Depuis des années, on nous enlève la production et les équipements pour les amener en Hongrie et en Pologne » David, salarié de Bridgeston Bethune

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Rentrée politique, M.-G. Buffet donne le ton : RIPOSTER ET RECONSTRUIRE

vendredi 7 septembre 2007 , 1938 : visites , par LDA

Interloquée devant "l’envoûtement béat et servile" qui existe autour de Sarkozy, Marie-George Buffet a rappelé, dans son discours de rentrée politique, que le président est un homme de droite qui met en œuvre une politique bien à droite. Santé, autonomie des universités, politique étrangère, fonction publique, fiscalité, pouvoir d’achat, etc. "Il se fait père Noël pour les rentiers et les banquiers. Mais pour les salariés, c’est surtout le père Fouettard. Et je veux dire à la France populaire : ces prochains mois, nous les communistes nous ne serons pas les ramasseurs de balle de Nicolas Sarkozy. Mais quand ils fermeront des classes dans l’école de votre enfant, vous nous trouverez à vos côtés." Un parti nouveau avec de vieilles idées n’a pas d’avenir Concernant l’état de la gauche après les élections, MG Buffet souhaite entamer tout de suite sa reconstruction. La dirigeante communiste estime qu’aucun statu quo n’est possible, en notant qu’au PS, à la LCR comme chez les Verts, des voix s’élèvent pour refonder la gauche et créer de nouveaux partis. "Nous voulons, a-t-elle dit une gauche moderne. Mais nous ne voulons pas d’une gauche soumise ". Et elle ne veut pas se contenter de changer les apparences, les noms et les structures. Un parti nouveau avec de vieilles idées n’a pas d’avenir. Se refusant à chercher des leurres pour faire des voix, elle a appelé à "tout réinventer". "attention à ne pas repeindre que la façade " Elle n’ignore pas les tentatives de son parti, depuis des décennies, pour se rénover, se remettre en cause, engager une mutation. En quoi ce qu’elle propose aujourd’hui pourrait-il réussir quand tant de tentatives ont échoué ? Marie-George Buffet propose de travailler différemment, sans guide de lecture préétabli. En s’attachant d’abord à réfléchir à un projet, une autre façon de voir le monde. Elle veut notamment opposer un modèle alternatif de réussite sociale à tous ces jeunes qui sont convaincus que la réussite passe par l’argent et ne peut être qu’individuelle. Plus généralement, elle souhaite que les communistes travaillent à rendre crédible un projet politique d’émancipation humaine. "Un projet, c’est aussi convaincre un salarié subissant la fermeture de son usine que cette mondialisation, la course au profit ne sont pas une fatalité mais surtout qu’un gouvernement, que l’Europe ont les marges de manœuvre nécessaires pour contrer ces logiques. J’aimerais que nous trouvions les mots démontrant comment, au pouvoir, nous pourrions mener une politique mêlant justice sociale, efficacité économique et écologique".

Avec un souffle nouveau, nous allons tracer de beaux sillons

Sans négliger l’ensemble des autres questions qui sont posées à son parti, elle invite à tout revisiter, l’image du Parti qui renvoie aujourd’hui au passé, le rapport à la gauche et les alliances, les moyens d’être à l’initiative de majorités politiques. Et à le faire en proposant aux hommes et aux femmes intéressés par l’avenir de nos idées de s’y associer. C’est donc une feuille de route ambitieuse tracée là pour les communistes. Un défi pour le PCF : elle appelle les communistes à être à l’avant garde de ce mouvement novateur : "nous nous sommes donné plus d’un an pour prendre nos décisions. Mais c’est maintenant qu’il faut donner envie à des milliers de personnes d’être de cette aventure en organisant de larges débats publics. C’est maintenant qu’il faut lancer la confrontation. Créons l’événement les 8 et 9 décembre prochains lors de notre congrès extraordinaire. Montrons qu’il existe, dans ce pays, une force capable de contribuer à la mise en mouvement d’un grand nombre d’hommes et de femmes décidés à dépasser le capitalisme et à construire un monde où les hommes et les femmes seraient enfin libres et égaux.

(...)Parfois nous doutons, avec nos résultats, de l’efficacité de notre militantisme. Mais ne sous-estimons pas ce que notre combat a apporté, dans l’action et le débat d’idées, au quotidien ! Avec un souffle nouveau, nous allons tracer de beaux sillons."

P.-S.

Ils sont heureux !

Le discours de Nicolas Sarkozy à l’université d’été du Medef sur le campus d’HEC a comblé les chefs d’entreprise. Ces derniers trouvent que le président parle "la même langue" qu’eux.

"Un moment extraordinairement important vient d’avoir lieu, un pas énorme a été franchi... c’est un souffle nouveau, les patrons attendaient cela depuis très longtemps " s’est exclamée la présidente du MEDEF après le discours de Nicolas Sarkozy salué par 4000 chefs d’entreprise aux anges. Il faut dire qu’une majorité d’entre eux vont déjà profiter plein pot des 15 milliards d’euros d’allègements fiscaux que les députés de droite se sont empressés à voter sitôt élus en juillet.

Mais quel est ce souffle nouveau ?

C’est le souffle de la révolution conservatrice. Nicolas Sarkozy a énuméré les mesures prises en faveur des patrons sous son impulsion depuis quatre mois :

- Détaxation des heures supplémentaires
- Annonce d’un triplement du crédit d’impôt recherche
- Instauration d’un service minimum dans les transports,
- Baisse des prélèvements sociaux et des impôts, Sarkozy se déclarant prêt à aller plus loin encore dans cette voie,
- Allégement de l’encadrement administratif et juridique notamment pour licencier.

Et il leur a fait miroiter de belles perspectives : un nouvel assouplissement des 35 heures, un nouvel allégement de la taxation du travail, une remise à plat de la taxe professionnelle, de la taxe sur les salaires, de l’assiette des cotisations sociales. Il a appuyé sans réserve le projet patronal de contrat de travail avec "séparation à l’amiable" entre salarié et employeur. Tout cela évidement au détriment des salariés qui devront payer de nouvelles franchises médicales, subir une TVA "sociale" et voir leurs services publics se dégrader avec des suppressions massives d’emplois et de nouvelles privatisations.

Délinquance patronale : sanction zéro

Curieusement, le promoteur de la tolérance zéro en matière de délinquance a pris le parti des entreprises contre l’administration fiscale : le fisc ne pourra plus effectuer de contrôle sur la foi de dénonciations anonymes. Nous ne sommes pas des partisans de la délation, mais observons que les moyens de contrôle de l’administration - inspection fiscale et inspection du travail - d’une insuffisance criante aujourd’hui, sont promis à brève échéance à des réductions drastiques. Et le chef de l’Etat demande en plus que les chefs d’entreprise poursuivis au civil, ne le soient "pas systématiquement" au pénal. "La pénalisation de notre droit des affaires est une grave erreur" a-t-il affirmé. Autant dire que l’impunité est désormais acquise aux patrons voyous. Enfin, le président a ravi ses interlocuteurs en confirmant sa volonté de réduire le nombre des fonctionnaires, ces autres pelés et galeux d’où viendrait tout le mal. (Un fonctionnaire sur trois partant en retraite ne sera pas remplacé et dès cette année, 23 000 postes seront supprimés).

La Dépêche de l’Aube N937

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