“Ils n’ont pas senti la souffrance : ils ont créé le chaos, ils ont laissé tout rafler à ceux qui étaient les plus forts économiquement. Antonio GRAMSCI.

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La gauche au rendez-vous ?

samedi 30 août 2008 , 843 : visites , par LDA

Après une année de politique Sarkozy, de colères sociales montantes, mais aussi d’attentes déçues d’une riposte des forces de gauche à la hauteur, celles-ci semblent attaquer la rentrée avec plus de vigueur.

La mobilisation des militants est là au moins. L’envie d’en découdre aussi, dans les mots et les intentions affichées en tout cas. On ne se plaindra pas, les Français non plus, qui trouvent l’opposition de la gauche trop molle, même si ce qu’on a entrevu le week-end dernier reste marqué par beaucoup de confusion, de calculs politiciens (Cohn-Bendit et Bové main dans la main), d’étroitesses (la LCR bétonne toujours autour de son futur NPA). On y verra certes plus clair au terme du cycle des universités d’été, celles du PS à La Rochelle et du PCF à Tarnos-Vieux-Boucau se tenant le week-end prochain, après celles des Verts et de la LCR. Pour l’heure, la question demeure : les forces de gauche seront-elles cette année au rendez-vous face à un pouvoir décidé à aggraver sa politique malgré ses difficultés dans l’opinion et des résultats désastreux pour la vie quotidienne des Français, pour l’économie du pays, voire au plan international pour la vie de nos jeunes soldats en Afghanistan ?

En vérité, on le sait, un coup de gueule, un effet d’annonce ici ou là devant les caméras ne suffiront pas. Il s’agit de reconstruire une alternative de gauche qui retrouve du tonus et de l’écho. Cela suppose trois conditions.

La première de ces conditions est la combativité dans la durée. Durement touchés par la politique menée par la droite, mais partagés entre colère et résignation, les salariés ont besoin de la gauche à leurs côtés pour retrouver force et confiance. Et pour le coup, pas seulement dans des belles paroles, mais dans les actes. Les communistes, qui sont restés mobilisés tout l’été sur le pouvoir d’achat et ont effectué leur rentrée le 21 août avec des ventes de fruits et légumes solidaires et des sorties à la mer pour les oubliés des vacances, préparent une manifestation pour la fin septembre jusqu’à l’Élysée. La rentrée scolaire, la situation des salaires et de l’emploi, les attaques contre les droits du travail vont fournir mille raisons de ripostes. Encore faut-il travailler à leur développement, à leur élargissement dans l’unité la plus large possible.

La seconde de ces conditions est celle de la mise en débat permanente des grandes idées, des grandes réformes qui pourraient structurer une politique de transformations sociales alternative à celle de la droite. Sans ces idées, l’opposition manque cruellement de crédibilité aux yeux de nombreux salariés, et c’est d’ailleurs faute de les proposer, de les porter, que la gauche fait la part belle à Nicolas Sarkozy.

L’acceptation par une grande part du PS du consensus libéral plombe la riposte.

Mais à quoi faut-il consacrer le maximum d’énergie dans ces conditions : passer son temps à dénoncer cette faiblesse, ou construire le rassemblement autour des réformes transformatrices nécessaires ? La troisième de ces conditions est donc d’entreprendre sans tarder la construction de larges fronts de rassemblement, de majorités politiques autour de ces transformations, en ne cherchant pas à opposer dynamiques populaires et rassemblements politiques pluralistes, qui seront tous les deux nécessaires, mais en cherchant à les faire avancer et converger autant que faire se peut, sans en rabattre sur l’exigence des réformes, sans jamais renoncer non plus à l’union la plus large possible.

C’est probablement ce qui manque le plus encore, cet alliage du contenu et du rassemblement, et non le choix de l’un au détriment de l’autre, qui entérinerait l’éclatement de la gauche entre renoncement et impuissance et l’installerait pour longtemps dans la défaite.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N988

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