“Les crises, les bouleversements et la maladie ne surgissent pas par hasard. Ils nous servent d’indicateurs pour rectifier une trajectoire, explorer de nouvelles orientations, expérimenter un autre chemin de vie.” Carl Gustav Jung

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UNE ARME DE DESTRUCTION MASSIVE

Ordonnances Macron.

vendredi 21 août 2020 , 264 : visites

Les accords de performance collective se multiplient ces dernières semaines au prétexte de sauvegarder l’emploi en période de crise. Nullement contraignants pour les employeurs, ces dispositifs se révèlent des moyens pour licencier massivement à bas coûts.

Les salariés-es de Alinéa à Troyes ont reçu le soutien de l’UD CGT de l’Aube dans leur combat contre la liquidation nationale de l’enseigne qui entrainerait la casse des 47 emplois aubois

En 2008, l’essayiste Naomi Klein publiait la Stratégie du choc, démonstration limpide sur l’instrumentalisation des crises et désastres par les ultralibéraux pour piétiner les aspirations de justice sociale au profit de la loi du marché et la barbarie de la spéculation. La crise du Covid-19, et sa nature mondiale, s’avère une aubaine pour tenter d’imposer de nouvelles régressions, aussi bien à l’échelle des politiques nationales qu’à celle de l’entreprise, toujours au nom du « sauvetage de l’économie et de l’emploi  ».

En France, les patrons et les conseils d’administration des entreprises disposent depuis 2017, grâce aux ordonnances Macron, d’une arme inédite : les «  accords de performance collective », vernis légal d’un véritable chantage à l’emploi. Le principe ? En échange d’une baisse de rémunération ou d’une réorganisation du temps de travail, les entreprises peuvent s’engager à sauvegarder une partie des emplois. Une fois l’accord acté, si le salarié refuse, c’est le licenciement pour cause « réelle et sérieuse ».

Ce type de politique économique n’a jamais permis de relancer une économie fragilisée, juste de garantir à court terme la rentabilité du capital. Le but de ce chantage à l’emploi : faire baisser la rémunération du travail en s’en prenant directement au salaire. Ce dispositif a également un objectif politique : celui de congeler durablement les revendications des salariés au nom d’une guerre sanitaire mais aussi économique contre le Covid. Une guerre à gagner « quoi qu’il en coûte  », surtout aux salariés. Enfin un objectif idéologique : avec cette crise sanitaire inédite, le spectre de la fin du monde promise par les collapsologues de tout poil a été remis au goût du jour. Un scénario démissionnaire et dépolitisant qui sert avant tout de justification à l’absence de changement de cap, puisqu’il s’agirait avant tout de survivre.

Rendre « plus facile d’imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme », pour reprendre la formule de Fredric Jameson, c’est rendre acceptable l’idée que «  baisser les salaires pourrait sauver les emplois » et pérenniser les imaginaires capitalistes au-delà de la crise.

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