Madame la misère écoutez le tumulte / Qui monte des bas-fonds comme un dernier convoi / Traînant des mots d’amour avalant les insultes / Et prenant par la main leurs colères adultes / Afin de ne les perdre pas.” Léo Ferré

Accueil > Archives > Aube > La famille de la Dépêche s’est réunie

La famille de la Dépêche s’est réunie

vendredi 5 décembre 2008 , 935 : visites

Suite du discours de Jean Lefèvre ...La lutte pour la santé.(..) celle contre les franchises, les dépassements d ’honoraires, la concurrence entre mutuelles destinée à donner le marché aux banques etc.

Petit combat c’est encore la Bourse du Travail qu’on veut transformer en centre commercial : la Bourse du fric remplace la Bourse du travail. Alors qu’elle a été justement érigée pour lutter contre la Bourse du fric Et puis il y a bien sûr la lutte pour le boulot, contre la vie chère, pour que la richesse produite, des richesses énormes, concrétes, soient réparties équitablement. Alors le mot qui vous vient naturellement à l’esprit, chers camarades, c’est le mot communisme. Vous êtes vraiment indécrottables.

Voilà pourquoi on a toujours besoin de la Dépêche. Les journaux locaux n’en parlent jamais, ils font semblant de l’ignorer. On a essayé de la ridiculiser : " ce petit journal ! " Mais vous voyez bien qu’il est indispensable puisqu’il est la seule voix (VOIX) de résistance nécessaire et la seule voie (VOIE ) vers le changement. Certes, il lui manque de l’ampleur, de la matière. Pas seulement de l’argent.

Il lui manque quoi ? Il lui manque votre regard, votre attention, vos articles, vos coups de gueule, vos informations locales petites et indispensables. Il faut fouiller, se renseigner, ne pas vous en tenir à votre conscience de classe. C’est bien d’avoir la conscience de classe, c’est mieux quand vous la nourrissez de vos réflexions et de vos trouvailles. Il faut fureter partout en particulier dans l’huma qu’on défend de la même force. Je me souviens de Lise Calas. Je lui disais, Lise, as tu lu l’huma (elle était abonnée). J’ai pas besoin elle disait. Je sais. J’ai une conscience de classe. Certes, nous avons la conscience de classe mais nous n’avons pas la mairie, ni le député. Pour avoir les deux il faut drôlement se battre et être sur le terrain. Lise, Ca ne l’a pas empêchée de se battre et de soulever les ouvrières de la bonneterie.

Mais aujourd’hui, c’est dur de soulever la bonneterie. Y en a plus quasiment.

Une manière de se battre c’est de réfléchir à notre passé, en faire le bilan et la critique. Une bonne façon ici, ce serait d’écrire l’épopée de la Dépêche de l’Aube, ce journal qui a dû bien souvent s’adapter à l’humeur changeante de la politique, adopter des paginations plus ou moins épaisses, sans renoncer à plus de vigueur, je me souviens de notre regretté Yves Roy m’ayant demandé un jour de devenir directeur d’une Dépêche quotidienne. Il avait de grandes utopies.

Depuis 1920 C’est un journal modeste et fragile, mais toujours debout. C’est le roseau qui plie mais ne rompt pas, le seul journal dans l’Aube qui n’ait pas changé de nom après guerre ! (NDLR : donc qui n’a pas collaboré) Faisons le vivre en retraçant son histoire. Vous qui êtes là, retroussez les jupes de vos souvenirs, livrez nous des noms, faites la chasse aux vieux militants, allez fouiller aux Archives. C’est une maladie qui s’attrape vite. Et l’imaginaire et l’utopie, on en a besoin en ce moment. Ca remplace cette cochonnerie de régime dans laquelle les gens ne voient plus clair, ne se réunissent plus, ils ne chantent même plus en famille, ils baillent devant la télé. L’utopie n’est pas la fuite. L’utopie, c’est les pieds ici, les yeux ailleurs disait Victor Hugo. Le progrès n’est que l’accomplissement de l’utopie. Quand Sarkozy proclame qu’il faut travailler jusqu’à 70 ans, les utopistes prônent la semaine de 30 heures. Quand la droite dit que la grève prend les gens en otage, soyons utopistes, décrétons la fin des grèves et le début du socialisme.

Il y a eu des penseurs pessimistes, le pessimisme qui nourrit le fascisme. Un nommé Chateaubriand disait que " Les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent. " On pourrait le croire à voir le rabotage de la biodiversité et la casse des services publics. Mais nous sommes des optimistes et nous faisons de la Résistance. Il nous faut de l’audace. C’était un truc prévu par Danton. Le Chinois Lao She nous dit, lui que " Le courage d’une goutte d’eau, c’est de tomber dans le désert " Essayons donc de faire tomber avec la régularité de la dépêche les gouttes d’eau qui peu à peu finiront bien par percer la croûte du vieux monde.

P.-S.

La Dépêche s’expose

L’expo de la Dépêche vous est ouverte dans les locaux du journal au 22 avenue Anatole France et cela tous les jours de la semaine jusqu’à la fin de l’année. Vous y découvrirez une sélection d’originaux de votre journal depuis 1946 ainsi que la reproduction de la “unes” des années 1920 notamment du 1er numéro datant du matin 7 décembre 1920.

La Dépêche de l’Aube N1002

Répondre à cet article

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

|