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États-Unis

TRUMP, UN PRÉSIDENT EN GUERRE CIVILE

vendredi 5 juin 2020 , 164 : visites , par LDA

À l’heure où les États-Unis basculent dans une contestation sociale et antiraciste inédite depuis 1968, Donald Trump fanatise sa base électorale et poursuit sa stratégie du bouc émissaire.

L’espace de quelques jours, l’erratique locataire de la Maison-Blanche a semblé hésiter sur sa communication de crise, toujours déroulée sur le fil Twitter avec lequel il court-circuite des médias traditionnels vendus aux démocrates, d’après lui, et propagateurs de « fake news » : après avoir, dans un premier temps, misé sur le rétablissement de la loi et l’ordre, mobilisant la garde nationale, puis tenté l’apaisement, Donald Trump a tranché en prenant la posture du président en guerre… civile. Les coupables des manifestations pacifiques qui rythment le jour, et des émeutes qui flambent les grandes métropoles la nuit ? Les démocrates qui « gèrent les villes et les États », les anarchistes et les « antifas » que les États-Unis « désigneront bientôt comme une organisation terroriste », les médias « qui font tout ce qui est dans leur pouvoir pour fomenter la haine » et le chaos au nom d’un « agenda malsain ».

« Si les pillages commencent, les tirs suivront »

Le 29 mai, s’exprimant en vantant son plan pour « rouvrir l’Amérique » et sortir du marasme économique, le milliardaire exprimait « les plus sincères condoléances de (notre) nation et nos plus sincères condoléances à la famille de George Floyd », des « gens extraordinaires ». Une poignée d’heures plus tôt, Donald Trump voyait un de ses tweets « modéré » par le réseau social (« Si les pillages commencent, les tirs suivront ») pour cause de « glorification de la violence ». Un appel à peine voilé à la brutalité policière et à l’usage de balles réelles pour ramener l’ordre, qui renvoie aux déclarations de W. Headley, chef de la police de Miami en 1967, qui entendait lui aussi mater par le fusil et la matraque les « voyous » qui manifestaient pour les droits civiques. « Loi et ordre », exigeait encore, sur Twitter, le président dans la nuit du dimanche au lundi, référence à cette fin de la décennie 1960 où les États-Unis voyaient s’achever le règne de Lyndon Johnson et ses promesses non tenues d’une « Grande Société » favorisant l’éducation, l’aide aux plus démunis, la lutte contre les inégalités, le racisme et la promotion d’un monde plus juste. Aux émeutes sociales et raciales, aux mobilisations contre la guerre du Vietnam, le républicain Richard Nixon bat effectivement campagne en 1968 au nom de « la loi et l’ordre », et se fait le champion d’une « majorité silencieuse » qui va l’élire triomphalement à la Maison-Blanche.

« Il a l’air de devenir plus incohérent »

Si la condition des populations noires et le fléau des violences policières n’ont en rien été réglés, le contexte politique, lui, s’avère radicalement différent. Trump doit gérer une crise sociale d’une ampleur inédite depuis les années 1930. Selon la Réserve fédérale, le taux de chômage atteindra, en juin, un pic de 25 % de la population américaine et la « majorité », qui penche dans les sondages en faveur du démocrate Joe Biden, entend protester bruyamment contre la politique d’un Donald Trump déterminé à fanatiser davantage une base électorale blanche, anxieuse, mais étriquée. « Il a l’air de devenir plus incohérent » à mesure qu’il prend du retard dans les sondages, déclarait Joe Biden en début de semaine dernière, au moment où la vidéo du meurtre de George Floyd devenait virale et embrasait les « États désunis ».

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