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HORREUR NÉGATIONNISTE À ORADOUR-SUR-GLANE

Mémoire - négationnisme

vendredi 28 août 2020 , 279 : visites , par LDA

À Oradour-sur-Glane, village martyr où 642 personnes furent assassinées en 1944, le Centre de la mémoire a été découvert, le 21 août, souillé d’un graffiti négationniste, suscitant l’indignation générale.

Le négationnisme est une barbarie autant que l’a été celle du nazisme

C’est vendredi 21 août que la souillure a été découverte, sur le mur couleur rouille du Centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane.

Sur l’inscription « Village martyr  » qu’on y lit habituellement, le deuxième terme a été rayé à la peinture blanche et une main anonyme a écrit, juste à côté : « Menteur  ». À droite de ce premier graffiti, deux phrases, tracées avec la même bombe de peinture : « À quand la vérité ? Reynouard a raison. » En nommant ainsi Vincent Reynouard, écrivain révisionniste, ancien professeur de maths (il a été radié en 1997), plusieurs fois condamné pour des écrits ou vidéos remettant en cause la réalité de l’extermination des Juifs d’Europe, le ou les auteurs se sont inscrits clairement dans la sphère négationniste.

Un geste absolument ignoble, quelque chose d’impensable pour les derniers survivants du massacre du 10 juin 1944, quand les soldats de la division SS Das Reich, traversant la France pour rejoindre le front de Normandie, s’arrêtèrent à Oradour et y massacrèrent 642 habitants. Amassés dans plusieurs granges, les hommes y furent abattus, parfois à la mitrailleuse ; quant aux femmes et aux enfants, les SS les rassemblèrent dans l’église du village avant d’incendier celle-ci.

Ouvert depuis 1996, le Centre de la mémoire est à la fois un musée et la majestueuse porte d’entrée donnant accès aux ruines du village, conservées en l’état depuis le drame. Son président, Fabrice Escure, a indiqué avoir déposé plainte. Il a également souligné « l’indignation générale » soulevée par la profanation.

Il y avait déjà eu des inscriptions dans le village, il y a longtemps d’après des habitants. Depuis des années le négationnisme sévît. Et le nom de Vincent Reynouard n’est pas inconnu : il a été condamné par le tribunal correctionnel de Limoges. Le négationniste s’en était pris à la mémoire d’Oradour au moment de la cinquantième commémoration du massacre : Il avait sorti un livre qui s’intitulait 50 ans de mise en scène et de mensonges. Il s’en prenait particulièrement à la seule survivante de l’église, en prétendant qu’il était impossible qu’elle ait pu sauter par la fenêtre de celle-ci…

L’importance du devoir de mémoire

La profanation a suscité une vague d’indignation unanime. Parmi toute ces réactions, Fabien Roussel, secrétaire national du PCF s’est dit « indigné et révolté  » et a déclaré : «  Le négationnisme est une barbarie autant que l’a été celle du nazisme  ».

Quand les témoins du drame disparaissent, les négationnistes avancent leurs pions et sèment le doute dans certaines têtes. Tant qu’il y avait encore des témoins pour aller raconter ça aux jeunes dans les collèges, le rapport de forces était différent. Maintenant c’est aux historiens de prendre la relève. D’où l’importance également du devoir de mémoire de la part des citoyens pour rappeler à tous que la bête immonde existe encore. Elle est toujours là, prête à se relever dès que l’on baisse la garde. Elle se trouve entre autres parmi le FN qui parmi ses fondateurs comptait des admirateurs du 3eme Reich. Et celui-ci continu de propager ses idées nauséabondes. Et ce n’est pas une modification de nom qui change quelque chose.

Il nous faut connaître le passé pour ne pas avoir à le revivre. Il nous faut également être attentifs et vigilants face à tous les actes antisémites et racistes. Et surtout, il faut défendre la démocratie, car ces gens-là sont opposés à la démocratie.

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