J’aime encore mieux être moi-même dans toute ma misère que d’être aucun de ces gens-là dans toute leur prospérité.” J J ROUSSEAU

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Préparation du 34e congrès du PCF

UNE NOUVELLE PAGE DE NOTRE COMBAT

ASSEMBLEES DES SECTIONS DU PCF Les communistes et leurs amis préparent le 34ème Congrès du PCF

jeudi 26 juin 2008 , 1039 : visites

Après la rencontre nationale portant sur l’analyse de la mondialisation, celle concernant le projet et les rassemblements [1], la réunion de Tours avait comme thème : Quelles transformations du PCF ?

Nous publions de large extrait de l’intervention de MG Buffet à l’issue de cette rencontre. Le Conseil National qui c’est déroulé cette semaine à ouvert la phase statutaire de la préparation du 34 ème congrès du PCF qui se déroulera les 11,12,13 et 14 décembre 2008 à La Défense. “ (.. ..) J’entends ici et là que je serais la gardienne du temple : les clefs à la ceinture, prête à verrouiller les portes. Quelle vision dépassée de ce parti et de ses militantes et militants qui portent des opinions et qui les assument ! Mais aussi de la société : les idées aujourd’hui utilisent tous les chemins les plus modernes pour circuler, regarder la place d’Internet , des blogs....

Mais surtout, comme la grande majorité des camarades, la militante que je suis ressent intimement le besoin d’une dynamique nouvelle pour écrire une page inédite de notre combat. Nous avons commencé à le faire avec le travail sur l’état de la société, du monde, sur le projet politique et, c’est l’objet de notre débat d’aujourd’hui, sur la force politique dont nous avons besoin pour y parvenir. Alors camarades, mettons cartes sur tables et débattons. Et permettez-moi de le faire en toute franchise. D’abord interrogeons-nous : où en sommes-nous du rapport du peuple à la politique.

Oui il existe une crise politique, celle de la réponse des partis, mais contrairement à d’autres époques, il y a chez les femmes et les hommes qui souffrent de la politique de la droite , qui luttent aussi envie de réponse politique. Les parents et enseignants qui ont occupé leur école cette nuit ont besoin de cet engagement politique pour élargir leur action. Ils ont besoin pour gagner que des lois soient abrogées, que des moyens financiers soient dégagés et donc d’élus et de forces politiques portant leurs combats. Le syndicaliste qui agit pour maintenir son domaine d’activité dans le secteur public a besoin d’une autre volonté politique que celle du tout marchand. C’est cela faire de la politique. C’est bien sûr lutter, résister mais ce n’est pas que cela. Faire de la politique, c’est avant tout avoir un projet pour la société et être capable de le faire vivre dans la gestion et les institutions. Et si c’est ça la politique, des hommes et des femmes découragés par la politique politicienne retrouveront le chemin de l’engagement, et pour être efficaces elles s’organiseront.

Alors oui, il y a besoin d’un parti.

Et ce parti doit-il être révolutionnaire ? Regardons les réalités.

Nous sommes dans un monde qui recèle plein de potentialités, vous le savez aussi bien que moi. Et vous savez comme moi combien ces potentialités sont entravées par des logiques de domination, qu’elles soient capitalistes ou patriarcales. Et il faut parler des deux. A une époque, nous considérions les luttes féministes inutiles sous prétexte que le socialisme règlerait la question de l’égalité des femmes. Aujourd’hui, le féminisme est pour nous au coeur des luttes émancipatrices dans la société.

Et dans ce monde, les tenants des logiques en place se sont dotés d’instruments de pression, de l’OMC aux banques centrales, des directives aux lois régressives, pour empêcher toute alternative. Ils ont utilisé cette belle idée de l’Europe pour corseter toute avancée pour les peuples.

Et pourtant des mobilisations se lèvent. Regardez l’Irlande hier ! Des peuples se donnent des gouvernements progressistes ! Par la force de majorités politiques et populaires, ils parviennent à marquer des points. Mais ils vérifient aussi la force des affrontements de classe. Ils ont des décisions extrêmement difficiles à prendre. Nos camarades vietnamiens cherchent à concilier socialisme et économie de marché. À Chypre, ils doivent construire la réconciliation nationale et une politique progressiste dans le cadre de l’Europe libérale. En Bolivie, le peuple fait face à une oligarchie menaçante.

Que l’on me comprenne ! Anticapitaliste, antilibéral, communiste, ce sont des mots qui ont sens pour nous. Mais pensons à ce qu’il y a dans les têtes. L’envie de changement existe, mais elle est dévoyée, émoussée.

On nous dit sans cesse que le fin du fin en politique serait de tout accepter pour être moderne ! Alors nous avons le devoir d’aller aux réalités derrière les mots.

Dépasser le capitalisme ne relève pas d’un slogan ni d’une démarche volontariste. Cela demande construction, prise de responsabilités, capacité à rassembler et volonté politique pour faire bouger les rapports de force. Mesurons l’ampleur du chantier.

Si je vous dis cela, c’est tout simplement, parce que pour moi, ce qui fonde l’utilité d’un parti qui veut porter une espérance révolutionnaire aujourd’hui, ce que nous avons appelé la visée communiste, c’est avant tout la qualité de son combat pour faire reculer la frontière des possibles. C’est-à-dire, permettre à chaque individu d’être en maîtrise des enjeux et donc de retrouver confiance en sa capacité de peser pour trouver des solutions à ses problèmes, pour obtenir des progrès, des droits, des avancées de civilisation.

C’est chaque conscience qu’il faut éveiller à la possibilité de changer les choses.

Mais une fois que nous avons dit tout cela, avons-nous tout dit ? Je ne le pense pas.

Quelle est pour une génération l’objectif palpable de ce parti ? En quoi est-il utile pour elle, à quoi pourrait-il servir qu’elle le mette au pouvoir ? Bien sûr on peut se gausser de ces forces politiques qui ne pensent qu’à la prochaine présidentielle. Mais nous, quelle image notre peuple a-t-il de nous ?

On n’arrête pas dans les médias de nous balader entre l’extrême gauche et la social-démocratie.

Et nous, ne répondons-nous pas trop souvent par un " ni-ni " sans portée ? Quand j’ai appelé à révolutionner la gauche, cela n’est-il pas apparu comme une incantation ? En fait n’avons-nous pas à répondre clairement à cette question : que veut-on ? Et si tout simplement nous voulions être la force qui parce qu’elle prend en compte les contradictions du monde, parce qu’elle porte un combat d’émancipation humaine, était capable d’inventer et de mettre en œuvre avec d’autres les grandes réformes permettant de gripper la machine, d’inverser les logiques en place et donc de construire dans l’exercice du pouvoir et les luttes des solutions aux problèmes de notre temps ? Tout simplement une force porteuse d’un projet capable par sa force, sa crédibilité et son audace de faire reculer les résignations et de mobiliser pour l’imposer.

Alors oui, il faut une force politique ancrée dans les réalités pour les dépasser. Un parti qui fonde ses propositions, ses positions, dans ces réalités, et dont le discours ne soit pas virtuel mais appuyé de façon palpable sur tous les possibles. Cela demande un parti ouvert à toutes les évolutions, à toutes les connaissances, à toutes les remises en cause.

Du productivisme au développement durable, de l’égalité par le socialisme au féminisme, du collectivisme à la prise en compte de l’intérêt de chaque individu, nous avons déjà beaucoup évolué dans nos discours. Mais ces changements dans les textes, l’avons-nous vraiment traduit dans notre pratique , dans notre comportement, dans nos objectifs ? Cela reste à voir...

Et ce projet devrait dépasser la défense de telle ou telle catégorie pour être ressenti comme porteur de l’intérêt général et d’avancées pour toute la société.

Et ce projet, en portant cette perspective, peut permettre de dépasser les divisions en cours dans notre société ! Aussi sachons, pour tout cela, être un parti ouvert à tous les rassemblements et aux alliances nécessaires pour le concrétiser. Au nom de ce rassemblement, j’entends parfois que le seul moyen serait d’aller vers un grand parti de la gauche, ou vers un parti de la gauche de la gauche. Est-ce la bonne voie ? Je ne le pense pas. Cet objectif de rassemblement est beaucoup plus exigeant que cela.

Il demande de façon vitale que nos concitoyennes et concitoyens en soient acteurs et actrices. (..)

Mais aujourd’hui, peut-on penser de la même façon qu’il y a 50 ans ?

A l’évidence les décisions politiques au niveau de l’Union européenne, la situation en Afrique, l’émergence de la Chine, de l’Inde ou du Brésil, la fantastique victoire du peuple irlandais, tout cela pèse sur les choix nationaux et vice versa. Tout cela a un impact sur la situation des salariés, la relance industrielle, l’harmonisation sociale comme la lutte contre les pollutions. Et tout cela pèse sur les mentalités, modifie les opinions.

Alors, oui, il y a une bataille nationale car il s’agit bien de changer de choix et de pouvoir ici en France. Mais on y arrivera qu’en intégrant les questions européennes et internationales à notre combat national. Et cette orientation, c’est bien celle qui devrait être la nôtre pour les prochaines élections européennes. Et la conception de nos listes devait porter ce message.

(..) Alors ce parti qui doit porter tous ces objectifs, est-ce le PCF rénové, faut-il l’inventer ? Quels contours à ce nouveau parti ? Dire également en quoi le PCF serait a priori à dépasser pour que du neuf émerge ! Ces options ont été esquissées par des camarades. Elles restent à préciser pour nourrir le débat.

Pour ma part je pense que nous devrions avoir la même démarche sur cette question que celle que nous retenons pour notre combat émancipateur. S’appuyer sur les potentiels, élargir les possibles pour lever les entraves et créer de nouvelles dynamiques.

De quelle organisation faut-il nous doter pour cela ? Ses potentiels existent-ils ? Je le crois. Ce sont les hommes et les femmes qui le composent avec leur idéal, engagements et intelligences. Ce sont tous ceux et celles qui ont envie d’en être. Ce sont ses liens noués dans les luttes, les solidarités, un ancrage populaire avec des élus reconnus pour leur proximité et leur efficacité, on l’a vu aux dernières élections !

Et les possibles, c’est l’audace dans l’innovation, l’efficacité d’un projet, la modernité d’une démarche citoyenne, le choc des idées, la prise d’initiatives audacieuses, une nouvelle conception du parti.

Tout cela demande-t-il de refaire le congrès de Tours ? Encore faudrait-il savoir dans quel sens le refaire. Retourner dans " la vieille maison " comme le disait Léon Blum, retourner vers les " 21 conditions " et ce qui s’ensuivit ?

Attention aux symboles, ils ne sont pas toujours d’actualité. Nous sommes au 21ème siècle, le monde a changé, les modèles se sont écroulés. Aussi, dans cette belle ville de Tours, si nous ne retenions de son célèbre Congrès qu’une seule chose : le formidable espoir, cette énorme volonté politique de la part de nos camarades de construire une société meilleure.

Alors, si tout simplement ce parti, nous le prenions tel qu’il est aujourd’hui et que nous décidions tous ensemble de le transformer pour qu’il nous permette la même ambition et le même espoir !

Le chantier est immense. Et l’innovation n’est pas simple. Mais nous avons d’ici le Congrès le temps de produire de belles choses.

(..)nous avons besoin d’une nouvelle efficacité, sans rien gommer de notre diversité, qui permette de s’enrichir mutuellement de nos débats plutôt que de tenir des discours parallèles sans s’écouter. Nous avons besoin de créer les conditions pour les futurs dirigeants et dirigeantes d’être en mesure d’exercer pleinement leur mandat. Cela peut-il se faire sans un profond renouvellement ? Je pense que nous en avons besoin pour trouver un souffle nouveau.

A ce propos, peut-on ignorer la question de notre image ? Aujourd’hui on sait la place du miroir médiatique dans la vie politique. On nous a collé une image passéiste. Cette image ne se résume pas aux personnes, même si cela en fait partie. Peut-elle se résoudre par un changement de nom, j’en doute en sachant que le " PCF ", " le parti ", est un repère, une garantie pour beaucoup d’hommes et de femmes ? Mais réussir à modifier cette image ne dépend-il pas aussi de nos idées, de la façon de les porter, de les renouveler, de leur force, de nos initiatives et de la façon de les organiser ?

Enfin permettez moi de traiter de façon particulière la question du renforcement. Notre parti ne doit-il pas devenir l’espace politique ouvert à tous ceux, toutes celles qui, sans partager tout notre projet, trouvent dans cet espace que nous leur offrons un moyen de s’y sentir à l’aise et mener avec nous un combat commun.

Aussi, je souhaiterais m’adresser aux hommes et aux femmes inquiets de l’état de la gauche. Nous n’avons pas tous et toutes eu les mêmes chemins, les mêmes repères. Mais nous partageons des mêmes combats et avons les mêmes espérances à gauche. Pourquoi ne pas leur proposer, devant l’urgence à construire une alternative, de devenir membres de ce parti, et de venir le transformer avec nous, pour qu’ils et elles se donnent les moyens de faire vivre leur idéal de gauche ”

P.-S.

ASSEMBLEES DES SECTIONS DU PCF

Les communistes et leurs amis préparent le 34ème Congrès du PCF :

-  L’analyse du monde tel qu’il est aujourd’hui, la mondialisation, etc...
-  Quel projet, quel rassemblement les communistes proposent pour répondre aux aspirations de changements en France, en Europe, dans le Monde ?
-  Quel transformation du PCF ?

- Bar sur Seine le 30 juin à 18h30, salle de la mairie.

- Brienne le 3 juillet

- Troyes le 9 juillet à 18h30, au siège de la section Troyes Agglo.

- Romilly ASSEMBLEE -DEBAT de la section le jeudi 10 juillet 2008 à 18h00, à l’Espace Momosso suivi d’une partie conviviale autour d’un buffet rassemblant les communistes et leurs ami(es) avec la participation de Jean-Pierre Cornevin, membre du Conseil National et Secrétaire Fédéral du PCF.

La Dépêche de l’Aube N979

Notes

[1J.P. Cornevin et Feti cheikh ont assisté à la réunion sur l’état du monde à Paris, Gisèle Malaval et Féti Cheikh étaient à Marseille à la réunion sur les projets, Joé Triché et Rolland Leloup étaient les représentants de la fédération de l’Aube à la réunion de Tours sur les transformation du PCF.

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