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TAG IGNOBLE AU SIÈGE DU PCF

vendredi 30 octobre 2020 , 168 : visites , par LDA

Sur le dôme blanc du siège national du PCF, l’insulte est inscrite en rouge : “Collabo !!”. Le week-end dernier, le bâtiment situé place du Colonel-Fabien, à Paris, a été vandalisé.

« C’est une attaque faite à tous les communistes d’hier et d’aujourd’hui. Le PCF a payé un lourd tribut dans son combat contre le nazisme et pour restaurer la République. Ses militants ont été pourchassés, arrêtés, déportés et fusillés. Encore aujourd’hui, les descendants des nazis et des collabos s’en prennent aux descendants des résistants », a réagi le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel. Cette abjecte provocation a suscité une vague d’émotion et d’indignation à gauche, de très nombreuses personnalités dénonçant ce tag ignoble. « Les digues sautent et l’immonde se déverse. Nous sombrons dans la folie orwellienne : “la guerre, c’est la paix” et “les communistes sont des collabos”. Total soutien au PCF et à son esprit de résistance  », a ainsi déclaré la députée FI Clémentine Autain. «  Soutien au PCF et à tous ses militants face à ceux qui souillent leur histoire de résistance  », abonde la présidente du groupe PS à l’Assemblée, Valérie Rabault, quand l’élu de Génération.s, Régis Juanico, se joint au nécessaire rappel des faits historiques : « C’est le Parti des Fusillés, celui qui a payé par le prix du sang son engagement pour la liberté pendant la Seconde Guerre mondiale. Nous devons tous condamner unanimement et avec force ces propos odieux.  »

“L’empreinte de l’extrême droite”

Le PCF a bien évidemment porté plainte, et la police examine les images issues des caméras de vidéo-surveillance dans le cadre de son enquête. « Il faut retrouver les coupables. Ces insultes portent l’empreinte de l’extrême droite. Depuis 2018, plus d’une dizaine de nos locaux, dont de nombreuses sections départementales, ont été vandalisés, tagués de croix gammées et des messages “Mort aux rouges !”. Cela révèle bien le climat nauséabond qui se répand en France et qu’il faut combattre », pointe Fabien Roussel. Le porte-parole du PCF, Ian Brossat, observe également que la date du tag, le 24 octobre, intervient deux jours après l’anniversaire de la mort des 27 communistes de Châteaubriant, tous exécutés par les occupants. « Guy Môquet, 17 ans, fusillé par les nazis comme 26 de ses camarades, il y a soixante-dix-neuf ans. Gloire à eux et honte aux salopards qui ont souillé le siège du PCF aujourd’hui ! » insiste Ian Brossat. Mais ce tag, en plus d’être complètement à côté de la plaque d’un point de vue historique, prend une résonance particulière après l’assassinat de Samuel Paty par un terroriste islamiste, dans un contexte où les formations de gauche sont accusées d’« islamo-gauchisme », et même d’être des « islamo-collabos  », selon une formule utilisée par l’hebdomadaire Valeurs Actuelles. Un vocabulaire d’extrême droite que s’approprie le gouvernement, au risque de le légitimer.

« Un graffiti “collabo” sur le siège du PCF. Pauvre Résistance. Le déversoir qui, depuis une semaine, assimile toute posture tolérante sur l’islam à un soutien au djihadisme annonçait cette profanation. Elle ne tue personne, direz-vous, sinon notre mémoire  », s’est aussi indigné le journaliste Claude Askolovitch. L’ampleur des réactions, vigilantes et outrées, témoigne que le combat n’est pas perdu. Mais la lutte pour une authentique République laïque et sociale et la bataille idéologique font plus que jamais rage.

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