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Retraites : réforme Delevoye

embrouilles pour en finir avec le système solidaire

vendredi 27 septembre 2019 , 214 : visites , par LDA

À l’appel de la CGT, Solidaires, FSU, Unef et UNL, la première mobilisation interprofessionnelle contre la réforme des retraites, mardi 24 septembre, a mobilisé dans toute la France. L’Aube n’a pas failli. Un important cortège a marché dans les rues de Troyes. Parmi les manifestants, les militants du PCF qui dénonce l’embrouille du système Delevoye

Équité, équilibre, justice, confiance… Le gouvernement n’a lésiné sur aucun artifice sémantique pour taire la réalité de la nouvelle contre-réforme des retraites : une baisse prévisible des pensions, un allongement de l’âge de départ en retraite et une incitation à la capitalisation. La réforme qu’il prévoit troque la logique de solidarité nationale et intergénérationnelle pour un système d’épargne « universel par points  », laissant les salariés seuls responsables de leur retraite. Le gouvernement veut contraindre chaque travailleur à cumuler des points, indexés sur des variables aussi précaires que la situation économique, et à attendre l’âge de 64 ans pour prétendre bénéficier d’un taux plein, vidant de toute substance le droit « légal  » de départ hypocritement maintenu à 62 ans. Le système de décote et de surcote, inventé par la technocratie gouvernementale, n’est qu’une version sophistiquée du pire chantage qui soit : les pensions n’étant plus garanties, chacune, chacun, est appelé à sacrifier du temps de vie pour bénéficier d’une retraite décente.

“Règle d’or” et souhait de la Commission européenne Nul besoin d’être grand clerc pour deviner que la capitalisation s’affirmera comme une nécessité pour de nombreux actifs inquiets pour leurs vieux jours, comme pour ceux qui ne pourront assumer un retrait de la vie active avant 64 ans. C’est, du reste, un souhait de la Commission européenne qui compte miser sur le développement des retraites par capitalisation pour accélérer l’unification des marchés de capitaux. Le gouvernement s’est doté d’une « règle d’or  » pour ficeler son projet, dont la seule vocation est de garantir le respect de l’équilibre budgétaire du nouveau système ! Autrement dit, pas un centime de plus ne viendra financer les futures pensions alors que le nombre de retraités est appelé à augmenter. Cette « règle d’or  » a pour conséquence d’indexer l’âge d’équilibre - fixé pour l’instant à 64 ans - à l’espérance de vie. L’OCDE s’était félicitée, il y a déjà quelques mois, des “ébauches” du projet gouvernemental, l’appelant « à relever l’âge légal de la retraite, à terme en l’indexant sur l’espérance de vie  ». L’espérance de vie devient ainsi pour les institutions du capital l’ultime argument pour enchainer ad vitam æternam les êtres humains au marché de l’emploi. Pourtant, l’espérance de vie en bonne santé a régressé en France à son niveau de 2005 du fait même de l’usure des corps au travail !

Les financements existent pour une réforme de progrès social À l’origine, la retraite a été conçue pour représenter, à un âge déterminé, un pourcentage clairement affiché du salaire de fin de carrière. L’objectif historique en était de garantir à chacun.e au minimum 75% du salaire de fin de carrière pour une carrière complète. La variabilité de la valeur du point, ajoutée aux autres chausse-trapes, fait voler tout cela en éclats. La réforme proposée ne peut que déclencher un vent de colère. Pour autant, le PCF considère que le statu quo n’est pas possible, car le système actuel ne répond plus aux attentes, déstabilisé par les attaques successives depuis le début des années 1990. Les communistes proposent une réforme de progrès social pour un nouvel âge du système de retraites. Rétablissement du droit à la retraite dès 60 ans avec au minimum 75% du dernier salaire et un minimum de pension égal au SMIC net ; les possibilités de financement existent. Le PCF s’inscrit donc dans la construction du plus large front unitaire, pour mettre le gouvernement en échec, et porte devant le pays un projet alternatif fort, présenté dans le cadre d’une grande campagne nationale.

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