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Réforme de la retraite

le pire est confirmé !

vendredi 13 décembre 2019 , 40 : visites , par LDA

Sourd de l’oreille gauche aux mouvements actuels, le pouvoir entend tout à fait bien, de l’oreille droite, les conseils du fonds de pension BlackRock et du Medef. Après les annonces enfumage du premier ministre, le PCF appelle à amplifier les mobilisations

« J’appelle la jeunesse et toutes les professions à se mobiliser », a tweeté Fabien Roussel, aussitôt après les annonces du premier ministre, ajoutant que celles‐ci confirmaient « le pire du pire : la casse programmée d’un pilier de notre modèle social  ». Satisfaction en revanche au Medef, bien que regrettant d’avoir « perdu six mois », mais qui y voit « un bon équilibre » et estime « qu’il faut, quand c’est possible, qu’on travaille plus longtemps ». Le gouvernement n’a donc tenu aucun compte des mobilisations, de nombreux secteurs et avec des revendications qui vont bien au‐delà du refus de la réforme des retraites, de ces derniers jours et qui sont appelées à se poursuivre face à l’obstination dont il fait preuve. Recul du droit à la retraite à taux plein de 62 ans 64 ans avec malus, trimestres remplacés par des points, calcul sur l’ensemble de la carrière, ciblage de l’application en direction des jeunes... « la totale » pour le secrétaire national du PCF, pour qui une seule perspective reste donc d’actualité  : le retrait.

Provocation ? Édouard Philippe, homme lige de la finance, n’a pas manqué d’air en faisant référence dans son intervention au Conseil National de la Résistance (CNR) et à la filiation de sa réforme avec ce dernier ! Référence d’autant plus révoltante qu’on apprenait simultanément que le fonds de pension américain BlackRock (plus gros gestionnaire d’actifs au monde avec 7 000 milliards d’euros de placements, trois fois le PIB de la France) avait l’oreille attentive de l’Élysée et ses petites entrées au gouvernement, piaffant d’impatience à ce que la réforme lui ouvre le marché français de la retraite par capitalisation. Comment un Delevoye, cumulard rétribué jusqu’à peu par des compagnies d’assurances, pourrait‐il résister au chant d’une si belle sirène ? La boucle, une nouvelle fois, est bouclée. Le doute n’est plus permis de savoir pour qui «  roule  » l’actuel pouvoir. Et ils s’autorise tous les coups. Un exemple : les partenaires sociaux auront la main sur la valeur du point, dit Édouard Philippe, sauf que... le passage en caisse se fera in fine au Parlement où l’on voit tout ce que peut faire une majorité de “playmobil libéraux” aux ordres de l’exécutif.

Propositions du PCF pour une réforme progressiste

Dans son discours Édouard Philippe n’a pas dit pas un mot sur le blocage des ressources financières à 14% du PIB, confirmant que le coeur de la réforme vise bien à satisfaire des intérêts financiers et le monde des assurances. Les “rustines” proposées, qui additionnent pas grand chose à trois fois rien, visent à masquer une baisse de 27% du niveau de pensions qui se profile pour les deux prochaines décennies. L’universalité est un leurre quand les annonces consistent à opposer les générations entre elles et à sacrifier les nouvelles générations. Si cette réforme était réellement vertueuse, pourquoi le report de sa mise en oeuvre pour les générations nées après 1975 est‐il présenté comme une bonne nouvelle pour celles nées avant 1975 ?

La veille du discours du premier ministre, les député.e.s communistes sont intervenus lors des questions au gouvernement. Pour dénoncer la malignité de sa réforme des retraites mais aussi pour faire des propositions de financement d’une réforme progressiste. Lutte contre la fraude fiscale, alors que le gouvernement vient de se faire épingler pour sa frilosité sur ce sujet, augmentation des salaires et du Smic de 20% : «  c’est ça la justice et c’est trois milliards d’euros de cotisations en plus » pour financer notre système de retraites, a lancé Fabien Roussel. Autre piste proposée par les communistes, la mise à contribution ‐ au même taux que les salaires ‐ des revenus financiers qui bénéficient, eux, d’un « régime spécial  » et s’élevaient à 298,8 milliards d’euros en 2018 : c’est 31 milliards d’euros en plus pour la branche vieillesse de la Sécurité sociale. Tout aussi nécessaire, l’égalité salariale femmes‐hommes apporterait plus de 6 milliards dans le financement des retraites. Autant de propositions qui apportent la preuve chiffrée qu’une réforme juste et progressiste peut être mise en oeuvre. Face au mouvement social et populaire qui s’installe avec force dans le pays et qui s’élargit, une autre réforme des retraites est possible. Le PCF mettra toutes ses forces dans son élargissement, jusqu’au retrait du projet Macron.

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