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LES BELLES COLONIES DE VACANCES

À propos de Servigny

vendredi 31 août 2007 , 6658 : visites , par Jean Lefevre

Un peu d’histoire. Beaucoup d’enseignants se sont retrouvés à Servigny après guerre pour animer cette jolie colonie de vacances. Des milliers d’enfants y ont passé des moments inoubliables. Ce sont les maires de gauche qui ont été à l’origine des vacances pour les enfants d’origine modeste, Gaston Arbouin, René Plard, Maurice Camuset pour ne parler que des plus connus et des plus inventifs. Le gouvernement de Front Populaire, avec les congés payés, a donné une impulsion primordiale aux vacances des enfants. Évidemment, ce sont le plus souvent les enseignants de l’école laïque qui ont encadré ces vacances dès l’origine, sous la tutelle du ministère de la Jeunesse et des sports. Mais les institutions chrétiennes avaient elles aussi, depuis longtemps, une compétence dans le domaine des vacances enfantines à caractère sanitaire et social (USCV aujourd’hui).

Troyes et l’Aube : La première colonie fut créée à Chens-sur- Léman par Gaston Arbouin et l’association Grand Air qui est à l’origine de Chanteloup. René Plard créa Saint-Gilles Croix-de-Vie (-sur-Vie, à l’époque) en Vendée en 1936, colonie fermée en 1939. D’autres lieux étaient gérés par la FOL (Fédération des Œuvres Laïques, devenue Ligue de l’Enseignement), comme Fravaux, Montceaux-les-Vaudes pour Sainte-Savine et de nouveau Saint Gilles Croix-de-Vie après guerre pour le compte des Pupilles de l’Ecole laïque.

Servigny : En ce qui concerne Servigny, la colonie fut ouverte en 1941 (Douet, maire). Les directeurs étaient recrutés parmi les maîtres d’école. Il n’y avait que 4 dortoirs la première année, dit Régis Henry, un des tout premiers moniteurs, devenu par la suite directeur de plusieurs colonies auboises.

La polémique qui a lieu cette année autour des dysfonctionnements graves dans cette structure ancienne n’est qu’une manière pour la mairie de Troyes de noyer le poisson. En effet, les locaux lui appartiennent et ils sont vétustes et mal tenus. D’où une dégradation sanitaire signalée par le directeur et un manque d’encadrement reconnu par Okaya, société privée issue des anciennes VVF ce qui n’est pas une mauvaise référence. La municipalité qui n’a plus depuis des années de politique responsable dans le domaine des vacances sociales pour les jeunes a pris une solution de facilité en passant des appels d’offres aux sociétés privées. Pourquoi pas ? C’est la grande loi moderne à ce qu’il paraît. On privatise tout. De cette façon, on n’est plus impliqué nulle part. On peut tirer sur le lampiste quand on en trouve un, en l’occurrence le directeur. Les causes de la dégradation sont donc à chercher uniquement dans cet abandon par le maire de Troyes d’un projet collectif cohérent. F. Baroin n’a pas d’offre avantageuse qui permette une mixité sociale cependant nécessaire. Alors on " fourre " dans cette colonie tous les laissés pour compte. C’est bien assez pour eux ! Les conditions d’accueil sont tellement dégradées, que seule la population en grande difficulté peut accepter ce genre de vacances. Comme il n’y a pas de volonté globale au plus haut niveau, pas de moyens suffisants, on fait un peu n’importe quoi et les services et les adjoints entrent même en rivalité.

Il y a cependant des structures expérimentées et efficaces, issues de la laïcité (CEMEA, FOL, Francas) Pourquoi ne pas avoir fait appel à ces centres éducatifs performants qui ont une connaissance et une pratique pédagogiques fines, sont confrontés aux problèmes sociaux générés par le chômage dans les quartiers difficiles et possèdent des structures départementales et nationales prêtes à intervenir à tout moment. Je suis sûr que la Ligue de l’Enseignement était prête à accepter une collaboration et un encadrement au moins pédagogiques , encore fallait-il en discuter. Mais il est possible que certains conseillers et adjoints n’aiment pas traiter avec ces suppôts de l’école de la République.

La responsabilité troyenne est tout à fait d’ordre politique. Ce sont ses choix qu’il faut condamner et sa gestion irresponsable.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N936

3 Messages

  • LES BELLES COLONIES DE VACANCES 13 septembre 2007 11:34, par anim’ à servigny

    Bonjour, je tiens à témoigner car j’ai été anim’ lors du second séjour à Servigny.

    Il n’ya rien de plus vrai concernant l’état du site : les locaux y sont vétustes et le centre lui même a été très mal conçu ( les dortoirs sont très espacés et trop loin de l’infirmerie, il n’y a aucune limite nette entre le centre et les bois qui l’entoure,etc).

    En revanche je vous contre-dis sur un point : même si la plupart des colons étaient issus de milieux en difficulté, pour une poignée d’entre eux ça n’était pas vraiment le cas. Ce qui est sûr par contre, c’est que jamais les élus de la mairie n’auraient laissé leurs enfants aller dans ce centre et vous pouvez être certain qu’ils n’incitent pas non plus les enfants de bonne famille à y séjourner.

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    • LES BELLES COLONIES DE VACANCES 19 septembre 2007 08:06

      Les colonies s’est pour les pauvres, s’est pour cela que les mairies de droite refilent leurs colos a des associations qui gèrent ensuite la misère. Baroin et son équipe municipale se sont tous des bourges ! dommage que les pauvres votent pour eux. La connerie n’a pas de limite.

      Pekin

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  • LES BELLES COLONIES DE VACANCES 11 octobre 2007 08:20, par Jean

    J’ai été moi aussi animateur sur les deux sessions de Servigny 2007 (jusqu’à la fermeture) et j’avoue que nous n’avons été aidés ni par la mairie ni par Okaya, malgré les efforts et les résultats improbables que nous avions obtenus, surtout en vue des moyens humains, matériels, éducatifs... mis à notre disposition, il est malheureux de constater que les politiques aient trouvé en nous leurs boucs émissaires pour répondre de leurs irresponsabilités et désinvolture active face à ces enfants (malheureusement pas considérés comme tels tant que les revenus parentaux n’atteignent pas un certain seuil).

    J.C

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