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Culture

stabat mater furiosa et non dolorosa

vendredi 7 février 2020 , 108 : visites

Marie-Hélène Aïn, Camille Cuisinier et Jean-Pierre Siméon se sont concertés pour bouleverser les spectateurs du théâtre Gérard-Philipe à Saint-André.

Stabat Mater Furiosa est un texte magnifique du poète J.P. Siméon qui déclare la guerre à la guerre. Placé dans la gorge d’une mère, ce cri douloureux, violent mais salvateur, en est d’autant plus efficace. Le texte fut mis sur scène en 1999 par Christian Schiaretti. Il a été traduit en sept langues et joué dans quatorze pays.

La version Aïn-Cuisinier n’a pas à rougir de cette glorieuse concurrence, car Camille Cuisinier est une mère au talent surprenant. La femme fragile n’existe plus. Elle regarde son père et son frère dans les yeux et les traite d’assassins : « toi mon père approche / regarde-moi ose me regarder en face / je hais tes raisons je fais silence sur tes raisons… » Et devant son frère, elle lui assène : «  toi mon frère / est-il possible que tu me ressembles / à travers toi je serais donc soeur de la chiennerie  ». Nos deux complices, metteure en scène et comédienne, savent jouer de l’espace sobre du plateau pour nous emmener, pas tellement dans un pays lointain, la Libye, la Syrie, je suppose, mais dans nos consciences. Le texte nous interroge, il s’adresse à nous. Il nous accuse. Ne sommes-nous pas, selon les circonstances «  guerriers tueurs éventreurs tortionnaires mercenaires soudards miliciens égorgeurs reîtres combattants assassins troupiers bourreaux soldats violeurs massacreurs chiennerie en tout genre veulerie ». Non ? - Qu’on se rappelle toutes nos guerres.

Stabat Mater était autrefois Mater dolorosa. Les mères pleuraient les victimes. Aujourd’hui, les Mater furiosa dénoncent autant tous ceux qui font que ceux qui laissent faire. Nous tous. Bravo à Marie-Hélène pour ses choix toujours judicieux et à Camille Cuisinier à l’étonnant talent.

JEAN LEFÈVRE

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