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FEMME DANS LA RÉSISTANCE Gisèle CAMUSET :UNE FEMME PATRIOTE, RÉSISTANTE ET COMMUNISTE !

vendredi 5 décembre 2008 , 1038 : visites

On ne présente plus notre camarade Gisèle Camuset qui avec son époux Maurice auront été des figures emblématiques de la Résistance Auboise.

A 87 ans, Gisèle a encore en tête toute cette période tragique de notre histoire ou les femmes ont tenu un rôle important hélas bien souvent ignoré des médias. Elle se confie à notre journal :

LDA : Peux-tu nous raconter les circonstances et motivations de ton engagement dans le combat mené contre l’occupant nazi et les missions qui t’ont été confiées ? Gisèle Camuset : Je suis rentrée dans la Résistance en même temps que mon époux Maurice. Nous, nous étions mariés en 1940. Début 1942 j’ai adhéré au parti communiste clandestin et je n’avais rien dit à Maurice. Le responsable m’a dit que j’aurais ma carte à la libération que j’ai gardé précieusement encore aujourd’hui. Les adhérents du parti et de la CGT étaient activement recherchés, certains arrêtés. Ensuite les SS les torturaient puis fusillaient ou les déportaient dans les camps de la mort. Ça a été une des raisons pour laquelle je me suis engagée dans ce combat contre le nazisme en mai 1942.

Au début je portais les messages, distribuais des tracts, et je posais l’humanité clandestine sur les machines à coudre des bonnetières de chez Dupré ou je travaillais et l’affichais dans les toilettes. D’ailleurs nous avons été dénoncés et arrêtés. Les Allemands sont venus me chercher au travail et m’ont emmené chez mes beaux parents qui habitaient dans la rue appelée aujourd’hui Simone Herszkcowicz (c’est le nom d’une femme qui a été déportée avec son enfant et tous deux ne sont jamais revenus). Le long du chemin j’étais encadré et à ce moment là j’ai pensé à mon frère a qui les allemands avaient braqué un pétard sur la tempe parce qu’il avait empêché un officier de battre un déporté russe. Les soldats hitlériens ont perquisitionné la maison de fond en comble et d’après eux ils cherchaient des charges de plastic que nous confectionnions avec Maurice. Mais bien sûr ils n’ont jamais rien trouvé.

Le soir nous écoutions les messages sur radio Londres. Nous allions en plein jour chercher des armes que les Anglais avaient parachutées. Marius Lemaire (marchand de charbon à Romilly) avait affrété son camion qu’il conduisait et nous avions simulé un déménagement avec quelques meubles. Moi j’étais assise à l’arrière du camion sur les caisses de munitions.

Maurice a été arrêté aux ateliers SNCF ou il y avait il est vrai une vraie organisation Résistante avec une activité de sabotage qui ralentissait la production et évitait que les aviateurs Anglais ne bombardent Romilly. Les Allemands criaient : terroriste, terroriste et l’ont emmené à la kommandantur ! Mon beau père a été aussi arrêté et a dit aux Allemands moi aussi je me prénomme Maurice ! Devant cet état de fait et l’absence de preuve ils ont été dans l’obligation de les relâcher, mais que l’alerte a été chaude. A partir de ce jour Maurice est entré dans la clandestinité..... Suite de l’interwiew la semaine prochaine.

Propos recueillis par Christian BARTHELEMY

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1002

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