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INAUGURATION DE L’HÔPITAL M. CAMUSET

(Suite du discours de Ginette Collot - 2e partie)

jeudi 26 juin 2008 , 1196 : visites

Alors, ARIEL redevient Maurice.

Une nouvelle vie va commence. Ayant acquis le sens de la responsabilité, il décide de poursuivre dans la vie civile l’engagement moral qu’il avait pris dans la Résistance.

Porteur des valeurs humaines stimulées par cette aventure populaire glorieuse, il éprouve le besoin de les porter plus loin, plus haut dans la vie. Il prend alors la décision de se mettre au service de sa ville et de ses habitants. Déjà conseiller municipal, il devient Maire de 1949 à 1984. Durant 35 ans, avec ses équipes municipales successives composées de personnalités très diverses, il transforme totalement Romilly, n’ayant de cesse, par ses nombreuses réalisations, de faire entrer sa ville dans la modernité, de promouvoir l’éducation, la culture, le sport, la solidarité, le progrès social, enrichi qu’il était des valeurs contenues dans le programme du Conseil National de la Résistance (le CNR), dont hélas, les acquis sont actuellement dangereusement remis en cause.

Ce fut, je cite : l’adduction d’eau qui fut une vraie révolution dans les foyers romillons, cette eau tant désirée que l’on appelait justement " la Mauricette ".

Puis, il y eut les lycées, collèges, colonies de vacances, classes de neige, la MJC, la maison de l’enfance, le club municipal omnisports, les stades, la piscine, le conservatoire de musique, le nouveau cinéma, la 1ère maternité, la bibliothèque, les foyers des anciens, tous les logements sociaux : ces HLM qui firent tout le nouveau Romilly d’alors, et puis le nouvel hôpital où nous sommes ce soir. Peu de quartier n’ont pas la trace du long passage de Maurice aux affaires de la ville, quartiers où l’on trouve toutes ces rues auxquelles Maurice a attribué des noms de nos jeunes Romillons morts en déportation, ou fusillés, telles les rues : Simone Herskowicz, ce bébé de famille juive romillonne disparu avec sa maman dans les fours crématoires nazis, Raymond Birer, Paul Leleu, Mary Favin, Charles Masson, le stade Bardin-Gousserey, les noms aussi de nos héros nationaux : Jean Moulin, Guy Môquet, Pierre Sémard, Gabriel Péri, Pierre Brossolette, colonel Fabien, ou encore les noms des grands hommes comme : général De Gaulle, maréchal Leclerc, De Lattre de Tassigny, etc (..)

Maurice, c’était aussi l’homme engagé, resté toujours fidèle à son idéal, à ses convictions. C’était l’élu républicain présent dans tous les combats : contre les injustices sociales, pour un monde meilleur, pour la démocratie, pour la paix ce qui lui a apporté bien des déboires. Malgré cela il est toujours resté l’homme debout quels que soient les coups. C’était aussi l’homme des jumelages, de l’amitié entre les peuples, et je dirai l’homme de l’amitié tout court. Il fit profiter de ses compétences les diverses associations qu’il présidait et où il oeuvrait intensément en particulier, ce pour quoi je l’ai très apprécié, dans les associations d’anciens combattants de la Résistance dont il en a été un dirigeant local, puis départemental, puis national, ceci jusqu’à son dernier jour.

Maurice a bien été le Maire qui a laissé l’empreinte la plus profonde, la plus concrète, la plus durable dans sa ville durant ce 20ème siècle. Les divers mandats qui l’on reconduit à la tête de sa ville démontrent l’immense estime de la population envers ce grand bonhomme intellectuellement brillant, et de plus, qui était un homme très écouté et très respecté.

Romilly n’a jamais été aussi prospère qu’a cette période. D’un bourg sans identité, notre ville est devenue la 2ème ville du département avec 17000 habitants. L’emploi y était florissant. Tout ce travail accompli lui valut la distinction de Maire Honoraire. Il fut également Conseiller général de 1960 à 1970. Il fut fait Chevalier dans l’ordre du Mérite en 1982, et, trop tardivement, il entra dans la famille de la Légion d’Honneur en février 2001 (1 an avant sa disparition).

Il était impensable que cette reconnaissance de la Nation ne soit pas suivie de la reconnaissance de sa ville à laquelle il a consacré sa vie et sa santé.

C’est pour sauvegarder la mémoire à la fois de ce grand patriote, et du plus grand Maire de notre ville durant ce 20ème siècle que s’est créé son comité de soutien en octobre 2003. Notre comité, apolitique, est fort de pus de 700 membres, de tous horizons et conditions sociales : élus locaux, départementaux, régionaux, salariés des environs, enseignants, docteurs, commerçants, ouvriers et ouvrières de Romilly, retraités, anciens combattants, etc.... En 5 ans, notre route n’a pas été couverte de pétales de roses. Nous avons rencontré de multiples obstacles avec en particulier les refus répétés, d’un vis-à-vis fermé, à l’esprit partisan, décidé à ne pas satisfaire le vœu que Maurice avait formulé " qu’une partie de le rue Gornet-Boivin porte son nom ".

C’était méconnaître notre pugnacité.

Notre farouche volonté de voir notre ami enfin honoré et son nom symbolisé sur un lieu public, nous a conduit à formuler une nouvelle proposition, en accord avec la famille : " que l’hôpital de notre ville porte son nom ". Maurice en avait été l’initiateur, et avait posé la 1ère pierre en présence du ministre de la santé d’alors : Monsieur Jack Ralite, le 23 février 1972.

C’est grâce au jugement raisonné, qu’en leur âme et conscience, majoritairement, les membres du Conseil d’administration de l’hôpital ont été d’accord avec notre proposition.

(...).Il est dommage qu’un sectarisme déplorable, nous ait obligé à multiplier des manifestations, rassemblements (chaque fois des centaines de personnes), pour qu’enfin Respect et Reconnaissance soient portés à notre ami, et que, comme nous en avons été avisés, son nom soit à la place qui lui revient, sur la façade de cet édifice, ceci dès le mois d’octobre.(...)

J’en termine, mais pas sans avoir une pensée émue pour trois membres de notre groupe de travail qui nous ont quittés depuis 2 ans, qui ne pourront pas partager avec nous le plaisir que nous avons ce soir de voir notre ami commun enfin honoré. Je veux parler dans l’ordre de leur départ de Pierre Collot (mon mari), Reine Merx et Pierre Séné.

Au nom du comité de soutien, je souhaite longue vie à notre hôpital, faisant le vœu qu’il ne subisse pas les effets de la désertification hospitalière territoriale en cours, dans lequel cas, j’assure les personnels tous confondus, de notre soutien sans faille à leurs côtés si nécessaire, pour le sauvegarder. Ensemble nous résisterons alors à toutes attaques risquant de toucher notre Hôpital Maurice Camuset.

C’est pourquoi je passe le message que nous a laissé la grande résistante disparue Lucie Aubrac auquel je souscris pleinement. “

" Résister se conjugue au présent "

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N979

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