“Ils n’ont pas senti la souffrance : ils ont créé le chaos, ils ont laissé tout rafler à ceux qui étaient les plus forts économiquement. Antonio GRAMSCI.

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PCF- Campagne nationale de rencontre publiques sur la crise financière

Boccara / Buisson : La confrontation a bien eu lieu

vendredi 28 novembre 2008 , 1103 : visites

Retrouver face à face un représentant d’un groupement professionnel et économique local Alain Buisson et un dirigeant national du PCF, économiste, Frédéric Boccara. Tel était le pari que s’était fixé la section de Romilly du PCF pour débattre de la crise financière, de ses conséquences et des solutions à mettre en œuvre que pour notre pays n’en fasse pas les frais.

Un débat parfois ardu mais toujours très intéressant : Devant une salle bien garnie, plus de 70 personnes, la confrontation a bien eu lieu. Mais les lecteurs de la presse locale resteront sur leur faim. Pas un mot sur le contenu des échanges et des solutions avancées. Pourtant, les enquêtes d’opinions le confirment, les français sont très inquiets, ils craignent pour leur avenir. Ne parle-t-on pas du risque de la suppression de 300 000 emplois dans notre pays, de 20 Millions en Europe ?d’après le BIT (bureau international du travail)

Le rédacteur de l’article n’a retenu que l’incident entre Alain Buisson, qui quitta un instant la salle, et un participant qui lui demandait de parler un peu de la situation en France et pas seulement de la Chine.

Il faut admettre que, si au départ l’exposé de M Buisson sur sa vision de la crise financière méritait d’être prise en considération, très vite, ses interventions répétées et quelques fois pesantes allaient toutes dans le même sens : faire des chinois les principaux responsables et disculper bien sûr le système capitaliste, seul existant à ses yeux depuis l’effondrement « des pays de l’Est ».

Dans la salle, plusieurs intervenants , sans nier l’échec du système du bloc de l’Est et les questionnements sur la Chine, ont mis l’accent, chiffres à l’appui, sur l’échec du système capitaliste et de leurs « modèles de référence » (Etats-Unis, Japon,Allemagne...) De plus en plus de gens sont dans la misère et dans le même temps un petit nombre d’individus amasse des fortunes colossales, partout, des travailleurs sont de plus en plus pauvres ,en France, depuis dix ans la courbe de la pauvreté notamment celle du travail augmente...

Où est la place de l’homme ? Interroge une autre personne. Un désaccord de fond :

M .Buisson devait ensuite reconnaître qu’il y avait un désaccord de fond entre son approche de la crise financière et celle présentée par le dirigeant national du PCF.

D’entrée de jeu, Frédéric Boccara avait en effet pointé le cœur du débat afin de proposer des transformations profondes pour que nous ne subissions pas une nouvelle régression sociale. Pour lui, la crise financière est un élément d’une crise globale du système capitaliste, un élément qui s’ajoute à la crise sociale, à la crise démocratique, environnemental...Donc pas question de ravalement de façade ni d’aménagements à la marge. Il faut s’attaquer au cœur du problème. Et pour Frédéric Boccara, le cœur de la crise financière ce sont les banques et le crédit. Le crédit pourquoi faire ? Insista t-il à plusieurs reprises, pour la croissance financière sur les marchés boursiers ou pour le développement de la valeur ajoutée ?

A l’appui de graphiques, il a aussi démontré combien les entreprises étaient étranglées par les banques et la spéculation.

Il avança un chiffre dont on ne parle jamais dans le monde des économistes bien pensants, celui des charges financières prélevées par les banques sur les entreprises, 350 Milliards d’euros chaque année. Chiffre qu’il ne manqua pas de comparer à celui des cotisations sociales patronales, 170 milliards d’euros par an.

Au terme d’un échange courtois mais sans concession, il revenait aux deux intervenants de préciser leurs propositions face à cette crise financière.

Des solutions divergentes :

Pour Alain Buisson, il faut continuer le système capitaliste, le seul valable à ce jour, même s’il n’est pas parfait reconnaît-il. Aux « politiques » de définir les règles et de prendre en charges l’aspect social. Et l’augmentation des salaires, ce n’est pas les employeurs ? Et le smic, décision des politiques, vous êtes pour ou contre ? Aucune réponse à ces interpellations. Peut-être faute de temps !

Pour Frédéric Boccara ce n’est pas sur le « coût » du travail (le travail n’est pas un coût c’est une richesse) qu’il faut agir mais sur les charges financières des entreprises qui alimentent la spéculation boursière. Dans ce cadre, il a préconisé une autre politique de crédit pour favoriser la création de valeur ajoutée. La création de fonds régionaux alimentés par les aides actuelles distribuées aux entreprises avec pour objectifs d’abaisser le coût du crédit pour celles qui développent l’emploi, l’investissement, la formation, la recherche... et de pénaliser celles qui spéculent sur les marchés financiers.

Dans cette perceptive, le dirigeant national du PCF propose également la création d’un fond national , avec les mêmes objectifs, qui serait alimenté par les 30 milliards d’euros accordés au patronat sans que cela ait une réelle efficacité au niveau de l’emploi, ce que vient de reconnaître la cours des comptes. Le tout étant adossé à un pôle public financier avec un double contrôle Etat / Citoyen pour permettre un crédit sélectif et incitatif pour les investissements utiles à la production notamment. Augmentation des salaires, des pensions, des retraites, des minimums sociaux font aussi partie des mesures d’urgences à prendre tant la situation est intenable pour des millions de nos concitoyens

Frédéric Bocarra devait aussi insister sur les propositions préconisées par le PCF au niveau de l’Europe avec notamment une réforme de fond des missions de la banque centrale européenne qui doit être sous le contrôle des politiques. Au niveau du monde avec une toute autre orientation pour le FMI et l’OMC et la création d’une monnaie commune mondiale pour s’émanciper du dollar qui continue à être un instrument monétaire de domination entre les mains des Etats-Unis

Pour conclure, du local au mondial, en s’appuyant sur les luttes sociales, nous pouvons imposer des solutions transformatrices pour que l’homme ne soit plus considéré comme une marchandise que l’on paie le moins possible et que l’on jette quand on en a plus besoin mais comme étant le cœur et l’objectif du développement de la société

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1001

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