“Lorsqu’un homme assiste sans broncher à une injustice, les étoiles déraillent.” Bertolt Brecht

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  • DU VRAI DU BON THEATRE : L HOMME, LA BÊTE ET LA BÊTISE
  • dimanche 30 décembre 2007, par Jean Lefevre
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DU VRAI DU BON THEATRE : L HOMME, LA BÊTE ET LA BÊTISE

dimanche 30 décembre 2007 , 2135 : visites , par Jean Lefevre

La Compagnie Michel Humbert n’est pas morte. Elle vit dans la patte et l’esprit de son créateur pour qui textes et comédiens étaient tout le théâtre, ses ingrédients essentiels. ( [1])

On en voit défiler des pièces et des metteurs en scène qui s’efforcent de captiver leurs publics par des artifices, lumières, musiques, décors, chapeaux et pitreries diverses, mélanges des genres, macédoines des arts dans lesquels ne manque que le jambon à décrocher au mât de cocagne. Mais pourquoi pas...

Avec Michel Humbert, faire rire ou pleurer demandait moins de sophistiqué, plus de chic et moins de chiqué. Il suffisait d’un conte de Perrault, d’un texte de Diderot, de Voltaire, Condorcet ou Rousseau. Il suffisait de faire parler Louise Michel : « L’homme, quel qu’il soit, est le maître ; nous sommes l’être intermédiaire entre lui et la bête... » Il suffisait de faire parler les poètes, Verlaine, Dimey, Aragon... autant pour leur langage que pour bousculer le monde, la poésie étant à la fois chanson et protestation.

On n’a donc pas boudé son plaisir en courant voir « L’Homme, la bête et la bêtise » donné aux Noës et à Pont-Sainte-Marie cette semaine. Quelques animaux étaient mis en scène grâce au génie de La Fontaine, Perrault, Prévert, Baudelaire, Devos et...Michel Humbert. On a ri à satiété même quand le loup a mangé le Petit chaperon rouge, joué par une comédienne hors pair et comme on le comprend ! On n’a pas toujours bon cœur, mais le rire est une bouffée d’intelligence pure qui coupe le sifflet de la charité, grâce à la dopamine que nous distille la généreuse équipe de Jean-Michel Frémont ( [2]). Comme dans l’amour, le cœur n’a rien à expliquer. On rit. La raison est anesthésiée. Et c’est bon pour la santé. Mais on rit parce que c’est bien cousu, bien présenté, bien chanté par un trio d’humanoïdes galopant, miaulant et brayant à l’envi.

Le rire d’une salle, toutes générations confondues, fut un signal de soumission aux comédiens mais aussi à leurs héros fussent-ils des ânes.

P.-S.

supplément n°953

Notes

[1La Cie Michel Humbert cesse ses activités le 31 décembre, mais se perpétuera dans la Cie des Trois jumeaux dirigée par J.M. Frémont

[2Avec Clémence Desrozes et Guillaume Perrin.

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