" Le combat de la vie est toujours politique et par les temps qui courent, il est toujours necessaire. " Michel Piccoli

Accueil > Archives > Aube > Troyes > Vie de la ville > La Bourse (8è partie) - Extrait d’un discours de René Jourdheuille

La Bourse (8è partie) - Extrait d’un discours de René Jourdheuille

samedi 29 avril 2006 , 2175 : visites , par Jean Lefevre

Depuis que nous écrivons l’histoire de la Bourse, nous arrivent des contributions bien utiles. Voici une partie du discours que prononça le regretté René Jourdheuille à la journée Portes ouvertes du 15 juin 1985. La semaine prochaine c’est Bernard Clivot qui nous égrènera quelques souvenirs.

“ Chers amis et camarades, Le gros bâtiment de pierre friable, brisée par le froid, la pluie et ses plus de 100 ans d’existence est devenu depuis 1905 la Bourse du Travail de Troyes.

La pierre a été extraite du département comme d’ailleurs celle de nombreuses maisons et monuments de Troyes. Plusieurs régions du département ont été effectivement productrices de pierre de construction, telles les régions toutes proches de Bar-sur-Aube, des Riceys, etc. Ce bâtiment fut construit en 1836 et fut occupé pour la première fois par les fabricants en textile dès le 3 février 1837. Seule la partie basse semble avoir été utilisée comme hall par la bonneterie 2 fois par semaine, le vendredi et le samedi.

La place, appelée maintenant Jean Jaurès était à son origine Place la Bonneterie. En son plein milieu, trônait un monument appelé Monument des Bienfaiteurs. La statue placée au-dessus de ce monument donnait une allure élancée à celui-ci. Cette statue fut désoclée et prise par l’occupant allemand dans les années 1940. Depuis la Libération, le monument, privé de sa statue, a été détruit ainsi que de nombreux arbres qui l’entouraient. C’est la municipalité Terre qui l’a fait enlever. Par contre, un arbre de la Liberté a été planté. Il demeure toujours. ( [1]) Victor Hugo, lors d’une de ses visites à Troyes en 1830, devait dire au sujet du bâtiment devenu Bourse depuis :"une grande vilaine halle au blé, toute blanche, dans le chétif goût officiel d’à présent". Victor Hugo venait parfois à Troyes, dont une fois pour enquêter sur la mort d’un de ses amis tombé à la Révolution de 1848. Pour en revenir à la Bourse du Travail, la marque la plus évidente sur son affectation initiale ce sont les anneaux devant et derrière la bâtiment qui servaient à attacher les chevaux et leur attelage. Les bonnetiers livraient là leur travail. Les premiers métiers sont apparus à Arcis-sur-Aube, département qui demeure, malgré les temps, capitale de la bonneterie même si malheureusement les patrons, de plus en plus, installent des entreprises dans d’autres départements et, ce qui est plus grave, à l’étranger pour réaliser des profits plus importants. Deuxième caractéristique dans la conception de ce bâtiment, ce sont ses énormes piliers qui séparaient une case d’une autre. Un comptoir était placé entre les piliers et les articles étaient déballés dans les carrés qui constituaient chaque case. C’est ainsi que se présentait la halle textile. À l’évidence, ce bâtiment n’était pas destiné à devenir Bourse.

Victor Hugo, déjà très critique à l’époque sur l’usage initial de ce bâtiment, serait sans doute plus sévère aujourd’hui s’il pouvait donner son point de vue. La Bourse du Travail, depuis 90 ans, n’a jamais connu de véritable transformation et, comme chacun peut le constater, elle est laide. Froide l’hiver, tiède l’été, mais combien de fois a-t-elle connu, quelles que soient les saisons, de grandes " chaleurs " lors de manifestations qui ne pouvaient être contenues dans le seul bâtiment de la Bourse, la salle du haut -Jean Jaurès- étant pleine à craquer, les escaliers remplis de grappes humaines, le Hall bourré de manifestants, la place Jean Jaurès souvent noire de monde et débordante ”.

P.-S.

René Jourdheuille

La Dépêche de l’Aube N866

Notes

[1Lui aussi est passé à la trappe l’an dernier. (2005)

Répondre à cet article

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

|