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Fichier Edvige : PRÉDICTATURE

dimanche 14 septembre 2008 , 870 : visites

Sachez-le. Des hommes tapis dans l’ombre s’intéressent à vous, à ce que vous êtes, à ce que vous faites et même à ce que vous envisagez de faire.

Syndicaliste, manifestant, adhérent à un parti politique, à une association, communiste, gauchiste, marxiste, ex-sartrien, derridien, anarcho-syndicaliste, altermondialiste, faucheur volontaire, militant pour le droit au logement, pour les sans-papiers, pour le temps ou la jouissance libre, frondeur, poète de la première heure ou agité de la raison toujours fasciné par Foucault ou Bourdieu, Edvige veut tout savoir de vous. Et si vous êtes homosexuel, bi ou transgenre, que vous exposez une maladie de peau ou une pigmentation douteuse, que vous vivez dans un quartier populaire, l’amie qui vous veut du bien s’occupera bientôt de votre pedigree et vous protégera de tout - à commencer de vous-mêmes, bien sûr...

Bienvenue en France ! Les policiers atteints de tendances sécuritaires chroniques l’avaient rêvé, Sarkozy l’a fait. Depuis le décret publié début juillet au Journal officiel, le pays de Voltaire et d’Hugo a paraphé l’acte de naissance du fichier au prénom féminin destiné à collecter des informations sur toute personne physique ou morale, dès l’âge de treize ans " susceptible de porter atteinte à l’ordre public ". Dans le cadre de la disparition des RG et de la création de la nouvelle direction centrale du renseignement intérieur, le gouvernement entend - c’est la version officielle - adapter les moyens aux évolutions technologiques. Edvige serait " l’outil " indispensable pour garantir la sécurité des citoyens... Pardi !

La vérité est ailleurs. Comme en témoignent les 110 000 signatures recueillies par une pétition électronique pour dénoncer Edvige, chacun a bien compris que cette nouvelle base de données mettait en péril quelques-unes des libertés fondamentales, en nous faisant entrer de plain-pied dans l’horreur d’une société de la suspicion généralisée. Big Brother. Rétention de sûreté. Ciblage systématique. Soupçons préventifs...

Le sarkozysme est pervers. Notamment dans la mise en place méthodique et en apparence apaisée de cette petite barbarie policière, qui, de-ci, de-là, dans l’effrayante pédagogie de la banalité quotidienne, étale sa voracité en toute quiétude idéologique. Ce fichier, en effet, sonne le signal d’un des dangers les plus importants de notre temps, danger qui ne ressemble plus aux totalitarismes du XXe siècle, certes, mais à la promotion d’une prédictature bien-pensante initiée par quelques pouvoirs dominants

P.-S.

Communiqué du Groupe PCF au Sénat

EDVIGE : un débat parlementaire s’impose Nicole Borvo Cohen-Seat demande au Gouvernement, au nom des sénateurs du groupe Communiste Républicain et Citoyen, l’application de l’article 50-1 de la Constitution afin de débattre des implications du fichier EDVIGE en matière de libertés publiques.

Les sénateurs du groupe CRC s’inquiètent en effet de la mise en oeuvre d’un tel fichier, dont la portée, qui est sans précédent, dépasse largement l’ancien fichier des Renseignements Généraux, contrairement à ce qu’affirme la Ministre de l’Intérieur.

Non seulement le nombre des personnes pouvant être fichées augmente, puisque les majeurs et les mineurs dès 13 ans troublant l’ordre public sont concernés, mais le fichier pourra également contenir des données aussi sensibles que les origines ethniques ou raciales, les opinions politiques et religieuses, l’appartenance syndicale ou, plus choquant encore, des données relatives à la santé et à la vie sexuelle.

Etant donné le caractère attentatoire aux libertés publiques et au respect du principe de la vie privée, et les situations discriminatoires qu’un tel fichier ne manquera pas de créer, les sénateurs du groupe CRC considèrent que la gravité de ce fichier justifie la tenue d’un débat parlementaire dès la reprise de la session parlementaire.

La Dépêche de l’Aube N990

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