques-uns. Rassembler les Françaises et les Français sur un tel objectif, recréer l’espoir d’une véritable alternative politique, moderniser le PCF pour mieux le mettre à ce service, tel est l’objectif que se sont fixé les communistes pour leur congrès qui se déroulera la semaine prochaine à Paris

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1002

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