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Retraite

les mouvements en cours portent l’intérêt général

vendredi 20 décembre 2019 , 204 : visites , par LDA

Arc-bouté sur les intérêts particuliers qu’il sert, le pouvoir refuse tout débat sérieux sur les contours d’une réforme progressiste des retraites, adaptée aux conditions de notre temps.

Pénibilité de nombreux métiers, inégalités croissantes au travail et dans les rémunérations, dont celles entre les revenus des hommes et des femmes, besoins de financement nouveaux liés à une autre cohérence économique, défis civilisationnels et humains posés pour assurer l’autonomie des personnes âgées ; autant d’enjeux qui mériteraient des débats contradictoires. Au lieu de cela, le pouvoir insiste pour que la discussion soit limitée à un périmètre qui acte la destruction du système de retraites solidaires par répartition. Les travailleurs sont donc sommés de négocier des reculs sociaux et démocratiques.

Pour parvenir à ses fins, il croit subtil de diviser salariés et retraités en agitant ce qu’il appelle « les régimes spéciaux  ». Jamais ne lui viendrait à l’idée de hisser les systèmes de retraite vers le «  mieux disant social ». Non, c’est toujours vers le bas que les droits sociaux sont alignés alors que les droits et pouvoirs des puissances d’argent sont alignés vers le haut avec des cadeaux fiscaux et sociaux, une liberté totale de circulation du capital, la spéculation et les paradis fiscaux.

Un régime très “spécial” dont le pouvoir ne parle jamais Mieux encore, le président de la République s’est offusqué que celles et ceux qu’il est censé représenter ne se sentent pas heureux, leur demandant de comparer leur pays à d’autres... moins bien lotis. Ceci dit tout de sa philosophie. Pourquoi pas le retour à l’esclavage, pour gaver encore plus les actionnaires ? Car il y a un régime très “spécial” dont le pouvoir et ses porte-voix ne parlent jamais : celui des revenus financiers du capital, évalués à 290 milliards d’euros et qui ne contribuent pas au bien commun. Le gouvernement doit cesser de brouiller les cartes, de demander aux citoyens d’accepter une répartition équitable des sacrifices tout en cachant son projet fondamental : offrir l’immense manne des retraites socialisées aux rapaces de la finance, en substituant la capitalisation à la répartition et en misant sur la baisse des pensions pour obliger les intéressés eux-mêmes à y recourir. Les lois successives qui usurpent le mot “réforme” C’est parce que, très majoritairement, nos concitoyens dans leur diversité, ont fait l’expérience des mensonges des gouvernements, qu’ils défilent, soutenus par celles et ceux qui ne peuvent pas faire grève ou se rendre à une manifestation. Ils ne supportent plus que la « transformation  » du pays par Macron soit synonyme de destruction de l’État social et des solidarités. Ils sentent que les lois successives qui usurpent le mot « réforme » ne sont que remises en cause des droits sociaux ; qu’il s’agisse des lois travail, de la casse des assurances maladie et chômage. La cohérence des choix macroniens saute aux yeux. La contre-réforme des retraites est un dispositif supplémentaire pour marchandiser plus encore le travail, mettre les individus en compétition, et faire accepter un raisonnement, non plus en fonction des besoins mais des « coûts ». Les mouvements en cours portent l’intérêt général.

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