Depuis des années, on nous enlève la production et les équipements pour les amener en Hongrie et en Pologne » David, salarié de Bridgeston Bethune

Accueil > Archives > National > La volonté de transformer le monde

LE PCF FÊTE 68

La volonté de transformer le monde

vendredi 16 mai 2008 , 1080 : visites

L’évocation médiatique des événements de mai-juin 1968 a débuté. Les journées du 10 au 13 mai en constituent un moment charnière.

Le 13 mai 1968, il y a quarante ans jour pour jour, la France connaît une grève générale mémorable qui va s’enraciner dans tout le pays en quelques jours. Dix millions de salariés au plus fort de l’action vont engranger une spectaculaire moisson revendicative et provoquer une secousse politique pour plusieurs décennies. Toute la nuit du 10 au 11 mai, la violente répression policière lancée contre le mouvement étudiant vient de mettre en état de siège le Quartier latin. À l’initiative de la CGT et de son secrétaire général Georges Séguy, la riposte du 13 mai, en faisant converger ouvriers et étudiants, va faire changer de nature et d’échelle les événements de l’époque. Le pouvoir gaulliste n’a plus seulement face à lui une jeunesse étudiante impatiente de changer d’époque, mais la France salariée tout entière. L’affrontement de classe devient direct. C’est dès lors une tout autre histoire qui commence et qui va donner aux événements une résonance politique et sociale toute particulière.

Manifestement, quarante ans après, la France n’a pas oublié la portée de ces événements. Dans une enquête d’opinion CSA publiée dans le journal l’Humanité, révolte étudiante et grève ouvrière restent, aux yeux des sondés intimement liées, alors que tant de récits édulcorés s’ingénient à les opposer et, surtout, 68 demeure indubitablement associé à une période d’espoir social. Un espoir qui fait tant défaut aujourd’hui. L’an dernier, Sarkozy affichait sa volonté de liquider l’héritage de 68. Depuis son élection, sa politique s’y emploie tout autant qu’à brouiller les repères. Mais le paradoxe est là. La déclaration de guerre du nouveau président a plutôt réveillé la mémoire de 68 qu’elle n’a réussi à l’enterrer. Le bilan social des événements se déforme certes ici ou là, il est parfois plus marqué dans les esprits par les conquêtes qui suivirent que par la réalité des conquêtes obtenues en mai et juin. Mais la mémoire reste vive, elle ne s’efface pas, loin s’en faut. Neuf sondés sur dix de moins de trente ans gardent une image positive des événements ; seule la catégorie ouvriers, avec 93 %, dépasse légèrement ce pourcentage. Pour les jeunes générations, 68 reste un repère pour demain. C’est un obstacle de taille sur la route du pouvoir en place.

62 % des Français estiment probable la réédition d’un mouvement social de cette ampleur.

L’évocation de mai-juin va aujourd’hui à la rencontre d’un puissant désir de changement à nouveau très présent dans le pays, de très fortes attentes sociales dans la plupart des catégories de la population. Que 62 % des Français estiment probable la réédition d’un mouvement social de cette ampleur, que 41 % des Français, 58 % des ouvriers et 53 % des employés le souhaitent en dit long sur la profondeur de la colère sociale, mais aussi de la recherche politique qui travaille le pays. Comme en 68, la société supporte de plus en plus mal les dominations qui l’enserrent.

" Liquidons 68 ! " dit Sarkozy ; et Daniel Cohn-Bendit titre son dernier livre Oublions 68 ! Pour sa part, le PCF lance son pavé dans le marais du consensus lénifiant avec un " Vive 68 ! " aux arêtes bien aigües. Loin de la commémoration officielle aux accents d’enterrement de première classe, le PCF retient de la révolte étudiante et de la plus grande grève ouvrière de l’histoire de France le souffle toujours actuel de la volonté de transformer le monde. Il fête un anniversaire qui se tourne vers l’avenir. Comme en 68, la société supporte de plus en plus mal les dominations qui l’enserrent. Le travail est synonyme de souffrance quand il devrait libérer. Le besoin de partage est barré par les logiques de privatisation des marchés. Les relations humaines dans le village planétaire sont pourries par les guerres économiques. Les ressources et les richesses servent la croissance financière contre le développement durable des hommes et des territoires. Penser un autre monde, pour les communistes, voilà toujours l’urgence et le rêve sans cesse reconductible de 68.

Ces prochaines semaines deux débats seront organisés par les sections locales de Romilly et Troyes. Celui de Romilly qui recoupe un thème important du prochain congrès du PCF traitera des réponses progressistes à mettre en œuvre en France et dans le monde pour répondre à la mondialisation capitaliste. La section de Troyes se propose d’évoquer Mai 68 dans notre département et les conséquences concrètes qui en ont découlé pour les salariés aubois

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N973

Répondre à cet article

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

|