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LE RAS-LE-BOL DES ENSEIGNANTS-ES

Aube - Éducation Nationale

vendredi 19 février 2021 , 194 : visites , par LDA

Laurence Corpel, secrétaire départementale de la CGT Éduc-Action répond aux questions de La Dépêche de l’Aube sur la situation actuelle dans l’Éducation Nationale.

LDA : Le ras-le-bol des enseignant-es et de leurs syndicats reflète le profond malaise qui règne dans l’Éducation Nationale, peux-tu nous en dire les grandes lignes ?

Laurence Corpel : De nombreux personnels sont en proie à un profond mal-être professionnel : c’est le sens même de nos missions qui est remis en question, c’est quelque chose de violent, comme en a témoigné la forte mobilisation contre la réforme du lycée et de la voie professionnelle l’année dernière. Mais Blanquer est passé en force. Pour des raisons économiques et idéologiques, tout est mis en oeuvre pour soumettre les profs afin qu’ils deviennent des acteurs du tri social avant l’accès à l’enseignement supérieur. Les mêmes vieilles recettes réactionnaires font leur retour en laissant croire que l’apprentissage est la panacée pour les élèves de la voie pro et que l’on peut jouer son bac à la carte sans Math pour les élèves de la voie générale. Nombreux sont les élèves de Terminale sur Parcoursup en ce moment à réaliser qu’ils ont été trompés et que cette réforme est profondément sélective et réductrice pour le plus grand nombre.

En plus de ces conflits éthiques destructeurs, le mépris répété du ministre affecte les personnels. Des 12.50 euros de miettes accordées à 2/3 des personnels en guise de revalorisation alors qu’on a perdu plus de 20% de pouvoir d’achat en 10 ans, aux injonctions contradictoires et mensonges sur les chiffres des cas positifs, les personnels ont bien compris que l’objectif était de les diviser et maintenir les établissements ouverts « quoi qu’il en coûte » pour des raisons économiques et aux dépens de la santé de tous. Alors que le manque de remplaçants est criant, la carte scolaire départementale avec le retrait de 8 postes dans le premier degré pour une moyenne de 2 élèves en moins par classe est la triste illustration du sacrifice assumé d’une génération qui a urgemment besoin de classes à taille humaine pour ne pas perdre pied dans cette période. Dans les collèges la situation est tout aussi scandaleuse avec encore des classes à 30

LDA : Les politiques libérales ont depuis des dizaines d’années mis à mal l’Education Nationale. La crise sanitaire n’agit-elle pas comme un révélateur et ne montre-t-elle pas l’urgence de défendre ce service public ?

Laurence Corpel : Loin de le freiner le Ministère de l’Éducation Nationale voit une aubaine dans la crise que nous traversons pour imposer sa « révolution des ressources humaines et du métier d’enseignant ». Parallèlement à la disparition des CAPA, la mise au ban des représentants des personnels est encore accélérée par la distanciation et c’est maintenant l’omerta qui prévaut dans le suivi de l’évolution de carrières et de mobilité des personnels. Par ailleurs, le Grenelle de l’Éducation vient d’accoucher de propositions qui reproduisent exactement les conceptions libérales du ministre. Rémunération au mérite et fin de l’avancement à l’ancienneté, contractualisation d’établissements autonomes, statut de directeurs d’école, chefs d’établissements managers, évaluation permanente des personnels et des élèves, les propositions du Grenelle promettent d’acter la privatisation de l’Éducation et là de la livrer à l’appétit féroce des rapaces du numérique éducatif et de l’Intelligence Artificielle.

Alors oui, l’heure est au rassemblement des personnels et des parents pour la défense d’un service public d’éducation ambitieux et émancipateur pour leurs enfants. Plusieurs écoles et collèges ont ouvert la voie, Il nous faut vite amplifier le mouvement pour imposer d’autres choix.

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