“Les crises, les bouleversements et la maladie ne surgissent pas par hasard. Ils nous servent d’indicateurs pour rectifier une trajectoire, explorer de nouvelles orientations, expérimenter un autre chemin de vie.” Carl Gustav Jung

L'Humeur
  • LUMIÈRE
  • 11 septembre 2020
  • « J’aurais espéré une forme de paix sociale, regrettait M. Djebbari, ministre des Transports, le 7 septembre, ... J’ai du mal à comprendre très honnêtement (sic) cette grève. » Il évoquait celle prévue le 17 septembre à l’initiative de la CGT- cheminots. (...)

  • Lire la suite
Ecoutez-voir
  • EN SOTS ? VACHEMENT
  • 11 septembre 2020
  • Voilà l’ « ensauvagement ». Il y eut les « sauvageons » de Chevènement, l’inventeur des charters « de gauche ». Puis la « racaille » de Sarko, qui n’était (...)

  • Lire la suite
Accueil > l’hebdo > 2020 > SEPTEMBRE 2020 > N° 1616 > L’APRÈS-CAPITALISME

L’APRÈS-CAPITALISME

A Lire !

vendredi 11 septembre 2020 , 201 : visites

Le philosophe Bernard Vasseur s´interroge sur ce qu’a révélé la crise sanitaire et les aspirations qui y sont nées.

À commander sur la boutique de L’ Humanité

www.humanite.fr 5.00 €

Quelles leçons allons-nous tirer de la crise sanitaire et de ses conséquences ? Vers quel monde nous dirigeons-nous ? Vers quel « système  » ? Voici les questions posées d’abord par un petit livre pédagogique et précis. Son auteur, Bernard Vasseur, à la suite d’un diagnostic fouillé, propose des pistes de réflexion sérieuses.

La « start-up nation » (quelle expression est plus orientée ?), a subi de plein fouet la pandémie et son dirigeant fut si désemparé, si interdit qu’il a parlé de « guerre ». Curieux emploi de ce mot dans de telles circonstances. A quelles ruptures des relations diplomatiques, donc, en somme, du dialogue, monsieur Macron voulait-il, en vérité, faire référence ? Souhaitait-il, pour paraphraser Clausewitz, continuer à faire de la politique par d’autres moyens ? Mais oui, c’est bien de cela dont il s’agit - du moins, dans un second temps car, dans un premier, il a laissé aux mandarins les responsabilités, commode moyen de se défausser. Ses ordres, enfin, furent contradictoires, comme le note justement Vasseur : « Allez voter », « Allez travailler  » mais surtout, «  Restez chez vous ». Le président-général a envoyé au front des «  soldats sans arme  ».

Bref, « le monde à l’envers du confinement  », celui de l’envers du décor, nous a ouvert les yeux, explique notre auteur - et nous souhaitons qu’il dise vrai en pariant sur notre prise de conscience.

Il aura « délié notre imaginaire ». Partant, il nous enjoint à penser « l’après  », non le jour d’après mais le « système d’après  » : l’après-capitalisme. Tout se passe, au fond, comme si le virus faisait de la politique malgré lui : « Pour la Covid-19 que dit-on ? Qu’il faut considérer l’explosion immobilière et démographique (considérable et rapide) de la ville chinoise de Wuhan : que cette densification urbaine a conduit à faire exploser ses limites et à aménager en périphérie des espaces livrés à l’agro-business, à l’installation de firmes et d’entreprises et au traçage d’imposants réseaux routiers ; qu’il a fallu pour libérer ces espaces détruire des milliers d’hectares de forêts ; qu’on a ainsi chassé loin du centre-ville des paysans pauvres violemment dépossédés, par ce raz-de-marée, de leur petite propriété ; que ces derniers, pour survivre se sont mis à chasser en forêt des animaux sauvages dont la consommation est devenue une mode sur le marché de Wuhan, le pangolin y était une marchandise mise en valeur non par la médecine chinoise traditionnelle ou des superstitions millénaires, mais par une campagne de marketing tout ce qu’il y a de plus moderne ».

La suite, hélas, nous la connaissons bien. Ajoutons encore que les risques de morbidité du virus sont accrus par des modes de vie « valorisés  » par le capitalisme le plus « Up to date » : surpoids et obésité liés à la malbouffe, pollution qui fragilise les systèmes respiratoires… La Covid-19 fait donc bien de la politique. Elle vote pour le capitalisme global, lequel, comme le souligne Vasseur, gagne toujours sur deux tableaux : les hôpitaux soignent les travailleurs qui produisent des richesses mais ce sont les Etats-nations qui prennent en charge le coût des soins et non le capital privé. Ainsi les profits sont-ils toujours privés et les dépenses toujours socialisées, autrement dit publiques. Le capital s’arroge les profits sans s’acquitter des frais. Et les laboratoires pharmaceutiques «  vont profiter de l’aubaine » en mettant en vente le futur vaccin.

Dans Le Capital, Marx écrit : «  La production capitaliste ne développe la technique et la combinaison du processus social de production qu’en ruinant dans le même temps les sources vives de toute richesse : la terre et le travailleur ».

Penser le « système d’après  », pour Vasseur, c’est inverser les coordonnées : privilégier ce qui est socialement utile, retrouver un espace de souveraineté économique tant la « production ne peut s’accomplir dans l’ignorance des besoins sociaux  », faire primer l’épanouissement des êtres sur la production des choses, mettre au premier plan «  l’être-relationnel plutôt que l’avoir-singulier  ».

Utopie ? Pourquoi donc ? Grande raison, au contraire.

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

|