“Ils n’ont pas senti la souffrance : ils ont créé le chaos, ils ont laissé tout rafler à ceux qui étaient les plus forts économiquement. Antonio GRAMSCI.

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Combat pour la dignité : Sans papier contre sans courage

mercredi 30 avril 2008 , 986 : visites , par FLORENT BALLANFAT

Le retour dans le passé qu’impose la droite par les régressions sociales qu’elle provoque, rend plus moderne que jamais la lutte pour ce que l’on pensait acquis. On pourrait croire à un combat d’un autre temps et dans un monde idéal il n’aurait sans doute pas lieu d’être, mais la grève des travailleurs " sans-papier " n’en demeure pas moins une lutte actuelle pour une régularisation qui parait la moindre des choses.

C’est même bien plus que ça en réalité, car c’est un combat pour une reconnaissance sociale de celles et ceux qui quotidiennement offrent leur force de travail pour survivre dans la France qui revendique le droit de faire son marché dans les pays les plus pauvres en les pillant encore un peu plus de leurs forces vives.

Mais pour les nostalgiques du " rôle positif de la colonisation ", cette grève des travailleurs sans statut social, n’est pas acceptable... l’immigration choisie telle que la droite la souhaite, ne doit pas aboutir à une reconnaissance quelconque. Le bon immigré dans une France bien à droite, c’est celui qui travaille comme ces gens (et même encore plus jusqu’à une usure aux conséquences irréversibles) mais c’est aussi et surtout quelqu’un qui ne revendique rien. C’est à dire le contraire d’un Aimé Césaire, qui s’est opposé toute sa vie la vision colonialiste de Sarkozy et ses amis.

Si, assister aux obsèques en Martinique du poète qui fut le premier député-maire communiste de Fort-de-France, n’a pas fait reculer la droite, en revanche, le véritable hommage qui consisterait à régulariser la totalité des travailleurs sans papier est un pas que Sarkozy n’entend pas faire. Ce n’est pas non plus du gouvernement qu’on peut attendre des solutions pour sortir les pays les plus pauvres de la misère dans lesquels le capitalisme les enferme. Comme le chante Tryo : " Hey peuple d’occident, réveille toi, réveille toi, c’est pas Le Pen ou Pasqua qui supprimeront la dette de nos états. "

Des paroles qui ont bientôt 10 ans mais qui peuvent encore s’appliquer à cette droite décomplexée qui ne se soucie pas des drames humains qu’elle provoque par l’expulsion de milliers de personnes. Ces politiciens, aujourd’hui au gouvernement, refusent de mettre en œuvre des propositions concrètes telles que l’annulation préalable et sans conditions de la dette des pays pauvres.

Par leur idéologie privilégiant les profits à court terme des grandes puissances économiques, les défenseurs de l’économie de marché empêchent la mise en œuvre d’une organisation mondiale pour un commerce vraiment équitable rétribuant justement le travail de chacun et lui accordant les mêmes droits où qu’il vive dans le monde.

Dans un tel système, en rupture avec le capitalisme, ce n’est plus la misère qui chasserait les populations mais c’est la volonté de découvrir d’autres cultures ou d’autres contrées qui pousserait les gens à émigrer. Donner les moyens à chaque pays de se développer sur le mode qu’il choisit voilà un projet d’avenir qui éviterait que des employeurs peu scrupuleux puissent embaucher une main d’œuvre qui n’aurait d’autre choix que de se taire et d’accepter son sort.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N971

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