“Le gouvernement moderne n’est qu’un comité administratif des affaires de la classe bourgeoise.”    Karl MARX

Accueil > Archives > Aube > Tout le département > POURQUOI CÉLÉBRER LE 8 MAI

POURQUOI CÉLÉBRER LE 8 MAI

vendredi 16 mai 2008 , 1171 : visites , par Jean Lefevre

On entend moins dire dans la presse qu’on fête " l’armistice " du Huit Mai 1945 ( [1]).

Le mot avait été condamné à juste titre par les associations de Résistants qui voulaient s’en tenir à la vérité historique : l’Allemagne nazie a capitulé sans conditions. Cela signifiait : pas de compromission avec le fascisme. La bête est terrassée ! Les discours officiels donnent toujours la tonalité politique du moment ; ils parlent aujourd’hui de " commémoration de la victoire des Alliés " ou plus modestement de la cérémonie du 8 mai. C’est une formule vague et frileuse. On en profite même pour honorer les combattants d’Algérie dont la conduite individuelle a pu être héroïque, mais dont l’engagement n’avait rien du caractère libérateur et progressiste de celui des Résistants dans les années noires de l’occupation. Ce mélange des genres en dit long sur le gommage volontaire des valeurs sauvegardées par les anciens combattants de la Résistance.

Construire une société plus juste

Ces valeurs ne sont pas seulement à mettre en avant pour satisfaire un devoir de mémoire. On honore d’abord la perte de vies humaines, d’êtres chers, de destins broyés comme le représentent souvent ces colonnes brisées qu’on rencontre dans les cimetières. On honore aussi la souffrance, l’héroïsme, le patriotisme ou même la fatalité qui a jeté malgré eux des hommes dans la tourmente et qui s’y sont conduits dignement.

La dernière guerre a donné un autre sens au combat des Résistants, c’est un combat volontaire, un choix délibéré, un engagement profond dans lequel le mot patriotisme adopte une couleur sociale et démocratique. On ne veut pas seulement chasser l’ennemi, on veut vaincre l’idéologie du fascisme et du racisme qu’il apporte. On ne veut pas seulement libérer le territoire, on veut y construire une société plus juste.

C’est pourquoi célébrer la victoire du 8 mai, celle de tous les Alliés (Américains, Canadiens, Anglais, Russes et Français), c’est apprendre à devenir citoyen. La dernière guerre mondiale est celle dont on doit tirer le plus d’enseignements.

Chaque village y a intérêt. L’Aube présente un martyrologue éloquent qui prouve son implication patriotique, populaire, civique et sociale dans ces évènements tragiques. Il y a des leçons à tirer. Je pense au massacre de Buchères qui fut comme celui d’Oradour, si longtemps sujet à polémiques non dénuées d’arrières pensées politiques. Pour le monde entier cependant ces crimes de guerre sont inexcusables.

Il y a toujours des enfants à instruire et des adultes à convaincre. Certains enseignants l’ont compris depuis longtemps qui font participer les écoliers aux cérémonies du Huit mai et invitent les populations à réfléchir.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N973

Notes

[1Sauf à Villenauxe.

Répondre à cet article

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

|