Honte à celui à qui sa limite suffit. Heureux celui qui se jette au bout de lui-même » Louis Aragon

L'Humeur
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  • 29 janvier 2021,
    par Gisèle Malaval
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RACHAT DE SOUFFLET : VIGILANCE POUR L’EMPLOI

Aube - Emploi

vendredi 29 janvier 2021 , 234 : visites , par Joë Triché

L’annonce a fait l’effet d’une bombe dans le département et dans le monde agricole. Personne ne s’y attendait alors que des discussions étaient en cours depuis deux ans comme l’a indiqué J-M Soufflet dans la presse du 19 janvier dernier. Mais pour faire diversion il déclarait en octobre 2020 : « Bien sûr qu’on va investir en France  ».

Le groupe Soufflet en quelques chiffres Implanté dans 19 pays à travers le monde il compte 6800 salariés environ ; 4800 en France dont 1000 dans notre département. Son siège social est installé à Nogent sur Seine. En 2020 il a réalisé un chiffre d’affaire avoisinant les 5 milliards d’euros. Avec ce rachat le groupe InVivo va doubler son volume : 10 milliards de chiffres d’affaire, et 12500 salariés.

Des discours rassurants et après ?

Comme à chaque fois dans ce genre d’opération guidée, ne l’oublions pas, par la recherche de la rentabilité et du profit ; «  la profitabilité est meilleure à l’étranger qu’en France  » J-M Soufflet dans la presse auboise du 22 octobre 2020 ; tout est fait pour rassurer les salariés légitimement inquiets. Au regard de ce qui se passe bien souvent, les salariés deviennent la variable d’ajustement.

Combien de fois avons-nous vu que les engagements pris au moment d’un rachat ou d’une fusion-acquisition étaient très vite reniés par ceux qui les avaient promis. Car pour accroître la profitabilité, comme ils disent, la baisse de la masse salariale est le premier critère retenu par les patrons pour accroître les profits. Dans ce cas précis ne va-t-on pas assister à une restructuration dans le but de supprimer les doublons au niveau des postes de travail, donc des emplois ?

Et comme cette opération rachat doit faire l’objet d’autorisations préalables des autorités compétentes en matière de contrôle des concentrations, il est impératif d’obtenir de vraies garanties en matière de maintien des emplois. L’état, donc le gouvernement et les décideurs régionaux et départementaux doivent peser et ne pas laisser faire au prétexte que c’est une affaire privée. Ils en ont les moyens, car Soufflet comme InVivo ont bénéficié de fonds publics importants ; subventions, baisse de cotisations sociales, crédits impôts / recherche ainsi que pour l’innovation. D’ailleurs des discussions ont bien eu lieu avec Bruno Le Maire le Ministre de l’économie et des finances. Interrogé sur cette question de l’emploi, J-M Soufflet a ouvert le parapluie en indiquant le 19 janvier : «  je ne peux pas me prononcer pour eux  ». Une vigilance active est donc nécessaire car il serait imprudent de laisser ces chefs d’entreprises régler leurs affaires dans le dos des salariés.

À propos du montant de la transaction : « ça ne regarde personne » a dit J-M Soufflet et pourtant …

Quand il s’agit de gros sous entre capitalistes c’est top secret, pas question de transparence. Pourtant certains journalistes ont annoncé la somme de 1 voire 2 milliards d’euros. Peu importe car ce qui est sûr c’est que ce sera beaucoup, beaucoup d’argent qui va aller grossir la fortune de la famille Soufflet alors que cette richesse considérable est le produit du travail des 6800 salariés du groupe.

Cette situation concrète, proche de nous est le révélateur de la plus grande injustice née du système capitaliste : faire main basse pour quelques-uns sur toute la richesse issue du travail des salariés, de l’ouvrier au cadre. Cette richesse ne devrait pourtant appartenir qu’à celles et ceux qui la produisent, et, mise au service de l’intérêt général afin de répondre aux besoins humains et environnementaux, elle permettrait de résoudre bien des problèmes qui nécessitent d’énormes financements.

Reprendre le pouvoir sur le travail, sur la création de richesses et sur leurs répartitions devient l’enjeu majeur pour construire une société mettant fin à ce capitalisme prédateur.

Au PCF nous l’appelons communisme, d’autres l’appellent autrement. L’essentiel est l’objectif : mettre fin à toute exploitation et domination.

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