“Ils n’ont pas senti la souffrance : ils ont créé le chaos, ils ont laissé tout rafler à ceux qui étaient les plus forts économiquement. Antonio GRAMSCI.

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FEMMES DANS LA RESISTANCE

vendredi 24 octobre 2008 , 1422 : visites , par Jean Lefevre

LAURENCE JEANSON Les parents de Laurence ont élu domicile à Hampigny, entre Brienne et Vitry le François. Ils habitent un petit pavillon isolé avec du jardin, du verger et de la haie de quoi s’amuser quand on est enfant, mais bien pratique aussi pour ce qui va suivre. Laurence a 16 ans. Elle travaille déjà à Orléans comme nurse dans une famille nombreuse. En congé payé, elle arrive juste à Hampigny pour la déclaration de guerre (3 septembre). Pas question de repartir dit la maman dont le mari, courtier en ébénisterie a connu la guerre de 14. Mais les Allemands avancent. Il faut suivre l’exode. On charge une petite remorque. Ça n’ira pas plus loin que Trannes, les chars occupant déjà le village. Ce sont des gens " corrects " au début quoique bottés et casqués, et ça fait peur aux femmes et aux enfants, ces uniformes vert-de-gris et cette arrogance du vainqueur.

Pendant l’occupation Laurence peut remarquer la dégradation du niveau de vie des habitants et le comportement de plus en plus méprisant des occupants qui exercent leurs réquisitions.

Fin 42, on commence à réagir, sous le manteau. Laurence rencontre Etienne Jeanson de Baudement qui vit et travaille à Troyes et qui est déjà dans le réseau du grand frère Guy à la coopérative de Saint-Julien. Il a été fait prisonnier, mais a été libéré comme soutien de famille. Ils se marieront en 43.

Laurence et sa sœur Yvonne essaient de créer un groupe " qui pourrait faire quelque chose ". On sait que la résistance est déjà active puisque des pylônes sautent. Les 2 femmes contactent des personnes des alentours, dont elles connaissent les idées et dont elles sont sûres : les frères Derisson, Georges Ramseyer, Armel Walty, Gaston Courteau et Louis Royer tous prêts à aider. Le groupe s’appellera le " Groupe d’Hampigny ". Grâce à Etienne, il se procure une mitraillette, un peu d’explosif qui servira par la suite à " déranger " quelques rails de chemin de fer car il n’y a pas grand-chose de vraiment intéressant au point de vue militaire sur Hampigny.

En 1943 Laurence retrouvera le groupe d’Etienne (Action.D.P.3) et fera la connaissance de nombreux combattants de l’ombre en action dans la Marne. Le groupe d’Hampigny se renforce de Jean Lacave, Roland Gonthier, André Jacquot et Sibois de Saint Léger.Yvonne (alias Mauricette) partira rejoindre l’état-major troyen, sera deux fois blessée et restera jusqu’au bout l’agent de liaison de Marcel Lessuisse.

(À suivre).

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N996

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