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Uber, Deliveroo...

l’auto-exploitation érigée en système

vendredi 23 août 2019 , 246 : visites , par LDA

Ils sont propriétaires de leur outil de travail qu’ils achètent parfois à crédit, et vendent leur force de travail à vil prix. La loi et leurs employeurs leur ont fait croire qu’ils seraient “indépendants”, “autonomes”, “libres”. Et comme souvent ils étaient au chômage, ils n’ont pas eu le choix.

Nouvelle classe de prolétaires, ils créent de la valeur au profit de firmes transnationales, détentrices d’algorithmes pour les suivre... et les poursuivre. Victimes d’une nouvelle forme de sujétion aux détenteurs de capitaux, on les voit pédaler dans les rues. Ce sont les livreurs de repas à domicile ou les chauffeurs d’Uber et d’autres groupes, forçats des temps modernes. Le capitalisme de plate-forme prospère de la conjonction des innovations technologiques et numériques et des décisions politiques poussant sans cesse au « moins disant social  », avec leurs “réformes” visant à faire éclater le salariat stable, ses solides conventions collectives issues des luttes ouvrières, et tout le corpus réglementaire du travail.

Les livreurs de Deliveroo sont victimes d’une diminution de moitié de leur rémunération alors que leur travail est difficile, dangereux, éreintant. Lorsqu’ils ne sont pas d’accord avec les conditions qui leur sont imposées, ils n’ont pour seule alternative que de disparaître des écrans numériques, sans préavis ni indemnités. Leurs employeurs sont loin et, comme pour d’autres groupes numériques, ils font fi des lois nationales et des règlements européens du travail. Pire encore, ils refusent de contribuer à leur part du bien commun en échappant à la fiscalité et aux contributions sociales. À la mondialisation de la circulation des capitaux et des marchandises correspond la mondialisation de l’exploitation du travail, accélérée dans le capitalisme financier qu’encourage les pouvoirs. « L’auto-exploitation » érigée en système pour mieux camoufler sa nature profonde ! Ils appellent cela « le nouveau monde  » ! L’appel de Marx reste d’une brûlante actualité

Heureusement, ces jeunes travailleurs, précarisés, isolés parfois, aux statuts différents pour être mieux divisés, ne se laissent pas faire et sont entrés dans l’action dans plusieurs villes en France. Plus intéressantes et significatives encore, sont les actions communes, qu’elles soient juridiques, ou les manifestations, initiées par-delà les frontières. Ainsi, pour les coursiers de Déliveroo, des grèves ont lieu à Toulouse et à Londres, à Nice et à Madrid, à Rome comme à Tours ou à Paris.

Parfois, ils réussissent à faire requalifier leurs contrats de travail et parviennent à se faire reconnaître comme salarié.e.s. De telles actions ont eu lieu chez MacDo, Uber, Amazon... Elles ont touché aussi des compagnies d’aviation privées comme Ryanair, ou Mark et Spencer. Preuve que de nouvelles formes de coopérations, de liens et d’actions peuvent émerger en Europe et à l’échelle internationale. Ainsi, face à la mondialisation capitaliste et à la mise en concurrence des travailleurs au sein de mêmes groupes ou de groupes se livrant une impitoyable guerre économique, devrait correspondre une nouvelle internationale ouvrière et des salarié.e.s. Une coopération intersyndicale ou une internationale syndicale adaptée aux nouvelles conditions d’exploitation, capable de fédérer, de manière ouverte et souple, les salariés, de les unir par-delà les pays, les conditions différentes de travail et de protections sociales qui leur sont faites pour les diviser. L’appel de Marx, « prolétaires de tous pays unissez-vous  ! », reste d’une brûlante actualité.

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