“Ils n’ont pas senti la souffrance : ils ont créé le chaos, ils ont laissé tout rafler à ceux qui étaient les plus forts économiquement. Antonio GRAMSCI.

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TROIS mois après les élections, les troyens ne voient toujours rien venir de bon...

jeudi 10 juillet 2008 , 1156 : visites , par FLORENT BALLANFAT

Lors des dernières campagnes électorales municipales et cantonales, comme à l’occasion des précédentes, la droite a proposé de faire ce qu’elle n’avait pas fait en près d’un demi-siècle de mainmise locale complète... faute de temps sans doute.

Après une campagne électorale de diversion menée par la droite, quelles perspectives pour les troyens ? Plus de 3 mois après l’installation du " nouveau " Conseil municipal, ces belles promesses de campagne semble s’être évaporées. François Baroin, cherche à faire oublier qu’à grand renfort de unes et de doubles pages dans Libération Champagne et l’Est Eclair il avait notamment pris position en faveur du dédoublement de la ligne à grande vitesse Sud-Est en passant par Troyes et Dijon. Il avait expliqué alors avoir pris contact avec le maire de Dijon pour plaider ensemble en faveur de ce projet. Cette nouvelle démarche solitaire et contre-productive à l’heure où la priorité devrait être au déblocage des moyens notamment de Réseau Ferré de France pour aboutir à l’électrification n’est pas forcément condamnable en soi sur le fond.

On peut tout de même s’étonner que le député maire de Troyes n’ait pas eu vent, dans le cadre des discussions sur le grenelle de l’environnement engagées par le gouvernement qu’il soutient, d’une priorité donnée à un tracé TGV passant par le Centre et par Clermont-Ferrand notamment pour doubler la LGV Sud-Est saturée. C’est d’ailleurs cette proposition qui a été retenu par le gouvernement dans le cadre du projet de loi sur le grenelle de l’environnement pour une mise en œuvre sans doute pas avant 2020.

Pour le présent et le futur des troyens ça ressemble plus à un coup d’épée dans l’eau qu’à un projet structurant comme peut l’être l’électrification de la ligne entre Gretz et Troyes dans un premier temps. Après les élections, le retour à la dure réalité de la gestion simpliste de la droite

Dans la même ligne que son nouveau chef de file, Marc Bret, adjoint au maire de Troyes, avait lui aussi osé quelques promesses pour justifier sa trahison non seulement vis à vis de son camp mais surtout des électeurs. Ainsi il affirmait vouloir peser dans la majorité de droite en faveur du rétablissement de la gratuité des études surveillées, et pour la prise en compte du coefficient familial dans la restauration scolaire. Ces propositions pour plus de justice sociale défendues par la gauche depuis des années semblent aujourd’hui encore restées classées sans suite, alors même qu’elles permettraient de soulager sensiblement des centaines de familles touchées par la politique nationale soutenue et amplifiée par les parlementaires Baroin et Adnot.

Rappelons que Troyes est la dernière ville de l’agglomération troyenne a ne pas l’avoir fait, alors même que c’est une mesure d’équité sociale élémentaire. Pour les troyens c’est la double peine puisque le département dirigé par le sénateur Adnot ne tient pas compte des revenus des familles pour adapter les prix de la cantine dans les collèges... et là encore ça ne semble pas émouvoir Marc Bret également conseiller général soutenu et élu grâce aux voix de l’UMP et du centre qui n’avait présenté personne pour lui laisser le champs libre.

Pour la rentrée prochaine, l’absence de ces questions importantes pour les troyens semble se confirmer. Et on peut se demander pourquoi l’action de Marc Bret ne paie pas auprès de ses nouveaux alliés de droite. Plusieurs explications peuvent être avancées : la première c’est que le Conseiller général, adjoint au maire de Troyes n’a pas l’influence qu’il prétendait avoir auprès de la majorité de droite, mais ça serait quand même un peu étonnant ; ou bien seconde hypothèse, Marc Bret n’accorde pas à cette question autant d’importance qu’il l’affirmait mais ça m’étonnerait beaucoup de lui qui affirme que son cœur est resté à gauche.

Marc Bret va t’il cautionner aussi les mauvais coups en préparation...

De part son poste d’adjoint au développement durable et sa présidence de la TCAT ( c’est à dire des transports urbains de l’agglomération troyenne), on pourrait attendre que l’ex-chef de file l’opposition à Baroin, agisse de façon significative dans le cadre de sa délégation pour favoriser un meilleur accès aux transports collectifs par exemple et remédier à la situation absurde qui conduit de plus en plus d’Aubois à devoir payer toujours plus ne serait-ce que pour venir travailler à Troyes. Mais là encore, sa " légendaire virulence " dans l’opposition d’hier aujourd’hui au service des intérêts de la gestion de François Baroin ne semble pas devoir influer dans le sens d’une meilleure prise en compte de l’intérêt des habitants de Troyes et de l’Agglomération.

Les habitants du canton Troyes I où il a été réélu, pas plus que les autres, n’ont pas fini d’attendre d’être concertés sur l’avenir de leurs quartiers, de leurs commerces de proximité, et de leurs écoles et ils risquent de devoir se contenter de l’immobilisme et du manque d’ambition des " nouvelles " majorités Troyenne et Auboise en matière de démocratie, d’aménagement du territoire... Les Troyens n’ont pas non plus fini de subir les coups du gouvernement dont les projets menacent les finances de leur collectivité comme ceux qui concernent les réformes de la taxe professionnel, seule source de financement provenant des entreprise, dont les conséquences seraient soit une hausse de la fiscalité perçue sur les ménages en guise de compensation, soit la perte pour les habitants de services publics locaux pourtant indispensables. Pour les entreprises privés, en revanche, le bénéfice sera double, elles contribueront moins à l’effort collectif tout en gardant les bénéfices et elles trouveront de nouveaux marchés dans les services ainsi privatisés. Par contre, pour les populations cela se traduira encore par une réduction de leur pouvoir d’achat.

Ce ne sont ni François Baroin, ni Philippe Adnot qui empêcheront la mise en œuvre de ces projets gouvernementaux dont ils se feront un plaisir de voter les projets de loi comme ils le font depuis des années. Eux réfléchissent sans doute encore aux moyens de faire des économies budgétaires sur le dos des plus fragiles, notamment pour François Baroin en favorisant les regroupements d’écoles pour réduire le nombre d’établissements et en privatisant ou supprimant d’autres services publics... pas sûr non plus que Marc Bret s’y opposera... en revanche, ce qui est certains c’est que les communistes et leurs élus notamment, Anna Zajac à Troyes, seront vigilants et toujours présents aux côtés des Troyens pour faire valoir leurs exigences

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N981

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