ceux qui prétendent que l’injustice est inévitable oublient qu’elle ne l’est que parce que trop de gens leur ressemblent.”Edmond ROSTAND

L'Humeur
  • FAITES VOS JEUX !
  • 15 novembre 2019
  • Faites vos jeux, rien ne va plus ! Il y a ceux qui n’ont jamais appris les calculs de probabilités et qui perdent régulièrement un peu d’argent en espérant en gagner beaucoup pour vivre mieux. Et il y a ceux qui sont sûrs de gagner sans même se donner (...)

  • Lire la suite
Ecoutez-voir
  • CE QUI NOUS CHATOUILLE & NOUS GRATTOUILLE
  • 15 novembre 2019
  • Ah qu’elles étaient belles les images de notre Président lors de son déplacement à Mayotte ! Vraiment, ce fut un spectacle grandiose pour la partie (...)

  • Lire la suite
Accueil > l’hebdo > 2019 > NOVEMBRE 2019 > N° 1573 > Chute du mur de Berlin

Chute du mur de Berlin

la “fin de l’histoire” a trente ans

vendredi 15 novembre 2019 , 181 : visites , par Rémi

Si la “chute du mur” a acté l’échec d’un modèle social introverti et cadenassé, la “fin de l’Histoire”, dont on nous rebat les oreilles depuis trente ans, est une fable. Les dernières décennies ont prouvé l’enfoncement, à hauts risques, du capitalisme dans une crise existentielle.

À l’été 1989, quelques mois avant la chute du mur de Berlin, Francis Fukuyama, professeur de sciences politiques et directeur adjoint du service de planification du Département d’État (ministère des Affaires étrangères) des États-Unis, s’interrogeait doctement sur le fait de savoir si l’humanité n’était pas arrivée au « point final de [son] évolution idéologique » ! Que déduire, trente ans après, de cette affirmation, lucide sur la profondeur de la crise du “camp socialiste” et imbécile en termes de prospective ? Oui, avant même la chute du mur, on pouvait observer l’effondrement progressif d’une conception de la société et d’un mode de gouvernement qui avaient fait leur temps. Non, l’échec final d’une tentative d’organisation sociale post-capitaliste n’a pas mis un terme à l’affrontement des classes - y compris sur le plan des idées - entre les tenants du système dominant et les forces à la recherche de son dépassement.

L’échec de l’expérience soviétique ne nous fait pourtant pas oublier les apports des régimes politiques qui s’en réclamaient, tant à leur société respective qu’à l’humanité tout entière, particulièrement aux peuples opprimés du tiers-monde. Les travailleurs des pays occidentaux ont eux-mêmes indirectement profité, pendant un temps, de l’existence du « camp adverse », attentifs qu’étaient les idéologues du monde capitaliste à ne laisser s’ancrer dans les esprits aucune forme d’attractivité du « socialisme réel » susceptible de devenir une menace existentielle pour le « monde libre ». C’est aujourd’hui une banalité de rappeler - par-delà les crimes insoutenables du stalinisme - les signes d’essoufflement croissant manifestés par un système incapable de regarder en face ses contradictions et de les surmonter ; insolubles d’ailleurs dans le cadre d’un « camp » introverti et cadenassé. L’impasse que représentait ce type de « socialisme » est un fait établi. Telle est la première leçon de l’événement du 9 novembre 1989.

“Marx avait raison...”

Un autre enseignement n’est pas moins essentiel. L’expérience des trois dernières décennies, loin d’avoir crédibilisé la fable de « la fin de l’Histoire », a révélé au monde l’enfoncement du capitalisme dans une crise existentielle. L’économiste libéral qui avait prédit le krach de 2008, Nouriel Roubini, a fait peu après cet aveu de taille : « Marx avait raison. À certains égards, le capitalisme se détruit lui-même [...] Nous pensions que le marché, ça marchait. Mais ce n’est pas le cas. » Mais pire que “ne pas marcher”, le système actuel met en danger l’humanité tout entière, comme en témoigne l’irresponsabilité de ses élites face aux inégalités explosives, aux décompositions sociales et institutionnelles qui s’ensuivent, tout comme face aux dangers qui menacent la planète. Les dernières décennies ont également vu s’aggraver les risques pour l’avenir - et pour la paix -, avec l’exacerbation de l’unilatéralisme et l’illusoire obsession de l’hégémonie à tout prix, dont Donald Trump est la figure de proue. Empruntons pour conclure les mots d’Edgar Morin qui juge que « des symptômes d’une civilisation qui voudrait naître, civilisation du bien-vivre, bien qu’encore dispersés, se manifestent de plus en plus », mais que, pour l’instant, « les forces obscures et obscurantistes énormes de la barbarie froide et glacée du profit illimité qui dominent la civilisation actuelle progressent encore plus vite que les forces du salut  ». Pour lui, l’alternative est tout le contraire d’une « fin de l’Histoire ». Elle sera «  nouvelle civilisation ou barbarie ».

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

|