« Dans un état bien ordonné, la liberté de la presse doit être illimitée pour les écrivains qui surveillent les fonctionnaires publics. » Marat

L'Humeur
  • LA LEÇON DE JAURÈS
  • 6 novembre 2020
  • On a raison de défendre la laïcité si ça ne consiste pas à mettre la neutralité à la place. Samuel Paty était un vrai laïque lorsqu’il défendait la liberté de conscience qui est le droit d’avoir une opinion, le droit de croire ou de ne pas croire. Le droit (...)

  • Lire la suite
Ecoutez-voir
  • CONFINEMENT GÉNÉRAL DU CAPITAL !
  • 6 novembre 2020
  • Voilà, ça y est. Reconfinés. Alors que la science alertait en pleine canicule que ça allait taper dur, que la Covid rissolait plus vite que les (...)

  • Lire la suite
Accueil > l’hebdo > 2020 > NOVEMBRE 2020 > N° 1624 > LA FRANCE COUPÉE EN DEUX

LA FRANCE COUPÉE EN DEUX

CULTURE

vendredi 6 novembre 2020 , 156 : visites

Joli travail de la Cie Musagète sur l’affaire Dreyfus, celle qui révolutionna la France, la coupant effectivement en deux, entre 1994 et 1906. Il fallait avoir écouté quelques jours avant l’historien Charles Silvestre invité par l’Upopaube, pour comprendre toute la complexité des enjeux dans cette énorme erreur judiciaire, d’autant plus effarante qu’elle eut le soutien de l’opinion publique, une opinion, il est vrai, quelque peu chauffée à blanc par l’antisémitisme ambiant et la haine du boche. Déjà ! Même Jaurès ou Clémenceau croient alors à la trahison de l’officier juif Alfred Dreyfus.

Il aura fallu la sagacité d’un lieutenant-colonel, Georges Picquart, puis la plume vengeresse d’Émile Zola, pour que l’affaire rebondisse. Mais ce fut dans une atmosphère de chasse aux sorcières et pire encore par la forfaiture de l’état et de l’armée, liguées pour déshonorer un officier juif.

Le but de la Cie Musagète était d’inventer un spectacle donnant à entendre les grandes voix dreyfusardes de l’époque, celles de Jaurès, Zola, Proust, Péguy, Clémenceau et bien entendu celle d’Anatole France. Plus, quelques affreux antidreyfusards, mais il vaut mieux oublier leurs noms. Cette fresque mi-figue mi-raisin, inventée par Emmanuelle Touly, a été agencée pour la scène du théâtre Gérard-Philipe par Marie-Hélène Aïn. Il fallait faire vivre ensemble la littérature et la chanson populaire, celle du très réac Botrel et celle du Bruant des Canuts. Ma foi, on prend tout, on ne jette rien. D’autant qu’il y avait le vrai talent du comédien François Cancelli sachant lancer le texte à la face du public, celui d’Emmanuelle Touly, comédienne en devenir et violoniste accomplie au son splendide. On l’a entendue dans La sonate en La maj. de César Franck que Fabien Packo accompagnait à l’accordéon. Du travail artistiquement harmonisé (par Fabien) qui montre aussi que l’accordéon est un instrument aux impressionnantes possibilités

Le public charmé a longuement applaudi. On était revenu à la Belle Époque qui ne fut ainsi appelée que pour quelques uns.

Jean LEFEVRE

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

|