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Nouvelle version du traité européen

La forfaiture

jeudi 25 octobre 2007 , 2103 : visites , par LDA

Copie conforme de la constitution rejetée par les Français, un “mini traité” vient d’être adopté par les chefs d’Etat et de gouvernement, réunis à Lisbonne.

Sarkozy refuse l’idée d’une nouvelle consultation populaire.

Ainsi, tout serait rentré dans l’ordre. Les peuples européens n’ont plus voix au chapitre quand il s’agit de construire l’avenir de l’Europe. Soupirs de soulagement, sourires entendus, les chefs d’État et de gouvernement réunis à Lisbonne ont levé leur verre au succès de leur imposture. Tout doit être bouclé pour le 13 décembre et ratifié dans la foulée par les vingt-sept pays membres. Le tour de passe-passe avait été imaginé par Nicolas Sarkozy pour tenter d’effacer le vote de ses propres concitoyens lors du référendum du 29 mai 2005 rejetant le projet de constitution européenne. Et déjà une première question se pose. Comment qualifier l’action d’un chef d’État qui, non seulement ne défend pas dans les instances concernées le choix de son pays, mais qui, au contraire, à peine élu, fait la tournée des capitales européennes pour inviter ses pairs à soutenir un stratagème contre une décision du peuple souverain ? Une forfaiture. Le piège est grossier. Puisque les Français et les Néerlandais ont voté contre la constitution, gommons le mot « constitution » et empêchons-les de voter. On se demande pourquoi personne n’y avait songé plus tôt. Peut-être un reste d’honnêteté politique... On n’en est visiblement plus là aujourd’hui. D’une certaine façon, oui, depuis un triste soir de mai, tout devient possible.

Giscard : “ les outils proposés sont intacts “

Chacun en convient, pour le dénoncer ou s’en féliciter, le traité « simplifié » n’est qu’une esbroufe. 98 % de la constitution y est recyclé et 2 % de symboles enlevés. Il n’est pas simplifié, puisque le texte finalisé dans la capitale portugaise ajoute les règles de fonctionnement prévues par le projet Giscard à la somme des traités antérieurs. D’ailleurs, expert en libéralisme et père de cette constitution rejetée par les Français, Valéry Giscard d’Estaing y retrouve son enfant. « Les outils proposés sont intacts », se réjouit l’ancien président. « La concurrence libre et non faussée figure toujours dans le projet, et la primauté du droit européen sur le droit national est confirmée. » L’essentiel, c’est l’ancrage de la construction européenne dans le moule libéral, et cela vaut bien le sacrifice d’un drapeau et d’un hymne.

Les réformes institutionnelles (présidence de l’Union, composition de la Commission, affaires extérieures, rôle du Parlement européen, double majorité) ne traduisent aucun changement notable. La toute puissance de la BCE, l’impossibilité de toute harmonisation qui permettrait de s’opposer au dumping social et fiscal, la priorité accordée aux libéralisations des services publics (énergie, transports, poste, etc.) sont autant de causes à l’origine du vote des Français et qui demeurent des obstacles à la construction d’une Europe sociale.

Nicolas Sarkozy se targuait, en conclusion du Conseil européen, d’avoir mis fin au « blocage de l’Europe ». En réaffirmant son refus de recourir à un référendum sur ce nouveau traité, il contribue à accroître le divorce entre les citoyens et la politique européenne.

Le déni de démocratie faisait donc partie du deal... Il aggrave la crise de confiance. Peut-être sans se rendre compte de l’énormité de ses propos, le président de la République a justifié sa position par sa promesse faite aux autres dirigeants européens de faire avaliser le traité par voie parlementaire. L’UMP chargée de piétiner le vote du peuple. Le déni de démocratie faisait donc partie du deal...

Et c’est précisément cela qui est inacceptable pour quiconque croit en la souveraineté du peuple. Et qui dépasse largement les controverses entre les citoyens qui ont voté oui ou ceux qui ont voté non le 29 mai 2005, quelle que soit leur opinion sur ce nouveau traité, « un texte à ne pas mettre entre toutes les mains », a même osé le président de la République. Il y a deux ans, le peuple a montré qu’il savait lire un texte. D’aucuns à Paris comme à Bruxelles lui en ont gardé rancune. Au point de prétendre, aujourd’hui, lui refuser la parole. L’exigence d’un référendum est donc un devoir démocratique.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N944

2 Messages

  • Sur le fond , vous n’avez pas tort mais attention à la forme N’oubliez pas que Joé Triché aura besoin des voix socialistes pour être élu,on ne peut pas en même temps se féliciter d’avoir des socialistes avec soi pour les municipales tout en les traitant quelque part de sociaux traitres......cette contradiction sera exploitée par vos adversaires qui mettront bien en évidence qu’au fond vous n’avez guère changé.........

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    • Si changer, c’est dire le contraire de ce que l’on a dit la veille, alors il faut pas que les communistes changent. Au moins eux ils ont qu’une parole et respectent les valeurs de la gauche ! Sécotine

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