Honte à celui à qui sa limite suffit. Heureux celui qui se jette au bout de lui-même » Louis Aragon

L'Humeur
  • QUESTIONS
  • 29 janvier 2021,
    par Gisèle Malaval
  • On s’en pose des questions. On fait son petit philosophe. Qu’est-ce qu’on va devenir ? On n’a pas de réponse. La pandémie ? On cherche comme l’ami Guy dans les livres sérieux. Les pestes passées vont-elles nous révéler quelque chose de la nature humaine (...)

  • Lire la suite
Accueil > l’hebdo > 2021 > JANVIER 2021 > N° 1636 > McDonald’s se goinfre d’argent public en France

McDonald’s se goinfre d’argent public en France

Entreprise - Argent public

vendredi 29 janvier 2021 , 241 : visites , par LDA

Alors que de nombreux restaurateurs sont réellement en difficulté, le géant du fast-food, profite copieusement des dispositifs de crise, tout en versant des milliards de dividendes. Le tout, au mépris des employés et de leurs conditions de travail, selon un rapport du réseau ReAct (Réseaux pour l’action collective transnationale). Un scandale qui illustre le très actuel débat sur la conditionnalité des aides publiques.

Au monde merveilleux de McDonald’s, derrière le double cheese et le royal bacon, il n’y a pas que les consommateurs qui s’engraissent et font du gras. Les actionnaires aussi. Et pas n’importe comment. Les conclusions d’un rapport de l’ONG ReAct donnent des frissons de machiavélisme capitalistique. En France, les pratiques du roi du fast-food confinent, en effet, au génie de l’optimisation de toutes les aides possibles et imaginables, sans parler de l’accaparement des subventions publiques, art dans lequel McDo est passé maître-étalon !

Plus de 2,3 milliards d’euros de bénéfice entre 2011 et 2019…

Dans le détail, ReAct nous apprend que le géant bénéficie depuis des années d’une réduction générale des cotisations sociales patronales dite « réduction Fillon » pour les bas salaires et, bien sûr, du trop fameux Cice, dans des proportions si impressionnantes que McDo a « économisé » entre 290 et 400 millions d’euros sur six ans, l’équivalent de 200 000 à 300 000 euros par restaurant.

À quoi a servi cette manne financière ? À augmenter les salaires ? À améliorer les conditions de travail des salariés, sachant que 80 % sont à temps partiel ? Non, juste à baisser le « coût du travail » et à gonfler les bénéfices : plus de 2,3 milliards d’euros entre 2011 et 2019…

Et qui en profite ? Les actionnaires, pardi !

Adossé à toutes ces aides, jamais McDonald’s France ne s’est si bien porté. Rappelons que l’enseigne emploie plus de 75 000 salariés dans l’Hexagone, dans près de 1 500 restaurants, soit le deuxième marché mondial en matière de chiffre d’affaires derrière les États-Unis. Et qui en profite ? Les actionnaires, pardi !

En 2020, le groupe leur a reversé 3,8 milliards d’euros. Vertigineux. À deux détails près. Dans notre pays, non seulement la loi interdit d’utiliser le Cice pour augmenter la distribution de dividendes – l’entreprise refuse de donner le détail de ses comptes sur ce plan-là – mais, de plus, elle s’était engagée à créer 20 000 nouveaux emplois entre 2011 et 2019. À ce jour, moins de 10 000 ont été réalisés. Vous avez dit crise ?

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

|