Le respect pour la dignité humaine ne se mérite pas, il est une donnée préalable."

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Labouze licencie 150 salariés et puis s’en va

mardi 7 mars 2006 , 2941 : visites , par Joë Triché

Les vrais raisons du départ précipité de Gérard Labouze, PDG du Groupe Jacquemard en poste depuis seulement septembre 2005 n’ont sans aucun doute pas été données. En fait, il est parti comme il est arrivé, au terme d’une mission bien remplie que lui avait confiée Dominique Jacquemard : liquider le restant de la production de chaussettes fabriquées à Romilly et licencier 150 salariés. Ainsi, tout s’est déroulé comme initialement prévu, d’un commun accord entre le PDG et l’actionnaire unique du Groupe Jacquemard. Le motif invoqué de ce départ, un manque de relations avec les ca-dres apparaît donc pour le moins futile. En effet, après avoir été encensé durant dix huit mois et présenté comme le sauveur suprême, notamment par Michel Cartelet et Sarah Auzols, Gérard Labouze serait d’un seul coup devenu indésirable. Quelle supercherie ! Les communistes n’ont pas été trompés dans cette affaire. Dans un communiqué publié dans la presse du 27 septembre 2004, la section de Romilly du PCF écrivait : « Dominique Jacquemard, seule actionnaire du Groupe Olympia, vient d’engager un nouveau PDG pour défendre ses intérêts. La feuille de route confiée au nouveau coach du premier fabricant de chaussettes est sans doute des plus simples : rechercher les moyens les plus efficaces pour faire fructifier son capital. Et dans ce domaine, tous les coups sont permis donc attention, vigilance ». Cette remarque de l’époque vaut aujourd’hui pour la nouvelle nominée : Catherine Rambaud jusque là avocate du Groupe Jacquemard. Toujours contre les salariés Dans le sérail des différentes directions, depuis plus de 10 ans, elle a toujours défendu avec acharnement les intérêts de Dominique Jacquemard contre les salariés et les licenciés qui « osaient » saisir les tribunaux pour défendre leurs droits. Tout récemment encore, devant la cour d’appel de Reims, dans une affaire qui concerne un peu plus d’une vingtaine de salariés refusant leur licenciement prononcé en 2000. Elle a participé à l’élaboration de tous les plans de licenciements depuis 1998. Maître Raimbaud a apporté ses compétences pour trouver la meilleure organisation juridique des différentes sociétés du Groupe afin de bénéficier du maximum d’avantages et aides publiques. En 2000, le plan de licenciements massifs fut l’occasion d’un transfert de personnel Jacquemard vers Aube-Chaussettes pour permettre à cette dernière de bénéficier du maximum d’aides de l’Etat dans le cadre des 35 heures. Quand on ne veut plus de son chien, on dit qu’il a la rage Cet adage souvent entendu peut s’appliquer chez Jacquemard. Avec la poursuite de la délocalisation, le développement de la sous-traitance et des importations, la charge de travail des usines romillonnes s’est trouvée en diminution. Elle est devenue insuffisante par rapport au personnel. A partir de 1998, il y a eu double charge financière. D’un côté, on a rémunéré le personnel privé d’une partie de travail et dans le même temps on a payé l’achat des chaussettes importées de Turquie, du Portugal, etc. On a ensuite rémunéré les salariés de l’usine en Roumanie. Des travaux importants et coûteux ont été réalisés dans des services aujourd’hui fermés. Pas étonnant dans ces conditions que les usines romillonnes se soient trouvées en difficultés financières depuis que le choix de la délocalisation a été fait il y a huit ans. Avant le Groupe Jacquemard réalisait chaque année de confortables bénéfices entre 15 et 20 millions de francs chaque année. Il possédait un véritable « trésor de guerre » en réserve 140 millions de francs. Il comptait à l’époque 1 000 salariés contre 250 aujourd’hui à Romilly. Le Groupe a bénéficié de 10 millions d’euros d’aides de l’Etat, subventions d’équipements, exonérations pour les35 h et participation financière de l’Etat pour les licenciements. Une commission d’enquête s’impose L’ampleur de ce désastre pour les salariés licenciés, pour les finances publiques, pour la ville de Romilly et son commerce justifie donc la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire ou désignée par le préfet pour contradictoirement analyser la stratégie de la délocalisation du Groupe. D’autre part, les difficultés financières annoncées lors du dernier plan pouvaient être surmontées non pas en liquidant la production réalisée à Romilly mais en augmentant au contraire la charge de travail en faveur des usines romillonnes. Cela supposait que l’engagement pris en 2003 par Dominqiue Jacquemard de maintenir 30/% de production à Romilly soit respecté et donc que soit rapatriée de Roumanie une partie de la production délocalisée. Cette hypothèse mériterait d’être mise à l’étude.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N858

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