« Dans un état bien ordonné, la liberté de la presse doit être illimitée pour les écrivains qui surveillent les fonctionnaires publics. » Marat

L'Humeur
  • VIRUS
  • 13 novembre 2020,
    par Gisèle Malaval
  • On ne pourra sans doute pas empêcher l’arrivée inopinée d’autres virus, et de nombreux scientifiques évoquent l’arrivée probable de virus plus agressifs encore. On sait aussi qu’en dehors de l’âge le Covid peut être mortel s’il se combine à d’autres (...)

  • Lire la suite
Accueil > l’hebdo > 2020 > NOVEMBRE 2020 > N°1625 > LA RÉALITE DES CHIFFRES DU CAPILAISME VERT

LA RÉALITE DES CHIFFRES DU CAPILAISME VERT

Écologie

vendredi 13 novembre 2020 , 153 : visites , par LDA

Sans mécanisme contraignant ni contrepartie, les entreprises du CAC 40 font le service minimum pour réduire leur empreinte environnementale. Celle-ci a même augmenté, selon l’Observatoire des multinationales, qui pointe 20 firmes françaises.

Ce sont les corona-profiteur du CAC 40 , qui se frottent les mains.

L’impact environnemental des entreprises du CAC 40 pèse lourd. 5 % Seulement un tiers du CAC 40 a produit moins de déchets en 2019 qu’en des émissions mondiales de gaz à effet de serre et 707 millions de tonnes 2017.

À partir des bilans publiés par les entreprises, l’Observatoire des multinationales a mis en évidence dans le chapitre III de son rapport « CAC 40 : le véritable bilan annuel  » que leur empreinte nocive sur la planète et ses ressources ne cesse de s’alourdir. Particulièrement chez 20 firmes, dont Dassault Systèmes, Total, Vivendi, Unibail, ArcelorMittal, Danone, LVMH et PSA. Total, qui représente à lui seul près de 30 % des émissions du CAC 40, a augmenté de 3,3 % ses émissions de CO2 de 2017 à 2019. Chez PSA, les émissions ont carrément doublé sur cette période (+ 50,9 %) et chez Danone elles sont en hausse de 29,8 %. L’impact environnemental des multinationales du CAC 40 se mesure aussi au poids des déchets que leurs activités génèrent et au volume d’eau qu’elles consomment, souvent du reste dans leurs unités de production délocalisées dans les pays en développement.

Carrefour a généré en 2019 près de 700 millions de tonnes de déchets Trente-trois groupes (moins quatre groupes qui n’ont pas donné de chiffres, dont Bouygues et ArcelorMittal) ont produit en 2019 plus de 700 millions de tonnes de déchets. Soit 68 000 fois le poids de la tour Eiffel, indique le rapport de l’Observatoire des multinationales. La part de la grande distribution dans cette pollution est éloquente. Carrefour représente plus de 98 % de ces déchets (696 millions de tonnes). Les entreprises dont les déchets augmentent le plus sont Danone, EssilorLuxottica, Teleperformance, Unibail et Kering.

Seulement un tiers du CAC 40 a produit moins de déchets en 2019 qu’en 2017. La consommation globale d’eau s’élève chez les mêmes 33 groupes à 750 millions de mètres cubes, l’équivalent de 300 000 piscines olympiques. Si Total et l’Oréal demeurent les plus gros consommateurs d’eau, d’importantes hausses de cette consommation ont été observées sur la même période 2017-2019 chez Capgemini, LVMH, Unibail et PSA.

Toujours pas de mécanismes contraignants

Ces chiffres viennent confirmer que les seuls engagements volontaires ne suffisent pas, indique le bilan de l’Observatoire des multinationales. «  Loin des discours et des ambitions affichées, c’est la logique financière du profit qui prime. Les entreprises n’iront jamais plus loin, elles feront le minimum. Il y a vraiment besoin d’une intervention publique et de mécanismes contraignants » , souligne Olivier Petitjean, coordinateur de l’observatoire.

Cette intervention publique était très attendue et fortement demandée, notamment par les syndicats et les ONG de défense de l’environnement dans le cadre des aides dite Covid. Des aides massives débloquées pour aider l’économie à faire face à la crise sanitaire.

Mais là encore, le gouvernement d’Emmanuel Macron n’a pas saisi l’opportunité. Et ce sont les« corona-profiteurs du CAC 40 » , comme les appelle l’Observatoire des multinationales, qui se frottent les mains. Ils reversent même leurs dividendes ! Dans le cadre du plan de relance, ces aides ont été accordées à des secteurs fortement émetteurs de pollution, sans contrepartie sociala, fiscale ou environnementale .« C’était l’occasion sans contrepartie sociale, fiscale ou environnementale. de remettre en cause les dogmes du marché et de la compétitivité face à la double urgence écologique et sanitaire, et d’amorcer la vraie transition dont on a besoin   », déplore Olivier Petitjean. Encore une fois, en matière de défense du climat, le gouvernement a raté le coche.

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

|