“Ils n’ont pas senti la souffrance : ils ont créé le chaos, ils ont laissé tout rafler à ceux qui étaient les plus forts économiquement. Antonio GRAMSCI.

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Est-ce que casser les conquêtes sociales issues de la résistance c’est être digne de Guy Môquet ?

jeudi 25 octobre 2007 , 2631 : visites

Lundi 22 octobre, la dernière lettre de Guy Môquet avant son exécution par les nazis a été lue dans toutes les classes des lycées et collèges de France

Au-delà du problème lié à l’intrusion du politique dans le champ pédagogique, les communistes n’acceptent pas la tentative de détournement du sacrifice de Guy Môquet par le gouvernement. Comme partout en France la fédération de l’Aube a réagi à cette nouvelle mise en scène de Sarkozy. Les militants communistes étaient présents lundi 22 octobre au matin devant la plupart des lycée aubois, une campagne d’affichage a été organisée, la section de Romilly a organisé une soirée "3 h avec Guy Môquet" avec la participation de G. Streiff journaliste, historien. Une conférence de presse dont nous publions le contenu ci-après a été organisée afin de rappeler le sens du combat de ce jeune résistant communiste. Y participait : JP Cornevin, F. Cheikh et F. Ballanfat membres de l’exécutif départemental du PCF ainsi que Jean Lefèvre le directeur de La Dépêche de l’Aube.

"Le combat de Guy Môquet ne se résume pas à sa mort, à ses adieux à sa famille. Avec cette véritable mise en scène, il y a une volonté de ne faire de ce jeune homme qu’un jeune résistant, qu’une figure patriotique donnant sa vie à la France en occultant complètement la spécificité de son combat : le caractère communiste de son engagement. Car Guy Môquet fut fusillé en premier lieu parce qu’il était communiste. Mais comment s’étonner de cela lorsque cette opération de récupération est décidée par un homme comme Sarkozy dont le programme foule aux pieds les grandes conquêtes sociales de la Libération directement issues du programme du Conseil national de la Résistance et les idéaux pour lesquels combattaient Guy Môquet et les 26 qui ont été fusillés avec lui à Châteaubriant.

C’est bien en sa qualité de jeune communiste, fils de député du PCF que Guy Môquet est désigné par les autorités de Vichy pour servir d’otages aux forces d’occupations allemandes.

Lui et ses 26 camarades n’ont pas été choisis par hasard et pas par n’importe qui.

Ils furent choisis par Pierre Pucheu ministre de l’Intérieur de Pétain qui en 1936, fut de ceux qui crièrent "mieux vaut Hitler que le Front Populaire". Il était aussi le fondateur du cartel international de l’acier, et l’un des plus éminents représentants de ce qu’on appelait alors le Comité des Forges l’ancêtre de L’uimm de Gauthier Savagnac qui s’illustre aujourd’hui. Il était bien sûr aussi le représentant de cette bourgeoisie qui, après le triomphe d’Hitler, entend prendre sa revanche sur le Front populaire.

D’ailleurs il suffit de regarder la liste des 27 pour constater le choix politique : Charles Michels, secrétaire général des cuirs et peaux CGT ; Jean Pierre Timbaud l’un des négociateurs des accords de Matignon de 1936, dirigeant de la CGT métallurgie ; Jean Poulmarch, dirigeant du syndicat des produits chimiques CGT ; Jules Vercruysses, dirigeant du textile CGT ; Désiré Granet dirigeant du papier carton CGT ; Jean Grandel secrétaire de la fédération postale CGT et avec eux des professeurs, des étudiants, des ouvriers presque tous des communistes.

La volonté du président de la république de nier le caractère communiste de l’engagement de Guy Môquet ne peut que nous révolter. Il nous révolte parce qu’il insulte un passé douloureux mais aussi parce qu’il insulte le présent. Car le combat de Guy Môquet se poursuit aujourd’hui.

Avant d’être emmené, Guy Môquet écrira sur les planches de la baraque où il est enfermé : "vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir ".

Est-ce que soumettre des hommes et des femmes candidats au regroupement familial à des tests ADN, c’est être digne de Guy Môquet et de ses camarades ?

Est-ce qu’organiser la traque de sans-papiers, c’est être digne de Guy Môquet et de ses camarades ?

Est-ce que remettre en cause les avancées sociales du Conseil National de la Résistance comme le droit à l’énergie ou le droit à la santé avec la Sécurité sociale, c’est être digne de Guy Môquet et de ses camarades ?

En ce lendemain de manifestation pour la défense de la retraite par répartition, rappelons-nous que le droit à la retraite figurait dans le programme du Conseil National de la Résistance. C’est la République sociale mise en œuvre à la Libération issue du programme du CNR que la droite s’acharne à détruire aujourd’hui. C’est d’ailleurs l’ancien numéro 2 du Medef qui le dit dans le magazine Challenges : il s’agit aujourd’hui, écrit-il, de sortir de 1945 et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! On ne saurait être plus clair ! La Résistance n’est pas une belle image que l’on peut honorer tout en trahissant son message.

Les idéaux de Guy Môquet ne sont pas morts avec lui, les nécessités de combattre les injustices non plus. Nous ne nous résignons pas à ce monde où l’on pourchasse l’étranger, où l’on met en concurrence les salariés entre eux, où l’on brade les servi-ces publics, où l’on fait des cadeaux fiscaux aux plus riches. Nous mettons nos pas dans ceux de Guy Môquet pour inventer un monde meilleur, un monde de justice et de paix. "

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N944

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