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Hôpital de Troyes en mauvaise santé :il est urgent de ne pas attendre !

vendredi 3 août 2007 , 2616 : visites , par FLORENT BALLANFAT

Alors même que la santé est une des principales préoccupations des Français, on assiste à un démantèlement du ser-vice public hospitalier et de santé en général. Sous l’impulsion du gouvernement, avec la bénédiction des capitalistes pour qui la santé est un marché juteux, le système de santé est mis à mal par des recherches d’économie mal venues pour l’ensemble de la population et particulièrement pour les plus défavorisés. C’est pourtant une réforme en profondeur du financement de la protection sociale qu’il faudrait envisager pour aboutir à ce qui a été voulu dès la création de la Sécurité sociale par le ministre communiste Ambroise-Croizat à savoir "cotiser selon ses moyens et recevoir selon ses besoins." Plutôt que ce principe de solidarité, la droite souhaite faire prévaloir l’individualisme.

Un processus cohérent de destruction d’un des systèmes de santé les plus performants au monde En mettant en avant, le déficit de la Sécurité social auquel son inefficace politique d’exonération de cotisations sociales des employeurs fait plus que contribuer, le gouvernement sait très bien ce qu’il fait. Il utilise des exemples chiffrés permettant de démontrer la nécessité de réaliser des économies. Mais par souci d’épargner ses amis fortunés, patrons des multinationales, Sarkozy demande aux autres de se "responsabiliser". Les autres étant les ménages y compris les plus modestes à qui on demande de payer une franchise pour accéder à des soins, et aux hôpitaux et structures de santé de proximité à qui on demande d’équilibrer un budget dans lequel la part de financement public fond à vue d’œil. Pour les malades confrontés aux déremboursements des médicaments et des soins, à la fermeture des services de santé de proximité, au manque de personnel soignant et de médecins, la solution est toute trouvée : se tourner vers le privé : mutuelles et assurances pour les remboursements, cliniques privés pour les soins. Quant aux plus pauvres, on leur accorde encore le droit d’accéder à l’hôpital public non sans leur faire comprendre qu’ils coûtent à la société, et qu’il est hors de question d’investir davantage pour eux. La dégradation de la qualité du service public hospitalier une conséquence visible de choix politiques libéraux en France et en Europe

Ce manque de considération pour les plus fragiles se traduit dans le milieu hospitalier de plus en plus soumis à des logiques financières de rentabilité inadaptées et injustes.

En effet, la réduction de l’offre de soins de proximité entraine non pas une baisse de la demande (qui ne se maîtrise en partie que grâce à une bonne politique de prévention), mais une réorientation du public le plus touché par cette baisse vers les urgences des hôpitaux publics. Il en résulte la situation que tous les Troyens ou habitants des environs de Troyes connaissent avec un véritable engorgement des urgences, des attentes parfois interminables pour des gens présentant des pathologies qui ne devraient parfois pas relever des urgences. Mais pour certains, les soins élémentaires deviennent un luxe qu’ils ne peuvent s’offrir, alors heureusement il reste un service public certes qui manque de moyens lui aussi mais qui a le mérite d’apporter un soulagement à des souffrances réelles.

Quand on touche au service public on s’attaque à toute une population

Ce sujet touche largement les habitants de Troyes et de ses environs, et les milliers de signatures recueillies en faveur d’une augmentation des moyens accordés au système de santé et plus particulièrement en direction de l’hôpital de Troyes et de ses urgences, témoignent de cet attachement au service public. Sur les marchés, dans les quartiers, ou encore devant l’hôpital, chacun-e y va de son anecdote sur les urgences, et les militants et élus communistes qui se sont lancés dans ce combat, en entendent régulièrement. Parfois elles sont effrayantes. Par exemple, une dame plutôt âgée à qui on a gentiment expliqué avec plusieurs heures d’attente qu’il aurait mieux valu qu’elle consulte un médecin plutôt, seulement avec sa petite retraite et ses difficultés à se déplacer aller voir un médecin ce n’est pas un acte bénin et on ose à peine imaginer ce que ça sera avec la franchise médicale que Sarkozy veut instaurer.

L’Hôpital de Troyes en manque criant de moyens à l’image du service public de la santé

La détresse humaine, le personnel des urgences la côtoie au quotidien, et fait son possible pour la soulager même s’il n’est pas toujours le mieux placé pour le faire. Il est malgré tout souvent le dernier rempart avant l’exclusion sociale complète de certaines personnes qui est d’ailleurs bien souvent la conséquence des injustices de plus en plus flagrantes en France, "pays riche où les gens sont de plus en plus pauvres "... Donner à l’Hôpital de Troyes et au système de santé en général, les moyens de répondre à des besoins grandissants de la population, c’est donc une priorité. La mobilisation à laquelle les communistes contribuent par leurs actions notamment avec la signature des pétitions permet de ne pas reléguer cette question importante pour tous au second plan de la politique.

Et les besoins humains sont très importants, l’hôpital de Troyes employait en 2006, 208 médecins, 2043 agents soignants, éducatifs, techniques, administratifs et médico-techniques qui ont assuré parmi les principales activités de l’Hôpital à savoir : 2330 naissances, 42222 passages aux urgences, 163 024 consultations externes, 335 103 journées d’hospitalisation,21 396 séjours de plus de 48 heures, et 3 401 séjours de moins de 48 heures.

A titre de comparaison en 2005, ce sont 225 médecins, 2027 agents soignants, éducatifs, techniques, administratifs et médico-techniques, qui avaient assuré 2284 naissances, 42 181 passages aux urgences, 126 385 consultations externes, 334 529 journées d’hospitalisation, 21 405 séjours de plus de 48 heures, 12 648 séjours de moins de 48 heures. François Baroin président du Conseil d’administration de l’hôpital loin d’apporter sa voix à la bataille pour augmenter les moyens de l’hôpital de Troyes, feint de ne rien voir et continue de voter et faire voter des bud-gets insuffisants pour répondre à la demande. Au Conseil d’administration du CH de Troyes, il n’y a d’ailleurs pas grand monde pour s’émouvoir de la situation, à part Pierre Mathieu, vice-président communiste du Conseil régional qui y siège pour la Champagne-Ardenne...

Il faudra repenser plus globalement le système de soins en France et au niveau mondial, pour sortir de cette logique de marché qui exclue de fait les plus pauvres qui sont aussi ceux qui en ont le plus besoin. De véritables moyens doivent être alloués aux politiques de prévention, notamment dans le travail, sans quoi la demande de soins continuera d’augmenter à un rythme élevé. La réimplantation d’une médecine de proximité et la formation de personnel qualifié en augmentant le numerus clausus entre autres, sont des éléments indispensables pour améliorer la qualité des soins.

A ceux qui présentent les dépenses de santé comme un coût à réduire, il serait utile de rappeler que bon nombre d’études économiques montrent que l’investissement dans la santé est un facteur essentiel de croissance, et de performance dans le travail. Mais que vaut cette réalité face à l’appât du gain naissant de l’ouverture d’un marché de la protection sociale ? Sans que les citoyens ne fassent entendre leur voix en rappelant leur attachement à un service public de santé à la pointe du progrès social, peut-être pas grand-chose.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N932

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