“Je veux que la République ait deux noms : qu’elle s’appelle Liberté, et qu’elle s’appelle chose publique.” Victor Hugo

Accueil > Archives > Aube > Romilly-sur-Seine > Vie de la ville > Conseil municipal du 19 décembre 2007

Conseil municipal du 19 décembre 2007

Acquisition de l’usine Jacquemard rue Colonel Fabien

lundi 7 janvier 2008 , 1405 : visites , par Joë Triché

Sur un dossier de cette importance qui engage de manière conséquente les finances de la ville, donc les contribuables romillons, je pense qu’il faut éviter toute précipitation.

Il y a en effet trop d’attentes au niveau de l’emploi dans la population et chez ceux qui en sont privés pour en faire un enjeu électoral à trois mois à peine des élections municipales. Que tout soit ficelé et annoncé dans la presse avant même que le Conseil municipal en débatte tend à confirmer que nous sommes bien dans une opération de “Com” électorale.

Qu’aujourd’hui on nous propose de pren-dre une décision à trois millions d’euros, financée de surcroît par un budget qui n’est pas voté (budget 2008) et qui sera mis en oeuvre par un autre Conseil municipal ne me paraît pas très sérieux. Il est donc indispensable d’obtenir avant toute décision toutes les garanties nécessaires de la part des collectivités territoriales susceptibles d’apporter leurs concours financiers et aussi de l’entreprise en terme de développement et d’emplois.

De telles garanties nous les avions obtenues en 1985 quand il s’est agi de réaliser la nouvelle usine “Aube chaussettes”. A cette époque, le groupe Jacquemard était en plein développement sur Romilly et sa situation financière était florissante. Il y avait donc peu de risques financiers pour notre ville.

La preuve ; l’opération a pu être conduite jusqu’à son terme sans aucun problème pour notre commune alors que le groupe Jacquemard comptait un effectif qui dépassait les 1 200 salariés. Malheureusement, aujourd’hui nous ne sommes plus du tout dans cette situation ; toute la production a été délocalisée et de ce fait l’effectif à Romilly est actuellement de 270 salariés. Au moment où nous sommes réunis, je ne suis pas certain que vous ayez toutes les garanties nécessaires nous permettant de prendre une décision avec le minimum de risques. Ainsi, mes deux premières questions s’adresseront au maire et à sa première adjointe qui semble avoir négocié cette affaire avec la direction du groupe Olympia pour des raisons visiblement électorales.

- 1) Avez-vous des engagements précis et écrits concernant les subventions que vous annoncez du Conseil régional et du Conseil général ?

- 2) Pourquoi ne pas avoir négocié seulement l’acquisition de la partie disponible permettant de réaliser la pépinière artisanale ?

Mes autres questions s’adresseront à la représentante du groupe Olympia. Ces questions je les lui pose en tant qu’élu soucieux de l’intérêt de notre ville et de ses habitants, soucieux de la bonne utilisation des fonds publics. Ces questions, je les lui pose parce que je suis bien obligé de constater que les engagements pris ces dernières années n’ont pas été tenus. A chaque plan dit “social” vous avez expliqué aux salariés, à l’Etat et aux collectivités territoriales auprès desquelles vous sollicitiez des fonds publics que les licenciements proposés étaient un mal nécessaire pour sauver le reste.

Aujourd’hui, nous voyons où nous en sommes. Plus aucune production à Romilly et la perte de près de 1000 emplois. Sans vouloir remonter trop loin dans le temps, je me souviens encore des déclarations de M Labouze dans la presse du 6 octobre 2005. Je cite “La plate-forme logistique, c’est une véritable aubaine stratégique pour l’entreprise”. Et la première adjointe du maire précisait trois semaines plus tard : “Gérard Labouze ne veut pas baisser les bras...”. Parlant de cette plate-forme logistique elle précisait “Cette nouvelle activité permettra la reconversion d’un grand nombre de salariés”. Aujourd’hui on est bien loin de ces annonces fracassantes de l’époque. Chacun connaît depuis ce qu’est devenu M Labouze ; Remercié !

Dans cette même période la première adjointe nous promettait aussi un déménagement de Cycleurope sur l’aérodrome en ayant ignoré la situation financière de ce groupe. Quel manque de sérieux. Après ces quelques rappels nécessaires, j’en viens maintenant à mes questions qui s’adressent à la représentante du groupe Olympia.

- 1) Pouvons-nous avoir des informations les plus précises sur la situation financière du groupe ?

- 2) Quel est le montant exact des investissements nécessaires à la diversification ?

- 3) Avez-vous recherché un acquéreur privé avant de vous tourner vers la ville de Romilly ?

- 4) Pourquoi ne pas vendre seulement la partie du site qui ne vous est plus nécessaire ?

- 5) Pouvez-vous nous garantir que la vente des locaux de la rue du Colonel Fabien n’a pas d’autres objectifs ? A savoir faire des provisions pour solder le dernier plan de licenciements ou pour financer des recours engagés par des salariés licenciés ?

- 6) Concernant votre projet de diversification, pouvez-vous nous assurer qu’en échange du rachat du site en question la production sera réalisée à Romilly ?

- 7) Si c’est le cas combien d’emplois cela va-t-il créer ?

- 8) Si ce n’est pas le cas quelle charge de travail nouvelle faut-il attendre ? Et combien d’emplois ?

- 9) Quelle garantie le groupe Olympia peut-il apporter à la ville sur un projet étalé financièrement sur douze ans ? La marque Olympia ne peut-elle pas servir de caution ?

A cet ensemble de questions précises, j’espère des réponses précises. Autrement je demande l’ajournement de ce dossier jusqu’à ce que nous ayons des garanties sérieuses et des réponses concrètes. Sans réponses à ces questions ou devant trop d’incertitudes et de risques financiers pour la ville je souhaite qu’elle ne négocie que l’acquisition nécessaire d’entreprises artisanales.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N954

Répondre à cet article

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

|