Le respect pour la dignité humaine ne se mérite pas, il est une donnée préalable."

Tzvetan Todorov Linguiste

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La Bourse (7è partie)

samedi 22 avril 2006 , 1831 : visites , par Jean Lefevre

Depuis un mois et demi nous faisons paraître des éléments de réflexion sur la Bourse du Travail.

Cela nous semble nécessaire du fait que la municipalité troyenne veut changer l’affectation de ce bâtiment. Il est vrai que son état assez lamentable fait tache dans une ville qui mise beaucoup sur le tourisme et le commerce . Mais qui en est responsable ? Les locataires de l’immeuble (syndicats, associations) ne se sont pas fait faute de réclamer à la mairie la rénovation du bâtiment, jamais accordée depuis des décennies.

Le maire souhaite donc moderniser le lieu et son environnement pour en faire une " locomotive commerciale ". Il a confié la gestion de cette transformation au groupe privé Altaréa qui n’a que la rentabilité comme seul souci. Le premier objectif des Bourses du travail était de faire pièce aux Bourses capitalistes, celles du fric. Transformer celle de Troyes en temple du commerce peut apparaître comme un recul et une défaite, d’où l’exigence de certains militants de se battre pour garder la Bourse comme lieu syndical. Mais ils se battront avec plus d’efficacité, je pense, s’ils obtiennent un lieu adapté, moderne, rationnel.

On peut comprendre qu’une municipalité aménage son centre ville pour le rendre plus attractif. Mais plusieurs problèmes se posent de façon cruciale. Il faut d’abord reloger les syndicats et organisations dans de bonnes conditions. Il faut ensuite faire un travail, non pas de deuil, mais de mémoire sur le lieu même où pendant plus de cent ans les luttes ouvrières se sont organisées. De plus, la Bourse a été un haut lieu culturel, sportif, politique, associatif qui a connu d’innombrables évènements, qui ont marqué l’histoire de la cité. Cette affaire avait mal commencé après l’article de Press’Troyes qui indiquait que le passage entre la place Jean Jaurès et le Bd V.Hugo (qui passera dans la Bourse) s’appellerait passage Saint-Antoine. Drôle de façon d’honorer le lieu. C’était plutôt un mépris de l’histoire et de l’intelligence.

Mais ce travail de mémoire aura lieu quand même car le maire a écouté les réclamations de la CGT et des autres syndicats relayées par la Conseillère communiste Anna Zajac. Il a sans doute aussi mesuré à la ferveur de nos articles que beaucoup de gens ne veulent pas que cette histoire disparaisse. Il a donc décidé de créer un Comité de pilotage destiné à écouter tous ceux qui veulent honorer ce lieu de la mémoire collective . Car la mémoire c’est la vie. Elle permet d’alimenter le futur. Espérons qu’il en sortira des décisions dignes de ce passé illustre.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N865

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