“Aujourd’hui, quand vous vivez dans une famille ouvrière, vous avez peur que vos enfants tombent dans la misère. Pourquoi ? Parce que la politique actuelle contribue à accumuler des richesses.” Pierre Laurent

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Dans quelle société vivons-nous ? Que faut-il changer ?

OUVRONS LE DEBAT

vendredi 17 août 2007 , 2993 : visites , par Steve Bonnevie

Comment qualifier le capitalisme aujourd’hui ?

Le vingtième siècle s’est achevé avec la fin du capitalisme d’entreprise, caractérisé par une recherche de profit sur l’exploitation des travailleurs. Mais au moins la force de travail était-elle nécessaire, indispensable à la réalisation du profit. Le vingt et unième siècle débute avec l’essor du capitalisme financier, sans entrave étatique, transfrontalier, mondial. Sa logique est toujours la même la recherche du profit maximum. Seule sa stratégie a changé. Les marchés nationaux et transnationaux avec leur prés carrés et accords commerciaux encadrés par les états, étant devenus trop étroits, la mondialisation du libéralisme était devenue la condition obligée du développement du capitalisme.

Enfin l’idéologie libérale imaginée par A. Smith au dix huitième siècle se réalise de nos jours.

Liberté d’entreprendre, de circuler pour les hommes, les marchandises, et surtout pour les capitaux, Cette vieille idéologie, qui pour se répandre de par le monde à travers l’histoire a accompagné le colonialisme et les guerres qui s’ensuivirent et les désordres sociaux toujours présents. Cette vieille idéologie, nous est présentée aujourd’hui comme une idée neuve, moderne. Alors qu’elle a besoin pour se réaliser de régression sociale, de détruire les acquis sociaux. La redistribution qui avait le mérite de construire la cohésion sociale, d’avoir pour objectif de donner à tous, une protection sociale, une éducation scolaire, professionnelle, universitaire, donner à la société une stabilité pour construire un avenir plus équitable à chacun, n’est plus que l’ombre d’elle même. L’adhésion de la majorité des salariés à l’idéologie libérale repose sur une supercherie et un fatalisme, dont les conséquences sont lourdes et responsables de nos difficultés.

La supercherie consiste à faire croire que l’enrichissement des entreprises est profitable pour l’emploi, les salaires, la consommation, l’économie, la croissance. Si cela a pu être vrai au siècle dernier, suivant l’adage de l’ancien chancelier Helmut Schmitt "les investissements d’aujourd’hui sont les emplois de demain", cela a été de courte durée et n’est plus d’actualité.

Aujourd’hui le capitalisme se manifeste par une recherche effrénée du profit qui contrairement à hier ne passe plus par des investissements productifs créateurs d’emplois. Les capitaux se déplaçant désormais librement, ils chassent les taux de profit les plus élevés, le plus rapidement.

Un fatalisme gagne les citoyens déçus par les politiques d’accompagnement de la mutation libérale du capitalisme par des gouvernements de gauche "ouvrons la parenthèse libérale" comme disait L. Jospin. Depuis aucun responsable du PS ne dit de la refermer. Les citoyens ne croient plus aux possibilités de transformation sociale, aux valeurs de solidarité éloignées de leur quotidien. Ils se réfugient dans un sauve qui peut, moi d’abord, un individualisme élevé au statut salutaire à tous leurs maux. A force de leur répéter que le politique n’a plus de prise sur l’économie, sur leur réalité quotidienne, les citoyens ont capitulé devant "ces évidences frappées au coin du bon sens", comme les politiques l’ont fait en leur nom. Alors oui le combat pour le dépassement du capitalisme est nécessaire, il est possible. Sera-t-il suffisant on ne peut en juger auparavant.

Le dépassement du capitalisme signifie un autre type de société solidaire est possible, basée sur l’esprit de coopération pour l’épanouissement de tous dans le respect de l’environnement et sa gestion pérenne. Dans une société aboutie le capitalisme est dépassé car il ne répond plus aux besoins d’humains responsables. Steve Bonnevie

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N934

2 Messages

  • Bonjour à tous ! Merci pour cet article Sur ses traces et, n’en déplaise à certains, si nous voulons réellement une mondialisation bénéfique à chacun (toute culture reconnue réellement et non hypocritement), nous devons remettre en cause notre manière de consommer et d’etre (par l’objet), Alors, il faudra -impérativement- adopter un texte de lois applicable partout. Celà induit un pouvoir de régulation et de controle soit parvenir à ce que les besoins immodérés des uns (nous et quelques uns nourris, par ignorance, et dés l’enfance, au biberon de l’aigre-lait) ne deviennent pas une menace pour d’autres populations, pour tous. Est-ce que la nature nous obligerait à devenir des etres spirituels et essentialistes, sociaux ? A nous de le réclamer à temps

    Cordialement,

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    • Mais qui est suffisament naîf pour vouloir une mondialisation ? Et de quel type ? culturel ? spirituel ?oui c’est intéressant. mais la mondialisation que l’on nous vend, c’est le libéralisme triomphant, frappé au coin du"bon sens" pardi, le monde est un village et autres balivernes qui entrent dans les têtes ? Alors dans cette présentation des choses bien biaisées, les considérations touchant à la planête sont également appréhendées par le biais du raisonnement libéral. Bah oui mon prolo, tu polues avec ta caisse qui fume, alors que le bourge qui peut se payer tous les droits de polluer, les éco taxes, ou les voitures hybrides dernier cri, lui évidemment, il a la conscience tranquille. Arrêtons de raisonner comme des enfants gâtés, certes c’est évident, mais le gendarme fiscal, n’est pas la bonne réponse, sauf à considérer que les états démissionnent. la boucle est bouclée, c’est justement ce que veut le libéralisme. Alors si le politique ne peut rien sur l’économie et l’environnement, à quoi bon voter ? Un peu, beaucoup de volontarisme en politique, quitte à nous restreindre dans notre consommation imbécile, je suis d’accord. steve Bonnevie

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